Tout sur Commerzbank

La deuxième banque allemande Commerzbank a annoncé vendredi une réduction de 10% de ses effectifs, soit la suppression de 4.300 emplois et de 200 agences, afin de faire face à ses difficultés.

Deutsche Bank étudie diverses options, notamment la possibilité d'augmenter son capital, afin de financer la réorganisation majeure à laquelle elle se prépare, écrit lundi l'agence de presse économique Bloomberg, citant des sources proches du dossier. La banque allemande se voit en effet contrainte de trouver un plan B après l'échec de la fusion envisagée avec Commerzbank.

Face aux oppositions multiples et fortes, Deutsche Bank et Commerzbank ont enterré leur projet de fusion. Cet échec aiguise l'appétit de grands groupes bancaires européens.

La fusion en Allemagne de Deutsche Bank et Commerzbank va impliquer, pour qu'elle apparaisse faisable sur le papier, une astuce comptable appelée en français goodwill négatif, ou en anglais badwill, ce qui, traduit littéralement, donne "mauvaise volonté". Le goodwill, la "bonne volonté", est une catégorie comptable qui entérine le fait que la vie économique de tous les jours n'a aucun respect pour un des principes fondamentaux de la science économique, à savoir l' "objectivité du prix", et qu'il a bien fallu créer un poste pour des sommes qui ne devraient pas exister selon la théorie mais qui existent pourtant.

La Deutsche Bank et la Commerzbank intensifient leurs discussions en vue d'une éventuelle fusion, après des mois de pourparlers préliminaires, a rapporté la presse allemande dimanche. Le quotidien allemand Die Welt a indiqué que les deux banques devaient publier des avis de marché ad hoc dès dimanche annonçant la prochaine phase de négociations.

Aux États-Unis, les banques BB&T et SunTrust ont annoncé leur fusion. Il s'agit de la plus importante fusion depuis la crise financière de 2008. Parallèlement, en Allemagne, la Deutsche Bank pourrait convoler avec la Commerzbank. Ces banques sont-elles vraiment "trop grosses pour échouer", se demande le journal De Morgen?

Le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, a estimé mercredi qu'il était "bon" que BNP Paribas "se tourne vers l'Allemagne et Commerzbank", alors qu'un possible rachat de la participation de l'Etat allemand au capital de Commerzbank par la banque française est évoqué par la presse allemande.

La restructuration chez Crelan nous rappelle que le secteur bancaire belge éprouve les mêmes difficultés que ceux de beaucoup d'autres pays européens: il y a trop de banques, les coûts sont trop élevés, et de ce fait la rentabilité est mise à rude épreuve.

Une restructuration pourrait donner lieu à la suppression de 9.000 emplois, sur un total de 50.000 dans le monde, au sein de Commerzbank, la deuxième plus grande banque allemande, rapporte le journal Handelsblatt. Le dividende passerait également à la trappe.

Ce n'est pas encore la révolte. N'empêche : certaines banques font désormais clairement savoir qu'elles en ont marre des taux d'intérêt négatifs qui mettent leurs revenus sous pression.