Tout sur euro-obligation

La guerre franco-allemande fait rage autour des euro-obligations, un système dont l'Allemagne craint qu'il renchérirait ses propres coûts de financement. L'élection de François Hollande a toutefois redonné de l'espoir aux partisans du système. Parmi lesquels l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

L'euro poursuit sa dégringolade après un sommet européen jugé "décevant". Aucune nouvelle mesure pour la croissance n'a en effet été esquissée, ce qui a fait plonger la monnaie unique dans de nouveaux abysses.

La Commission européenne va proposer mercredi la création d'euro-obligations, un mécanisme perçu par ses promoteurs comme un moyen de régler durablement la crise de la dette, mais qui divise les Européens et aura pour corollaire un renforcement de la discipline budgétaire.

Le succès de l'émission d'obligations par le Fonds européen de stabilité financière, ajouté à celui du Mécanisme européen de stabilité financière, fait dire à Guy Verhofstadt qu'"on a déjà commencé" à faire des euro-obligations sans le dire. Le système est toutefois loin d'être mis en place.

Berlin et Jean-Claude Juncker, patron de l'Eurozone, s'étaient déjà écharpés autour de l'idée des euro-obligations. La chancelière allemande en remet une couche, en compagnie du président français, pour dire "non" à ces emprunts destinés à mutualiser les risques liés aux dettes publiques.

Les "euro-obligations" ne font décidément pas l'unanimité en Europe. L'Allemagne, qui y est très opposée, a été jugée "antieuropéenne" par Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Qui s'est aussitôt fait tancer par Berlin.

Pour Jürgen Stark, économiste en chef de la Banque centrale européenne, l'idée de lancer des "euro-obligations" pour mutualiser les risques est une mauvaise idée. A ses yeux, "nous n'avons pas une crise monétaire mais une crise des finances publiques".