Tout sur QE

Mario Draghi a donné aux marchés financiers ce qu'ils attendaient, jeudi dernier. Surprises, volatilité ou changements de cap étaient hors de question. La Banque centrale européenne a fourni précisément la politique à laquelle elle avait préparé les marchés financiers, estime le rédacteur en chef du Trends néerlandophone Daan Killemaes.

Comme l'ont mis en évidence les travaux de Thomas Piketty et d'Emmanuel Saez en particulier, la concentration de la richesse a atteint à nouveau dans les pays occidentaux le niveau extraordinaire qui était le sien à la veille de la Première Guerre mondiale.

La problématique de la zone euro réside dans l'ambiguïté suivante : pour sauver l'euro, la Banque Centrale Européenne (BCE) dut, dans un premier temps, faire de l'euro une monnaie trop forte afin d'en assurer la crédibilité internationale, au prix d'un désastre en matière socio-économique et d'un taux de chômage effarant qui embrasa le Sud de l'Europe. Tous les pays du Sud s'effondrèrent donc devant cette monnaie trop forte, qui ne reflétait en rien leur typologie.

La BCE s'est félicitée mercredi de l'efficacité de ses premiers rachats massifs d'actifs, jugeant prématurées les spéculations sur un arrêt du programme avant terme, lors d'une conférence de presse brièvement perturbée par l'intervention d'une jeune militante.