Tout sur notation

L'agence de notation Moody's a abaissé jeudi la note de 15 grandes banques occidentales possédant des activités de marché mondiales, cinq américaines, trois françaises, deux suisses, trois britanniques, une canadienne et une allemande.

KBC change de catégorie de notation, passant de "bonne qualité" à "qualité moyenne", avec perspective négative. Pourtant, l'action du bancassureur flamand gagnait plus de 2 % à la mi-journée. C'est qu'en Bourse, une mauvaise nouvelle... n'en est pas une si elle était attendue.

Fitch a abaissé de trois crans d'un coup la note de l'Espagne et l'a assortie d'une perspective négative. Source de son inquiétude : le secteur bancaire ibère, pour lequel la zone euro se dit prête à se mobiliser. Un sauvetage au coût budgétaire énorme.

Belfius Banque relativise la dégradation de sa note par Moody's. Pour l'ex-Dexia Banque Belgique, "cette révision est à placer dans le contexte plus large de l'action concernant les banques européennes en cours chez Moody's".

Pour démystifier le rôle des agences de notation, Carol Sirou et Jean-Michel Six, deux éminents responsables de Standard & Poor's, ont rendu visite au Cercle de Wallonie. Nous les avons longuement rencontrés. Au coeur de l'entrevue : la Grèce, bien entendu...

Une agence de notation européenne pour contrer les tout-puissants Fitch, Moody's et Standard & Poor's ? L'idée séduisait... mais pas assez pour réunir les 300 millions d'euros nécessaires, semble-t-il.

L'agence d'évaluation financière Moody's a indiqué vendredi qu'elle considérait que la Grèce avait fait défaut sur sa dette, et a maintenu la note qu'elle attribue au pays à "C", la plus basse dans son échelle.

Moody's a abaissé la note de la Grèce à "C", ce qui place le pays à l'orée du défaut de paiement. Aux yeux de l'agence, la restructuration de la dette publique d'Athènes "implique des pertes prévisibles de plus de 70 % pour les investisseurs".

Fitch Ratings a mis ses menaces à exécution et dégradé d'un cran la notation de la Belgique. Deux ministres au moins y voient des arguments en leur faveur : celui des Finances souligne des "éléments de confiance" quant à l'état économique du pays ; celui des Pensions, très volontariste, la preuve qu'il faut "plus de réformes".

Preuve que la dégradation des banques françaises n'est pas automatiquement liée à celle de la France, BNP Paribas a été épargné par S&P. L'agence considère que, malgré sa taille éminemment systémique, la banque peut s'en sortir sans l'aide de l'Etat.

La Belgique a-t-elle échappé aux foudres de Standard & Poor's pour tomber sous celles de Fitch Ratings ? L'agence de notation menace en effet notre pays, parmi plusieurs de la zone euro, de revoir à la baisse sa note financière d'ici la fin du mois.

Standard & Poor's ne s'est pas contenté de dégrader la notation de la France : l'agence vient de revoir à la baisse les notes de plusieurs entreprises publiques, EDF, RTE et SNCF notamment. Autre conséquence : le contraste est de plus en plus flagrant avec l'Allemagne...

Les dernières dégradations de notation par Standard & Poor's prouvent au moins une chose : nous avons dépassé le point où une simple intervention technique fonctionnerait, estime Wolfgang Münchau, pour qui "la boîte à outils est vide".

Cela fait exactement 10 ans que l'euro a remplacé le franc belge. Mais l'espoir de voir la monnaie unique survivre 10 ans de plus est de plus en plus mince. D'autant plus mince après la dégradation, par Standard & Poor's, de plus de la moitié des économies de l'Eurozone.