"Il y a dix ans, je travaillais dans l'une des maisons de Mick Jagger, une bâtisse londonienne du seizième siècle ayant appartenu à Henry VIII. Lors d'une promenade dans Cheyne Walk, ce bracelet de cheville d'éléphant a croisé ma route. C'est ainsi que j'aime l'envisager: je n'étais pas à sa recherche, mais il était si e xtraordinaire qu'il a directement attiré mon attention. J'étais aussi fasciné par son histoire. Cet ornement d'éléphant a appartenu à Colin Tennant, un noble britannique qui - il est décédé en 2010 - possédait l'île Moustique, sur laquelle Mick Jagger a...

"Il y a dix ans, je travaillais dans l'une des maisons de Mick Jagger, une bâtisse londonienne du seizième siècle ayant appartenu à Henry VIII. Lors d'une promenade dans Cheyne Walk, ce bracelet de cheville d'éléphant a croisé ma route. C'est ainsi que j'aime l'envisager: je n'étais pas à sa recherche, mais il était si e xtraordinaire qu'il a directement attiré mon attention. J'étais aussi fasciné par son histoire. Cet ornement d'éléphant a appartenu à Colin Tennant, un noble britannique qui - il est décédé en 2010 - possédait l'île Moustique, sur laquelle Mick Jagger a également une maison. C'est ce qui arrive souvent: on se plonge dans un sujet et des signes surgissent de partout qui font penser à ce qui nous préoccupe à ce moment-là. "C'est une pièce de grande valeur, je la garde donc dans le coffre-fort et je la sors de temps en temps pour la montrer. C'est une véritable conversation piece, une tradition malheureusement disparue de notre monde occidental moderne. Jadis, on conservait les pièces de famille ou les objets personnels précieux dans des armoires fermées à clé. De temps en temps, lors d'un dîner par exemple, on sortait l'un ou l'autre objet pour en narrer l'histoire aux invités. C'était une belle coutume. Je n'aime pas trop cette tendance moderne à exposer ouvertement tout ce qui se trouve dans la maison. Cela fait de la maison un simple décor surchargé d'objets auxquels nous nous sommes autrefois attachés, mais qui ne sont pas vraiment importants. "Plus je vieillis, moins j'accorde de valeur aux choses. C'est pourquoi, il y a quelques années, j'ai fait vendre aux enchères quelque 400 objets de ma maison et, honnêtement, je me suis senti mieux après. Il faut savoir lâcher prise. "J'enveloppe l'ornement d'éléphant dans un foulard en soie, car l'argent s'oxyde au contact de l'air. Je n'aime pas particulièrement l'argent, mais l'alliance du brut et de l'élégance me plaît. Une robuste table en bois sur laquelle est posée une argenterie raffinée, par exemple. Les atmosphères uniformes, ce n'est pas ma tasse de thé. Ce qui m'intéresse le plus, ce sont les objets qui ont vécu, qu'il s'agisse d'argenterie ou de verrerie ancienne. "J'adore Londres et je m'y rendais autrefois jusqu'à deux fois par semaine. Je faisais souvent l'aller-retour dans la journée. Capitale du Commonwealth, c'est une communauté multiéclectique. Toutes les cultures ont un lien avec Londres."