Tout sur AB InBev

Empoisonné par une énorme dette suite au rachat de SABMiller en 2016, le géant brassicole tourne la page Carlos Brito. Les défis seront nombreux pour son successeur, qui pourrait bien être désigné en dehors du groupe.

Les Belges de la grande famille AB InBev oeuvrent depuis des années, dans la plus grande discrétion, à la création de méga-holdings dont la valeur dépasse largement celle des plus grands holdings belges cotés en Bourse. Les 7.126 millions d'euros versés à titre de dividendes par le géant brassicole au cours des cinq dernières années ont été investis dans des dizaines d'entreprises, aussi variées que multiples.

Le géant brassicole a été fortement touché au 2e trimestre par la fermeture de l'horeca. Durant cette période, les ventes ont reculé de 17% en raison des diverses mesures mises en place contre la pandémie de coronavirus. Les produits ont baissé de 12% sur le premier semestre, indique AB Inbev jeudi.

Seul canal d'achat disponible pendant le confinement pour toute une série de produits, le commerce en ligne a effectué un bond sans précédent. Si bien que pour l'entreprise de demain, plus question de lui tourner le dos. Mais les défis sont nombreux. Et le magasin physique n'est pas mort !

Le Belge David De Schutter dirige depuis le début du mois le centre de recherche mondial du groupe brassicole AB InBev. Le "Global Innovation & Technology Center" (GITEC), dont le siège est à Louvain, est notamment responsable du développement de nouvelles bières, a annoncé mercredi le groupe.

Le géant brassicole AB InBev a communiqué lundi avoir décidé de purement et simplement annuler le loyer que lui doivent ses exploitants cafetiers pour le mois d'avril, après avoir précédemment reporté ce loyer. Un report de loyer sera accordé pour le mois de mai.

AB Inbev a annoncé retirer ses perspectives pour 2020 "dans leur intégralité" en raison de l'impact du Covid-19 sur les marchés, a indiqué le géant brassicole mardi par communiqué.

AB InBev a livré la semaine dernière des résultats en demi-teinte, avec d'un côté un bénéfice normalisé sur 2019 de près de 8,1 milliards de dollars, contre 6,2 milliards en 2018. Mais avec aussi une baisse de régime particulière au dernier trimestre de l'année, où le groupe a vu son excédent brut d'exploitation (Ebitda) reculer de 5,5%. La sanction boursière a été immédiate : en une semaine, l'action a chuté de 17%.

Après l'effondrement de la veille, les marchés tentaient un rebond vendredi matin en Europe. L'indice BEL 20, qui avait perdu 35,6 pc depuis le 17 février dernier, rebondissait de 3,4 pc peu après l'ouverture et après la cotation retardée de AB InBev et ING qui rebondissaient de 9 et 6,7 pc.

Après des mois de tensions sociales, qui ont donné lieu à des mouvements de grève et même aux blocages des sites de Louvain, Jupille et Hoegaarden début décembre, les syndicats et la direction d'AB InBev sont finalement parvenus à un accord sur une convention collective de travail, a-t-on appris mardi soir.