Tout sur MAX

Mépris des régulateurs, des compagnies aériennes et de leurs propres collègues: une série de messages embarrassants de salariés de Boeing dévoilés jeudi livre un portrait peu flatteur de l'avionneur et dépeint une culture interne marquée par "l'arrogance" et le souci de réduire à tout prix les coûts.

Le 12 mars 2019, lorsque Dennis Muilenburg téléphone à Donald Trump, son objectif est clair: défendre le 737 MAX, un avion de Boeing dont un des modèles s'est écrasé deux jours plus tôt en Ethiopie, faisant 157 morts et qui vient d'être interdit des espaces aériens chinois et européen.

Boeing était sous pression lundi, en raison de l'accumulation des doutes sur la transparence de l'entreprise après des messages d'un ancien employé faisant état de possibles problèmes du 737 MAX, avant deux accidents qui ont fait 346 morts.

Boeing a commencé à diffuser le 12 septembre des vidéos de 30 secondes chacune dans lesquelles des salariés vantent la sécurité de ses avions, dans l'espoir de rassurer sur le 737 MAX, cloué au sol depuis deux accidents ayant causé la mort de 346 personnes.

Le syndicat des pilotes Swapa, lié à la compagnie aérienne américaine Southwest Airlines, a entamé une action en justice, lundi à Dallas, contre Boeing. Pour le syndicat, le constructeur américain a délibérément lancé trop rapidement l'appareil sur le marché uniquement pour conserver sa part de marché et réaliser des bénéfices.

Boeing est dans la dernière ligne droite pour finaliser les changements exigés afin d'obtenir la levée de l'interdiction de vol frappant le 737 MAX, cloué au sol depuis près de six mois après deux accidents ayant coûté la vie à 346 personnes, selon des sources proches du dossier.

Boeing doit publier mercredi ses résultats du deuxième trimestre qui s'annoncent désastreux: l'avionneur devrait dévoiler la plus grosse perte de son histoire, en raison d'une charge de 5,6 milliards de dollars liée aux déboires du 737 MAX, son avion vedette cloué au sol depuis plus de quatre mois.