Tout sur anglo irish bank

Parti voici 30 ans avec un simple prêt, Sean Quinn avait bâti une fortune de 4,7 milliards d'euros. Ruiné par la chute d'Anglo Irish Bank, il a demandé à être placé en faillite.

Après une déjà coquette perte de 12,7 milliards d'euros en 2009, la banque irlandaise nationalisée Anglo Irish Bank dévoile un trou de 17,7 milliards pour l'an dernier. Et ce, quelques heures à peine avant que la BCE ne livre son verdict sur son stress test.

Fitch Ratings a dégradé mercredi la note de dette à long terme de l'Irlande, à A+ (contre AA-), assortissant sa décision d'une "perspective négative" en raison du coût jugé "exceptionnel" du sauvetage des banques du pays par l'Etat.

La facture du sauvetage d'Anglo Irish Bank, en forte hausse, fera grimper le déficit irlandais à 32 % du PIB annuel. Brian Lenihan, ministre des Finances, n'en a pas moins tenu un discours des plus rassurants, visant toujours à faire descendre ce déficit à moins de 3 % du PIB d'ici 2014. Comme promis à la Commission européenne.

La rumeur enfle sur le montant final du "dossier Anglo Irish Bank", cette institution sauvée à grands frais par l'Etat irlandais et qui met ses finances en péril. L'agence S&P a déjà prévenu qu'elle abaisserait la note de l'Irlande si celle-ci dépassait sa propre évaluation, soit 35 milliards d'euros... et près du quart du PIB annuel de l'île.

Anglo Irish Bank a annoncé mardi avoir essuyé une perte abyssale au premier semestre à cause de prêts risqués, alimentant les craintes sur la situation économique de l'Irlande, dont la notation venait tout juste d'être abaissée par Standard & Poor's.

Alors que la plupart des banques européennes ont pu se vanter en 2009 d'avoir remboursé les aides publiques, l'Etat irlandais s'apprête à prendre le contrôle de cinq de ses plus grandes banques nationales... et de leurs actifs pourris.

Brian Lenihan, ministre irlandais des Finances, a dévoilé mardi un plan de sauvetage bancaire qui verra l'Etat apporter 8,3 milliards d'euros à la banque nationalisée Anglo Irish Bank, aider à se recapitaliser Allied Irish Banks et Bank of Ireland, et nationaliser deux banques mutualistes.