Tout sur Siemens

Combien de descriptions du paysage de l'entreprise ne s'inspirent-elles pas du règne animal ? Les petites sociétés sans grandes perspectives de croissance sont qualifiées de souris. Les grands groupes comme Philips, Shell et autres Siemens, d'éléphants. Les sociétés dont l'agilité le dispute à l'élégance sont des gazelles. Les plus impressionnantes, enfin, sont des licornes, ces start-up valorisées à un milliard de dollars au moins.

Les défenseurs du libre-échange ont fort à faire. La commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager est assaillie de toutes parts : piratage de l'économie par les géants d'Internet, rêves de méga-fusions des politiciens européens. L'Union européenne s'en tire plutôt bien car il n'y a pas de réelle alternative. "Ceux qui refusent de collaborer finiront par ne plus rien contrôler", dit-elle.

Le groupe allemand va se séparer de son département énergie, le coeur historique de ses activités. Il va créer une nouvelle entreprise et l'introduire en Bourse. Le conglomérat vire au holding.

La commissaire européenne Margrethe Vestager a rejeté le projet de fusion des activités ferroviaires du Français Alstom et de l'Allemand Siemens. Paris et Berlin ne digèrent pas cette décision. Elles souhaitent un assouplissement des règles de la concurrence afin que l'Europe puisse voir émerger des "champions industriels". La boîte de Pandore du marché libre européen ?

Le rejet par la Commission européenne du projet de fusion entre Alstom et Siemens est une décision "complètement à côté de la plaque", a estimé mercredi la secrétaire d'Etat française à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, qui juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe.