Tout sur Carsten Spohr

Le premier groupe européen du transport aérien Lufthansa, sauvé de la faillite par l'Etat allemand, s'attend à une année largement dans le rouge en raison de la pandémie de Covid-19 et juge désormais irréaliste de réaliser les 22.000 suppressions d'emplois sans licenciements.

Les actionnaires du premier groupe européen de transport aérien Lufthansa ont très largement approuvé jeudi un plan de sauvetage face au coronavirus de 9 milliards d'euros, levant ainsi la dernière hypothèque avant sa mise en place. Ils l'ont validé à plus de 98% des voix lors d'une assemblée générale retransmise en direct par la maison-mère de Brussels Airlines.

Lufthansa compte 11.000 emplois excédentaires rien qu'en Allemagne, a précisé lundi la maison mère de Brussels Airlines. L'entreprise estime à 22.000, à l'échelle mondiale, le nombre d'équivalents temps plein dont elle devrait se séparer pour mener à bien sa "douloureuse restructuration".

Sans une aide publique, le groupe aéronautique allemand Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines, tombera en faillite, a reconnu mercredi son patron Carsten Spohr lors d'une visioconférence avec ses employés, qu'ont pu consulter La Libre Belgique et L'Echo. "Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir payer vos salaires en juin, si aucun accord n'est trouvé", y dit-il. Si aucune avancée n'est enregistrée, le groupe n'aura plus de liquidités en juillet, met-il en garde.

Le plan de la Belgique pour sauver Brussels Airlines ne répond pas aux exigences des strictes règles européennes en matière d'aides d'État, selon les premiers contacts entre les autorités belges et la Commission européenne, relatent L'Echo et De Tijd mercredi.

Le patron de Lufthansa Carsten Spohr est arrivé vendredi vers 11h40 au 16 rue de la Loi. Il doit y évoquer avec le gouvernement le sort de Brussels Airlines, filiale du géant allemand, qui a annoncé une restructuration qui menace un millier d'emplois, soit un quart de son personnel.

Les syndicats de Brussels Airlines refusent de négocier avec la direction de la compagnie sur le plan annoncé mardi, qui menace jusqu'à 1.000 emplois, tant qu'ils n'en savent pas plus sur l'avenir immédiat de l'entreprise, annoncent-ils jeudi en front commun. Selon eux, les propositions actuellement sur la table ne sont "ni sérieuses, ni réalistes, ni négociables et même illégales".

Carsten Spohr, le patron du groupe aéronautique allemand Lufthansa, se rend à Bruxelles ce vendredi pour négocier sur l'avenir de sa filiale Brussels Airlines avec le gouvernement belge. Mardi, la compagnie aérienne belge a annoncé son intention de supprimer jusqu'à un millier d'emplois, soit un quart de son personnel. De leur côté, syndicats et direction se réuniront à nouveau lundi prochain.

Dans un document envoyé aux autorités belges, Brussels Airlines tente de démontrer que, bien qu'aux mains de l'allemande Lufthansa, elle demeure un moteur essentiel de l'économie belge, rapporte L'Echo. "On estime que 50% de la capacité long-courrier de l'aéroport de Bruxelles disparaîtrait si Brussels Airlines n'était pas présente", signale la note.

Le coronavirus ne change pas la donne pour Brussels Airlines qui doit mener à bien son plan "Reboot", visant à améliorer sa rentabilité et à permettre à terme à la compagnie d'investir de nouveau, a déclaré Carsten Spohr, le CEO de Lufthansa, la maison-mère de la compagnie belge, mardi en marge d'une réunion de l'association Airlines for Europe (A4E) à Bruxelles.