Tout sur Modrikamen

Si Mischaël Modrikamen compte s'occuper de nouveaux dossiers judiciaires cette année, il n'abandonnera pas pour autant la politique, le journal Le Peuple ou l'affaire Fortis. Mais il oeuvrera en solo.

Me Laurent Arnauts, qui gérait jusqu'ici les plaintes en justice contre Fortis, et Mischaël Modrikamen ont convenu de s'occuper chacun d'un volet - civil ou pénal - et de mettre donc fin à la gestion conjointe des dossiers.

Mes Bonhivers et Barette (cabinet Modrikamen) ont trouvé refuge dans les locaux de WTT Law Firm, le cabinet de Robert Wtterwulghe. Ces deux cabinets se connaissent bien pour avoir tous deux été des acteurs de l'affaire Fortis.

Les deux fondateurs du Parti Populaire se disputent toujours le contrôle de l'asbl qui assure le financement de leur parti. Selon certaines rumeurs, les deux hommes auraient conclu un accord à l'amiable. Ils démentent.

Lors de l'AG de Fortis en avril 2009, Mischaël Modrikamen avait appelé ses clients à monter sur l'estrade où se tenaient les administrateurs. L'avocat d'affaires a été réprimandé par le conseil de discipline du barreau de Bruxelles.

Double camouflet pour la société de conseil en investissement Capitalium : la CBFA a publié une mise en garde contre ses activités et la police a saisi ordinateurs et dossiers à son siège d'Ohain. Sa patronne contre-attaque en demandant l'aide du très médiatique avocat Mischaël Modrikamen.

Le dernier espoir d'indemnisation des actionnaires de Fortis est de faire condamner l'Etat néerlandais, suite à son rachat à un prix jugé trop faible des actifs néerlandais du groupe. Mais La Haye évalue ces sociétés 30 % plus bas que leur prix d'achat. Mauvaise nouvelle pour les plaignants ?

Jusqu'à 12.500 euros de revenu, pas d'impôt ; de 12.500 à 50.000 euros, un taux de 19 % ; au-delà, 29 %. Telle est l'une des propositions fiscales de Mischaël Modrikamen. Le président du Parti populaire veut par ailleurs "supprimer tout ce qui permet d'échapper à l'impôt". Les intérêts notionnels, notamment.

Dossier Fortis, suite mais pas fin ? A cause d'une manoeuvre de Me Modrikamen, l'Etat belge avait dû envoyer toutes les procédures contre l'arrêt au domicile de milliers d'actionnaires, à chaque fois dans leur langue. Coût total de l'opération : 250.000 euros. Un montant que la SFPI, bras armé financier du gouvernement, réclame aujourd'hui à l'avocat d'affaires. Celui-ci dénonce une "expédition punitive" de l'Etat contre les petits actionnaires.

Selon Jaak Van der Gucht, directeur d'agence bancaire et propriétaire de 200 actions BNB, le cours de ladite action a été manipulé par un courtier suisse. Le cours qui, selon lui, a fait l'objet de centaines de transactions suspectes, serait systématiquement tiré vers le bas. Il a déposé plainte auprès du parquet de Bruxelles.