Tout sur Brussels Airlines

Sans une aide publique, le groupe aéronautique allemand Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines, tombera en faillite, a reconnu mercredi son patron Carsten Spohr lors d'une visioconférence avec ses employés, qu'ont pu consulter La Libre Belgique et L'Echo. "Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir payer vos salaires en juin, si aucun accord n'est trouvé", y dit-il. Si aucune avancée n'est enregistrée, le groupe n'aura plus de liquidités en juillet, met-il en garde.

Le plan de la Belgique pour sauver Brussels Airlines ne répond pas aux exigences des strictes règles européennes en matière d'aides d'État, selon les premiers contacts entre les autorités belges et la Commission européenne, relatent L'Echo et De Tijd mercredi.

La compagnie aérienne Eurowings, qui appartient comme Brussels Airlines à Lufthansa, va supprimer 300 de ses 1.000 emplois de bureau, a annoncé mardi son patron Jens Bischof. La flotte active sera réduite de 139 à 90 avions.

Ryanair a dénoncé mardi l'aide d'Etat allemande de 9 milliards d'euros accordée au groupe aéronautique Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines. Couplée à une aide salariale importante déjà accordée à la compagnie, cela renforcera encore l'emprise du monopole de Lufthansa sur le marché du transport aérien en Allemagne, déplore le transporteur irlandais à bas coût.

Un "accord de principe" a été conclu lundi entre le groupe allemand Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines, et le gouvernement allemand sur un paquet de mesures de soutien de 9 milliards d'euros pour éviter la faillite du géant du transport aérien, a indiqué lundi une source proche du dossier aux agences de presse DPA et AFP.

Le comité du gouvernement allemand chargé de préparer un plan de sauvetage financier pour le groupe aéronautique Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines et qui a été gravement touchée par la nouvelle pandémie de coronavirus, se réunit ce vendredi, a appris l'agence de presse DPA.

Il est important de rechercher des solutions structurelles et non des mesures temporaires, indique mercredi la direction de Brussels Airlines en réaction à la proposition des pilotes de réduire leur salaire jusqu'en 2023 afin de réaliser des économies. "Pour atteindre une rentabilité structurelle et donc une croissance solide, il est nécessaire de réduire les coûts et d'augmenter l'efficacité et la productivité", souligne la compagnie aérienne.

Les pilotes de Brussels Airlines, réunis au sein du front commun B-United, proposent à la direction de la compagnie aérienne une réduction "significative", jusqu'à 45%, de leur temps de travail et de leur salaire, jusqu'en 2023, ce qui permettrait de réaliser jusqu'à 100 millions d'euros d'économies d'ici 2023.

Les mouvements environnementalistes, Ecolo, souhaitent que les aides publiques aux compagnies aériennes soient subordonnées à des réductions des émissions de CO2. Le gouvernement belge est plutôt d'accord. Mais les possibilités sont limitées.

Le gouvernement suisse va injecter 1,4 milliard d'euros dans les compagnies aériennes Swiss et Edelweiss Air. Une aide assortie de conditions strictes. Et un exemple à suivre pour Brussels Airlines, filiale du groupe allemand Lufthansa au même titre que la compagnie suisse ?

Les syndicats de Brussels Airlines refusent de négocier avec la direction de la compagnie sur le plan annoncé mardi, qui menace jusqu'à 1.000 emplois, tant qu'ils n'en savent pas plus sur l'avenir immédiat de l'entreprise, annoncent-ils jeudi en front commun. Selon eux, les propositions actuellement sur la table ne sont "ni sérieuses, ni réalistes, ni négociables et même illégales".

Carsten Spohr, le patron du groupe aéronautique allemand Lufthansa, se rend à Bruxelles ce vendredi pour négocier sur l'avenir de sa filiale Brussels Airlines avec le gouvernement belge. Mardi, la compagnie aérienne belge a annoncé son intention de supprimer jusqu'à un millier d'emplois, soit un quart de son personnel. De leur côté, syndicats et direction se réuniront à nouveau lundi prochain.