Tout sur rouble

La monnaie russe a repris de plus belle sa dégringolade lundi, tombant au plus bas depuis plus d'un an dans le sillage des prix du pétrole plombés par la levée des sanctions contre l'Iran.

La monnaie russe retombait mardi à ses plus bas niveaux depuis plus de quatre mois, le dollar dépassant le seuil des 60 roubles, ce qui pourrait compliquer la tâche des autorités pour baisser les taux et relancer ainsi une économie en pleine récession.

Les fuites nettes de capitaux de Russie, dopées par la crise ukrainienne et l'effondrement du rouble, ont été multipliées par 2,5 en 2014 pour atteindre 151 milliards de dollars (environ 130 milliards en euros), selon les statistiques de la banque centrale qui espère un retour au calme en 2015.

L'inflation en Russie, dopée par l'embargo alimentaire lié à la crise ukrainienne et l'effondrement du rouble, a atteint en 2014 11,4%, son plus haut niveau depuis 2008, selon une première estimation officielle publiée mercredi.

Le rouble, après plusieurs jours de rebond, rechutait lundi, avant-dernier jour d'échanges sur les marchés financiers moscovites d'une année qui aura vu la monnaie russe perdre plus du tiers de sa valeur sur fond de crise ukrainienne et de chute des cours du pétrole.

Des centaines d'avions cloués au sol, des milliers de voyageurs coincés pendant les fêtes: ce scénario catastrophe semble avoir été évité de justesse en Russie mais une cure de rigueur s'annonce pour les compagnies aériennes russes, étranglées par la chute du rouble.

L'inflation en Russie, dopée par l'embargo alimentaire et l'effondrement du rouble, devrait atteindre environ 11,5% en 2014, a estimé jeudi le ministre des Finances Anton Silouanov. "Sur l'année, elle sera autour de 11,5%, peut-être un peu plus", a-t-il indiqué.

La hausse des prix à la consommation en Russie, qui s'est considérablement accélérée récemment en raison du plongeon du rouble, a dépassé la semaine dernière les 10% par rapport au début de l'année, selon des statistiques officielles publiées mercredi.

La fin de l'année ne se déroule pas tout à fait comme l'avaient pensé la plupart des spécialistes boursiers... Début décembre encore, la plupart d'entre eux croyaient que de dernier mois de l'année se terminerait par un rally donc une hausse des actions, notamment en Europe pour rattraper une partie du retard sur les actions américaines qui ont très bien performées en 2014.

Une économie russe qui tourne au ralenti représente une mauvaise nouvelle pour la zone euro: les principaux partenaires commerciaux de la Russie étant européens. "La chute constante du rouble depuis plusieurs mois a entraîné des inquiétudes de la part des entreprises belges", indique l'AWEX. "D'autant plus que les sanctions économiques prises à l'encontre de certaines banques russes ont entraîné des questionnements sur les modalités de paiement de ces dernières."