Tout sur Etats

La Banque centrale européenne a écarté mardi l'option d'une annulation de la dette d'Etats qu'elle détient en portefeuille, une idée suggérée par certains économistes pour faire face à l'impact de la pandémie de coronavirus.

Avec un fonds de relance de 750 milliards d'euros pour soutenir l'économie européenne mise à mal par le coronavirus, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dévoile mercredi un plan d'aide exceptionnelle, très attendu par les Etats éprouvés par la crise. L'Italie et l'Espagne se taillent la part du lion dans ce plan de relance, ont souligné des sources européennes.

Les économistes distinguent politique budgétaire et politique monétaire, qui, réalisée au sein des banques centrales indépendantes, est destinée à assurer la stabilité de la monnaie et des prix. Il est toutefois tentant, surtout dans un contexte de crise, pour une stratégie budgétaire politisée, de contrôler la politique monétaire et de l'utiliser pour financer la dette publique.

Les syndicats de Brussels Airlines plaident lundi pour une reconstruction du secteur aérien, très fortement touché par la crise du coronavirus, coordonnée au niveau transnational. Selon eux, les travailleurs "vivent dans une angoisse jamais vécue auparavant". Dans un communiqué en front commun, Setca, CNE et CGSLB préconisent dès lors une stratégie commune entre Etats pour le sauvetage de l'entreprise belge et de sa maison-mère Lufthansa.

Les banques ne sont plus des banques. Dix années de gestion de crise, de lutte contre la déflation, de taux d'intérêt négatifs et de drogue monétaire les ont transformées en distributeurs d'argent gratuit de la "gardienne de l'euro".

Que sera le monde après le coronavirus? C'est une question que tout le monde se pose. Les médias foisonnent d'ailleurs de cartes blanches et d'opinions à ce sujet. Est-on vraiment entré dans un nouveau monde, où rien ne sera comme avant?

C'est mathématique : avec le recul boursier, de nombreuses entreprises cotées deviennent soudain des proies pour ceux qui disposent de jolies réserves de trésorerie. Consciente de ce "vrai risque" d'OPA hostiles, la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a invité les Etats à prendre des participations dans ces entreprises, stratégiques mais vulnérables, afin d'éviter une prise de contrôle étrangère, en particulier chinoise.

Des voix de plus en plus nombreuses s'expriment pour célébrer l'action de sauvetage de l'Etat. Pour elles, l'Etat sauve non seulement des vies, par son action sanitaire, mais il sauverait aussi l'économie, grâce aux plans de relance et autres mesures envisagées dans les différents pays. On tente de réhabiliter les doctrines keynésiennes parce que, très rapidement aux Etats-Unis, sans doute plus tard en Europe, des sommes gigantesques seront injectées dans l'économie.