"J'ai vendu de nombreuses automobiles de collection, dont l'Aston Martin DB2/4 coupé (1955) du roi Baudouin et la réputée Maserati Boomerang (1971), une concept car dessinée pour le constructeur italien par Giorgetto Giugiaro. Et il m'est arrivé de vendre des ancêtres qui m'appartenaient. Je n'ai conservé que cette Jaguar. Mon père l'avait offerte à ma mère - qui était Autrichienne - en 1959, comme cadeau de Noël. Comme elle ne pouvait être livrée qu'en avril 1960, il en avait placé un modèle miniature sous le sapin."
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"J'ai vendu de nombreuses automobiles de collection, dont l'Aston Martin DB2/4 coupé (1955) du roi Baudouin et la réputée Maserati Boomerang (1971), une concept car dessinée pour le constructeur italien par Giorgetto Giugiaro. Et il m'est arrivé de vendre des ancêtres qui m'appartenaient. Je n'ai conservé que cette Jaguar. Mon père l'avait offerte à ma mère - qui était Autrichienne - en 1959, comme cadeau de Noël. Comme elle ne pouvait être livrée qu'en avril 1960, il en avait placé un modèle miniature sous le sapin." Dès qu'elle l'a eue en sa possession, ma mère l'a conduite chaque jour. Souvent bien trop vite, d'ailleurs. Elle la conduisait chez nous, en Angleterre, mais aussi pour rejoindre le chalet familial dans les montagnes autrichiennes, ou pour se rendre au Festival de Salzbourg." "Mes parents étaient des familiers de véhicules de collection. Enfant, j'étais particulièrement attiré par cette voiture. Elle a roulé longtemps, partageant le garage avec les Maserati et les Ferrari de mon père, avant d'être mise au repos dans le domaine d'un grand-oncle. Puis un jour de 1986, elle a disparu. Ce fut une catastrophe pour ma mère qui y était très attachée, mon père estimant, lui, que ce n'était pas la peine d'en faire une histoire." "Lorsque je l'ai appris, j'en ai eu le coeur brisé. C'est cette voiture qui est à l'origine de mes activités actuelles. Plusieurs décennies ont passé sans que la moindre trace de la Jaguar ne refasse surface. Jusqu'à ce jour béni de 2013 où une demande de renseignements - référant au nom Kantor retrouvé dans le carnet de bord - a abouti sur mon bureau chez Bonhams." "J'ai pris immédiatement un vol pour Manchester afin de retrouver le propriétaire. Il est apparu que, depuis sa disparition, la voiture avait été revendue à deux reprises, notamment lors d'une vente Coys en 2000, à laquelle j'avais moi-même assisté sans me douter que la Jaguar était celle de ma mère..." "Après quelques verres et un lunch dans un pub du village, le propriétaire a accepté de me revendre cette voiture qui m'était si chère. En remontant la filière, j'ai appris qu'elle avait dû être volée par l'un de nos mécaniciens qui l'avait revendue via des intermédiaires - d'abord par le biais d'une petite maison de vente. C'était désormais un octogénaire et mon père a décidé de ne pas le poursuivre..." "J'ai fait remettre le véhicule en état, notamment en remplaçant les sièges baquets par ceux d'origine et en faisant déplacer le volant à gauche pour rouler en sur le continent. J'ai également fait ajouter sous le tableau de bord deux compteurs Heuer Monte Carlo que ma mère avait offerts à mon père - sur mon conseil, lorsque j'avais 7 ans". "Depuis le retour inespéré de cette Jaguar - si chère à ma mère - dans notre famille, j'ai parcouru plus de 10.000 kilomètres à son bord. C'est la première voiture dont je suis tombé amoureux. Je ne la revendrai jamais."