Tout sur ABN AMRO

Six membres du conseil d'administration de la banque néerlandaise ABN AMRO ont décidé de renoncer à l'augmentation salariale de 100.000 euros obtenue l'an dernier, après l'accueil plutôt froid de cette nouvelle la semaine dernière et le report de la vente de la banque par le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem, perplexe face à ce "mauvais signal".

Le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem a décidé de reporter la vente prévue de la banque nationalisée ABN AMRO, a-t-il annoncé vendredi à la Seconde Chambre des Etats généraux des Pays-Bas. L'inquiétude autour de l'augmentation salariale des dirigeants de la banque serait à l'origine de cette décision.

L'amende infligée aux Pays-Bas en 2010 à Ageas pour la mauvaise communication de Fortis sur les conditions lors de la reprise d'ABN AMRO, a été confirmée en appel, annonce l'assureur ce mardi sur son site internet. "Cette décision est définitive. Dès lors, Ageas paiera l'amende d'EUR 576.000."

Le 12 décembre dernier, Arjav, l'un des trois plus grands diamantaires de la place d'Anvers, a cité à comparaître devant le tribunal de commerce d'Anvers ABN Amro, une des principales banques du secteur, où elle opère notamment via International Diamond & Jewelry Group.

Deminor assigne Fortis (Ageas) et Merrill Lynch en justice. Au coeur du dossier : le rôle joué par les deux banques dans l'offre publique de titres de 13,4 milliards d'euros lancée en septembre 2007 pour financer l'acquisition d'ABN Amro.

Si la crise européenne devrait être surmontée, prévoit l'économiste en chef d'ABN Amro, les conséquences de deux scénarios négatifs sont "si grandes qu'un investisseur se doit d'en tenir compte". Han de Jong livre son analyse pour 2012... et ses conseils pour bien investir.

Le groupe ABN Amro a l'intention de supprimer, dans les 3 à 4 prochaines années, 2.350 emplois, a-t-il fait savoir vendredi. En Belgique, où 300 personnes sont employées par le groupe, l'annonce ne devrait pas avoir d'impact et ne devrait toucher que les Pays-Bas, selon le syndicat chrétien LBC.

L'affaire Fortis n'est pas près de mourir aux Pays-Bas. Déçus par un récent jugement, des actionnaires interjettent appel. Ils veulent que l'on revienne sur la nationalisation d'ABN Amro... ou, du moins, qu'on leur octroie une compensation pour les pertes subies.

Malgré une perte de plus de 400 millions d'euros en 2010, les membres du CA d'ABN Amro avaient estimé pouvoir s'accorder des bonus. Le ministre néerlandais des Finances ne l'a pas entendu de cette oreille.

La perte nette de 168 millions d'euros dans le compte général comprend une charge nette liée à la conversion des MCS et aux litiges avec l'Etat néerlandais dans le dossier ABN Amro. Sans oublier les incertitudes liées à certains emprunteurs souverains d'Europe et... la météo.

Ageas (ex-Fortis) a émis 106,7 millions de nouvelles actions, conséquence de la conversion des MCS venues à échéance mardi. L'opération de conversion des MCS d'Ageas comprend la comptabilisation d'une créance de 2 milliards d'euros sur ABN Amro. L'Etat néerlandais ne l'entend pas de cette oreille...

Maurice Lippens, informé du rachat d'ABN Amro, a, sur un ton qui semblait trahir autant l'euphorie que l'incrédulité, a qualifié l'idée de "trop belle pour être vraie". La suite des événements lui a, d'une certaine façon, donné raison.

Le nom "Fortis Nederland" disparaît des tablettes, les cartes bancaires porteront le logo ABN Amro et les bâtiments de l'ex-Fortis Pays-Bas seront transformés : la fusion entre les deux banques néerlandaises est désormais effective.

Le dernier espoir d'indemnisation des actionnaires de Fortis est de faire condamner l'Etat néerlandais, suite à son rachat à un prix jugé trop faible des actifs néerlandais du groupe. Mais La Haye évalue ces sociétés 30 % plus bas que leur prix d'achat. Mauvaise nouvelle pour les plaignants ?

Sept descentes d'enquêteurs ont été menées jeudi matin dans le dossier Fortis, notamment au siège de BNP Paribas Fortis et au domicile de Filip Dierckx, n° 2 de la banque. L'objectif est toujours le même : voir si Fortis a diffusé de l'information incorrecte sur ses liquidités et sa solvabilité au moment où l'assemblée générale a approuvé le rachat d'ABN Amro.