Tout sur isoc

La croissance est désespérément molle, les règles statistiques européennes se durcissent, l'équilibre budgétaire est aussi difficile à atteindre que le K2 dans l'Himalaya... le moment est idéal pour penser à une vraie refonte fiscale.

Electrabel a augmenté, en 2011, son bénéfice de moitié par rapport à 2010... mais n'a réglé qu'un petit pour cent d'impôt sur celui-ci. Alors que le taux normal d'Isoc est de 33,99 % en Belgique.

L'impôt des sociétés "officiel" est à 33,9 % en Belgique mais ce que paient réellement nos entreprises est tombé sous la barre des 10 % en moyenne, selon Itinera. La FEB s'insurge contre ces résultats ; le PTB applaudit.

Le fisc sanctionnera donc durement le contribuable qui "oublie" de déclarer (correctement) ses avantages de toute nature. Entre-temps, à la demande du ministre, l'administration a quelque peu assoupli sa position. Où en sommes-nous ? Dans quels cas le fisc renoncera-t-il à appliquer le taux exorbitant de 309 % ?

Nous vous révélions, en décembre dernier déjà, l'intention du fisc de taxer à 309 % les dépenses privées déguisées en frais professionnels. La traque aux compléments de rémunération déguisés ne fait que commencer. Enquête.

Le premier trimestre se solde par un trou de 325 millions en recettes fiscales. Le fisc avait même tablé sur un "mali substantiel" de 747 millions... avant de remettre la main sur 425 millions, grâce au précompte mobilier sur les intérêts et à l'Isoc.

Le président du MR Charles Michel a plaidé mardi dans Le Soir pour une baisse de l'impôt des sociétés et s'est félicité de voir le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) diriger ce qu'il qualifie de gouvernement "de centre droit".

A force de lâcher des missiles sur la fiscalité des entreprises, le PTB, ex-parti maoiste, est en train de perturber la FEB et d'embarrasser le PS. Trends-Tendances publie une enquête sur ce trublion.

Pour plus de la moitié des PME belges, au moins 5 % du chiffre d'affaires et au moins 52 % du bénéfice d'exploitation reviennent à l'Etat. Une PME bénéficiaire sur quatre paie l'Isoc maximum de 33,8 % et plus.

L'UCM apporte son grain de sel dans le débat houleux sur l'impôt des sociétés : à ses yeux, le taux réduit (25 % au lieu de 33,99 %) dont bénéficient les PME est "une chimère, car il ne se traduit pas dans les faits. La fédération appelle à éviter les "punitions collectives qui nuisent à la relance".

Nous sommes à quelques encablures d'échéances électorales : il est inutile de perdre son temps à parler d'une série de sujets tabous tels que les intérêts notionnels ou l'index lors du prochain contrôle budgétaire, estime Didier Reynders.

Il semble impossible de parler d'impôt des sociétés sans verser dans l'opposition brutale employeurs/salariés... Nouvel épisode dans cette "guerre des chiffres" : la FEB réplique aux études "sans consistance ni nuance" publiées récemment... à la colère du PTB, qui réplique à son tour.

Les écologistes dénoncent avec ironie le manque de vision du gouvernement Di Rupo. Et font l'exercice de reprendre la note budgétaire de novembre. Résultat : plus de 2 milliards d'euros "sans viser ceux qui ne sont en rien responsables des problèmes dans lesquels nous sommes". Revue de détail.

Les ministres Van Quickenborne et Vanackere n'ont pas mâché leurs mots pour évoquer l'idée d'un impôt minimum pour les entreprises, émise par Laurette Onkelinx : "Nous devons prendre des mesures qui attirent les entreprises, pas celles qui les chasseraient du pays !"

Un impôt minimum pour les grandes entreprises payant peu d'impôt en Belgique ? "Illégitime et même dangereux !", estime la FEB, qui agite la menace de délocalisations pour tenter de tuer dans l'oeuf la proposition de la ministre Onkelinx.