Tout sur obligation

Les obligations italiennes, dont l'intérêt à 10 ans atteint les 5,5 %, est une bonne affaire, estime un spécialiste. Elle suit la grimpette des taux espagnols ; pourtant, cette situation ne reflète pas la situation du pays, "bien meilleure que celle de l'Espagne".

Le marché obligataire était sous forte pression, mercredi à la mi-journée, alors que l'Espagne fait face à une défiance accrue des investisseurs et emprunte à des taux proches de ses plus hauts historiques, tout comme l'Italie dont les titres s'échangeaient à plus de 6 %.

La guerre franco-allemande fait rage autour des euro-obligations, un système dont l'Allemagne craint qu'il renchérirait ses propres coûts de financement. L'élection de François Hollande a toutefois redonné de l'espoir aux partisans du système. Parmi lesquels l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

La Belgique a levé lundi 2,55 milliards d'euros par le biais d'obligations linéaires à des taux en baisse continue. La prochaine opération du genre, prévue pour la fin de mai, n'afficheront aucun taux supérieur à 3 %.

La France a levé 7,996 milliards d'euros à des taux en baisse et les taux à dix ans de l'Allemagne sont à leur plus bas historique. Le contraste avec des pays comme l'Espagne est évidemment douloureux, sur fond d'inquiétude pour la Grèce et la zone euro.

Investor Protection entreprend une action commune en justice contre KBC. L'affaire concerne les obligations 5-5-5 présentées comme un investissement défensif en 2008, alors qu'elles constituaient des placements "très risqués", dénonce le bureau de conseil.

La Belgique a émis 3,21 milliards d'euros de dette à court terme à des taux en baisse. Investir dans les obligations belges serait "particulièrement attractif" selon la banque d'affaires française Natixis. Explications.

L'Italie a emprunté près de 6 milliards d'euros à des taux en hausse dans un marché nerveux. Ironie du sort, le fisc italien a découvert le même montant en "revenus cachés" entre janvier et avril. L'évasion fiscale reste bien un sport national.

Le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté envisage d'émettre des obligations à échéance d'au moins 100 ans, voire des obligations perpétuelles. Objectif : profiter de taux historiquement bas.

Les prêts à long terme de la BCE sont une source de "profits faciles" pour les banques, dénonce l'économiste Paul De Grauwe dans une tribune publiée par le Financial Times. Un système qui a certes calmé la crise de la dette, mais qui risque de se révéler inefficace à plus long terme.

Les bons d'Etat belges émis le 4 mars 2012 prochain profiteront d'un taux de 2,35 % (5 ans) et 3,10 % (8 ans). Du côté espagnol aussi, l'heure est à la détente sur les marchés, qui semblent ignorer la récente dégradation de la note ibère par Moody's.