Tout sur Rossel

Le géant de la recherche vient d'être reconnu coupable par l'Autorité française de la concurrence d'abus de position dominante en matière de publicité en ligne. Il doit s'acquitter de 220 millions d'euros. Avec quel impact sur les concurrents et sur le marché de la pub sur le net?

Coups de bluff, oeillades et surenchères: la vente de l'entreprise audiovisuelle ressemble à une joute feutrée où les adversaires cachent plutôt bien leur jeu. Au-delà de l'intrigant spectacle, c'est tout le paysage médiatique francophone qui risque d'être chamboulé. Explications.

Le Groupe Rossel a annoncé lundi, par communiqué, racheter le solde des actions (50%) de la société "Mass Transit Media" (MTM), qui édite le journal Metro, au groupe média Mediahuis. Il contrôle ainsi désormais le titre gratuit, publié dans les deux langues et distribué à tous les navetteurs du pays.

Le groupe RTL, qui possédait jusqu'ici 66% de sa filiale belge, va racheter les parts des autres actionnaires présents via Audiopresse. Les spéculations sur l'avenir de RTL Belgium reprennent.

Dans le débat parlementaire qui se cristallise autour du futur de "L'Avenir", le CEO du groupe Rossel a plutôt évoqué son intérêt pour l'opérateur Voo même si, rappelle-t-il, ces deux sociétés du groupe Nethys ne sont pas à vendre. Du moins pas encore...

La situation financière des Editions de l'Avenir est désastreuse et la restructuration s'avère donc nécessaire. Mais au-delà du sauvetage du journal, c'est surtout son futur qui se joue aujourd'hui dans un paysage médiatique en pleine ébullition. Les scénarios sont multiples, au sein et en dehors du groupe Nethys, et c'est le monde politique liégeois qui tranchera.

La direction des Éditions de l'Avenir a annoncé mardi, au cours d'un conseil d'entreprise, son intention de supprimer 60 équivalents temps plein, sur un total de 280 travailleurs. Selon la direction, ce "plan de redéploiement", qui passe par un licenciement collectif, vise à garantir le futur de l'éditeur du journal L'Avenir dans un contexte de baisse généralisée des ventes des titres de presse.

Le groupe de médias Rossel, à qui appartiennent Le Soir et les journaux Sudpresse notamment, détient désormais 75% des parts du groupe Grenz-Echo, la famille Küchenberg ayant décidé de se retirer du capital après 32 ans, annonce-t-il mardi soir. Il en avait 50% en sa possession jusqu'à présent.

Si elle veut survivre dans un écosystème aujourd'hui menacé par les géants du Net, RTL Belgique n'a pas d'autre choix que de licencier et de se réinventer. En coulisse, plusieurs observateurs interprètent pourtant ce "plan de transformation" comme une étape nécessaire à la revente de la filiale belge par la maison mère. Zoom sur cinq scénarios probables d'acquisition.

Un plan social visant à supprimer 178 postes, sur un effectif total de 710 personnes, devrait être présenté lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire qui est convoqué pour le 10 janvier au sein du quotidien régional La Voix du Nord, indique le journal "Les Echos" sur son site internet.

Le groupe Rossel est entré dans une phase de négociations exclusives avec le groupe médiatique norvégien Schibsted afin de reprendre les 49,3% qu'il détient dans le capital de la société "20 Minutes France", indiquent Rossel et le groupe Sipa-Ouest-France, co-propriétaire du titre, dans un communiqué commun. Le montant de l'opération n'a pas été communiqué

Les sites de Rossel victime d'une cyberattaque, peu de temps après celle de TV5 Monde. L'actu de la cyber criminalité ne cesse de défrayer la chronique depuis déjà plusieurs mois. Plus discrètement, nombreux sont ceux qui s'emparent des données des entreprises - souvent mal armées contre ce mail du siècle - pour les faire chanter ou les revendre.

L'homme d'affaires français, Bernard Tapie, dit détenir un enregistrement démontrant que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a essayé de bloquer son projet de rachat des journaux du groupe Hersant dans le sud de la France, en favorisant son concurrent. L'entourage de Montebourg assure, de son côté, que "l'affaire a été traitée comme toutes les autres".

Déjà lorgné par Serge Dassault et Vincent Bolloré, tous deux proches du président Sarkozy, le quotidien populaire français Le Parisien est l'objet d'une offre lancée par le belge Rossel (Le Soir) conjointement avec le fonds d'investissement Fondations Capital.