Bien que Mike Horn (55 ans) soit devenu un authentique influenceur sur Internet, la rencontre - la troisième du genre - a lieu en live dans la boutique Prosper à Bruxelles. On ne peut évoquer Mike Horn qu'en termes superlatifs. Il a été le premier homme à faire le tour du monde de façon non motorisée - à pied, à la nage et à la voile - en suivant l'équateur. Il a escaladé deux sommets de huit mille mètres sans oxygène, a gagné le pôle Nord à pied et traversé l'Antarctique. Il a parcouru les 7.000 kilomètres du fleuve Amazone à l'aide d'un simple flotteur en fibre de verre, et a combattu en Afrique du Sud, son pays natal, aux côtés des forces spéciales. Il y a vingt ans, sélectionné pour les Laureus Awards - les Oscars du sport -, il y a rencontré Johann Rupert, président du groupe Richemont, propriétaire de diverses marques horlogères de luxe. Mike Horn: "Il était désireux de me connaître. Il a ôté sa très coûteuse montre Panerai et me l'a attachée autour du poignet en me disant: "Vous m'inspirez et désormais, durant vos aventures, vous ne porterez plus qu'elle. Je vous paierai généreusement aussi. Parce que je crois qu'aucune autre montre n'est plus proche de votre style de vie"."
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Bien que Mike Horn (55 ans) soit devenu un authentique influenceur sur Internet, la rencontre - la troisième du genre - a lieu en live dans la boutique Prosper à Bruxelles. On ne peut évoquer Mike Horn qu'en termes superlatifs. Il a été le premier homme à faire le tour du monde de façon non motorisée - à pied, à la nage et à la voile - en suivant l'équateur. Il a escaladé deux sommets de huit mille mètres sans oxygène, a gagné le pôle Nord à pied et traversé l'Antarctique. Il a parcouru les 7.000 kilomètres du fleuve Amazone à l'aide d'un simple flotteur en fibre de verre, et a combattu en Afrique du Sud, son pays natal, aux côtés des forces spéciales. Il y a vingt ans, sélectionné pour les Laureus Awards - les Oscars du sport -, il y a rencontré Johann Rupert, président du groupe Richemont, propriétaire de diverses marques horlogères de luxe. Mike Horn: "Il était désireux de me connaître. Il a ôté sa très coûteuse montre Panerai et me l'a attachée autour du poignet en me disant: "Vous m'inspirez et désormais, durant vos aventures, vous ne porterez plus qu'elle. Je vous paierai généreusement aussi. Parce que je crois qu'aucune autre montre n'est plus proche de votre style de vie"." Vingt ans plus tard, Mike Horn a effectué 27 fois le tour du monde à la voile, et cinq modèles Panerai portent son nom. Le dernier en date étant la Submersible Mike Horn - une montre de plongée. Le plus grand explorateur et aventurier au monde apparaît rayonnant: il a pu réaliser ses rêves.Comment le jeune Sud-Africain que vous étiez a-t-il pu devenir le plus grand aventurier de son temps? "Ma mère m'a fourni une base solide et mon père m'a donné la motivation. Ils ne m'ont jamais demandé où j'allais - à condition que je sois présent pour le repas du soir. Chaque jour, j'explorais un autre coin de la région. Et à l'âge de 6 ans, je courais chaque matin en suivant mon père, qui, à l'époque, était un joueur de rugby connu. Il ne m'attendait jamais, conservant son rythme de course habituel. Chaque jour, je suais sang et larmes à sa suite et j'étais très vite contraint d'abandonner. Mais à chaque fois, je traçais une ligne à la craie sur le sol et, le jour suivant, je courais un peu plus loin. Un jour, je lui ai dit qu'il était une source d'inspiration pour moi et que je voulais devenir comme lui. Une idée qu'il n'a pas jugée pertinente, affirmant que le plus simple était de rester soi-même et de se distinguer dans ce que l'on aimait faire. J'ai voulu savoir qui l'inspirait, ce à quoi il m'a répondu que c'était moi, lorsqu'il entendait chaque jour mes petites foulées tandis que j'essayais de le rattraper." Les années passant, êtes-vous devenu plus sage? "J'espère que non car j'éprouve une certaine aversion pour les gens trop sages - parce qu'ils ont perdu leur enthousiasme et ne vont plus nulle part. J'aspire à une dose de naïveté, surtout dans le monde cynique actuel. Ce que je sais, c'est que l'on doit toujours garder la liberté à l'esprit. Alors que la plupart des gens que je connais recherchent le "contrôle". Un aventurier qui renonce à sa liberté perd tout. Durant la pandémie, j'ai su d'emblée que j'étais béni dans la mesure où je possédais un deux-mâts. J'ai demandé à mes deux filles et à quelques amis de monter à bord et, depuis la France, nous avons navigué vers l'Islande, vers l'île norvégienne de Spitzberg et vers le Groenland, en créant notre propre monde. L'idée même d'un confinement me rendait fou. Les gens n'ont pas seulement été cloîtrés, ils se sont aussi, comme je le craignais, retrouvés isolés - une épreuve qui a laissé des traces." Pourquoi est-il devenu si important pour vous de partager vos connaissances à propos de la planète? "Un explorateur est, à bien des égards, un être égoïste, et je ne fais pas exception. On sacrifie sa famille et ses amis car on est en permanence sur les routes. Et l'idée de ne jamais revenir vivant n'a rien d'imaginaire. Je n'ai découvert le mot "partage" qu'il y a sept ans, lorsque ma femme était mourante. L'idée de continuer seul me semblait insupportable, car elle était tout pour moi. J'ai suggéré que nous devrions peut-être partir ensemble, mais il ne pouvait en être question. Elle m'a dit de continuer à vivre pour elle. Pour deux. A un tel moment, on réalise que l'on n'est pas seul, et qu'il est temps de partager son expérience et ses connaissances avec d'autres." "Mais c'est aussi grâce à mes filles. Alors que j'envisageais d'écrire encore des livres ou de réaliser un documentaire, elles m'en ont dissuadé, avançant qu'une chaîne YouTube était préférable pour motiver d'autres personnes: je pourrais y relater mes aventures en lien avec la protection de la planète. Et elles ont eu raison: cela a rencontré un énorme succès - la chaîne compte 700.000 abonnés. Et cela s'avère finalement plus plaisant d'être un raconteur d'histoires que d'effectuer un voyage de plusieurs semaines en traîneau vers le pôle Nord." "Résultat? Des jeunes se sont mis à m'écrire à propos de leurs rêves et de leurs projets, et c'est à partir de là qu'est née la plateforme qui focalise désormais mon attention. Nous leur demandons de présenter un projet très complet à une assemblée de professeurs et d'hommes d'affaires, en Suisse. S'ils sont sélectionnés, nous leur apprenons à élaborer un business plan et leur indiquons la manière de bien communiquer et le type de format qu'il convient de choisir. Nous les aidons également à chercher des sponsors, à condition que leur projet soit en lien avec les océans - qui sont les poumons de la Terre et représentent un tel volume qu'ils méritent toute l'attention. Et nous nous engageons pleinement à relever ces défis au cours des prochaines années..." Qu'est-ce qui motive ces jeunes pleins d'enthousiasme? "En réalité, il existe deux sortes de gens: ceux qui sont convaincus qu'une réussite est possible et ceux qui, pour toutes sortes de raisons, se sont persuadés de ne rien commencer. Seuls les premiers prennent le risque d'échouer, les seconds étant par avance en état d'échec. Alors que connaître un échec ne représente pas la fin du monde." "Ce qui m'inquiète, c'est qu'un groupe croissant de personnes oeuvre essentiellement sur un plan virtuel, dans le métavers. Elles y ont créé une copie virtuelle d'elles-mêmes. Alors que ce que l'on est résulte de la somme de ses expériences, de ses opportunités, de ses revers. Mais dans le monde réel, elles appréhendent de tels défis. Une réflexion très inquiétante pour l'avenir, selon moi." Dans son nouveau projet "What's left?", Mike Horn désire montrer à des jeunes entre 18 et 28 ans, dont le projet a été approuvé, la beauté de la planète. Ce qu'il reste d'elle et ce qui peut être réparé. Afin qu'ils puissent s'y atteler sans attendre.