Passer une année sabbatique à Florence et y laisser son coeur, puis refaire sa vie là-bas... C'est ce qui est arrivé à Pepijn Gerckens il y a trois ans. Et le fait que cet expatrié belge exerce aujourd'hui son métier dans le berceau de la Renaissance ne fait qu'embellir ce conte de fées. "Le trésor de la culture occidentale attendra, partons d'abord en balade", plaisante Pepijn en faisant sa promenade matinale. "J'habite sur les flancs du Poggio Imperiale, la colline impériale, c'est un peu le Beverly Hills de Florence. Quand je ne suis pas devant mon ordinateur, je fais du fitness."
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Passer une année sabbatique à Florence et y laisser son coeur, puis refaire sa vie là-bas... C'est ce qui est arrivé à Pepijn Gerckens il y a trois ans. Et le fait que cet expatrié belge exerce aujourd'hui son métier dans le berceau de la Renaissance ne fait qu'embellir ce conte de fées. "Le trésor de la culture occidentale attendra, partons d'abord en balade", plaisante Pepijn en faisant sa promenade matinale. "J'habite sur les flancs du Poggio Imperiale, la colline impériale, c'est un peu le Beverly Hills de Florence. Quand je ne suis pas devant mon ordinateur, je fais du fitness." C'est à l'âge de 43 ans que Pepijn Gerckens a décidé de quitter la Belgique pour suivre son coeur. Après une carrière en tant que directeur général de TKC Digital Belgium, une société de consultance néerlandaise, il a pris un congé sabbatique qui marqua le début d'une nouvelle aventure. "Le premier défi a été d'apprendre l'italien et puis il y a eu le covid. Malgré les mesures très strictes en Italie, je voulais maintenir un mode de vie sain. Si je passe une journée sans faire de sport, je suis stressé. Avant d'arriver à Florence, j'ai obtenu un diplôme d'entraîneur personnel en Belgique. Quand les centres de fitness ont dû fermer ici, j'ai donné des cours à des amis expatriés. Aujourd'hui encore, je suis coach personnel à mes heures perdues et j'organise des bootcamps dans mon jardin." Pour mener une vie sportive, il faut adopter une alimentation saine. En Belgique déjà, Pepijn était adepte des produits biologiques et d'un mode de vie durable. En Italie, cette passion n'a fait que s'intensifier. Prendre un petit-déjeuner sucré comme les Italiens, avec un cappuccino et une brioche, n'est donc pas à l'ordre du jour. Après une bonne balade, je m'installe devant mon bol de muesli aux fraises et au yaourt, alors que Pepijn avale une assiette de pâtes aux tomates cerises et au thon. "Pour le meilleur cappuccino, il faut passer chez Ditta Artigianale. Tout, mais avec modération, c'est la règle d'or. Les pâtes et les pizzas ne sont pas de mauvais aliments, tout dépend de l'accompagnement." Il apparaît clairement que Pepijn a créé le biotope parfait pour bien vivre et travailler. En octobre 2021, il est devenu Partner Enablement Coach pour l'entreprise informatique américaine Oracle. "Je travaille avec une trentaine de partenaires dans les pays scandinaves et dans le Benelux. Avec de grandes entreprises comme Accenture et Capgemini, mais aussi avec de petites entreprises locales. Mon travail consiste à assurer le suivi de leurs projets IT et à organiser des formations pour qu'ils disposent des certificats nécessaires pour installer nos logiciels." Alors que Pepijn finalise ses réunions quotidiennes en ligne avec ses collègues du Caire, de Madrid, de Ljubljana et de Milan, je descends en ville avec sa liste d'adresses incontournables. La première étape au coeur de Florence tape dans le mille. Sur la Piazza della Signoria, la place la plus fréquentée de Florence, on ne se contente pas d'admirer la réplique du David de Michel-Ange. N'ayez pas peur de la longue file de touristes et de fashionistas, le Gucci Garden vaut vraiment le détour. L'expo actuelle en particulier, Archetypes, est very instagrammable et vous fait passer une heure délicieusement décadente sous le signe de la mode. Mais Pepijn apprécie aussi un tout autre genre de glamour, à la Fondazione Franco Zeffirelli. Le musée est un havre de paix surréaliste au coeur de la frénésie urbaine, mais aussi une présentation de l'oeuvre complète de ce célèbre réalisateur italien. Les aventures de Zeffirelli avec toutes les grandes stars de l'opéra, de Maria Callas à Placido Domingo, sont assez exaltantes. Le souvenir du muesli me semble déjà lointain et, puisque même le plus célèbre des snacks italiens peut être sain et équitable, je commande une pizza margherita à l'adresse préférée de Pepijn, Berbère. Ici, la pizza artisanale est préparée à base de pâte au levain et tous les ingrédients proviennent de producteurs locaux. Si vous envisagez un séjour à Florence en plein été, attendez-vous à des foules de touristes et à une chaleur étouffante. Pour trouver le calme et se rafraîchir dans un cadre de verdure, il faut traverser l'Arno par le Ponte Alle Grazie, le premier pont au sud du Ponte Vecchio. Pepijn m'attend chez le glacier Il Gelato di Filo, le meilleur de Florence selon ses dires. "Il faut surtout éviter les gelaterias avec des montagnes de glace, ici tout est fait maison et sans colorants. Je choisis toujours la glace au yaourt, car elle est moins sucrée." Un délicieux sorbet de pamplemousse rose à la main, nous passons par la Porta San Miniato, une ancienne porte de la ville. Moins de cent mètres plus loin, nous entrons dans le magasin bio préféré de Pepijn, Angolo dell'Erta. "Lors du confinement, je me suis mis à faire des expériences en cuisine. C'est comme ça que j'ai découvert ce magasin bio, j'y venais à vélo tous les jours pour faire mes courses. D'un côté, c'était une bonne excuse pour sortir de chez moi et de l'autre, c'était l'occasion de parler à des gens. Elena et Rocco sont devenus de vrais amis. Je me sens comme chez moi. Avec les ingrédients bio que j'achète ici, j'essaie des recettes que je partage dans le groupe WhatsApp du magasin. Et quand je n'ai pas envie de cuisiner, il m'arrive d'aller déjeuner en ville, sur le toit-terrasse verdoyant de l'hôtel C'Bio." Florence se fait plus verte sur ses hauteurs avec le Giardino delle Rose. "Je passe presque tous les jours par ici. Le parfum des roses et les oeuvres de Folon, n'est-ce pas fantastique?" Nous passons devant de nombreux rosiers avant d'arriver sur la Piazalle Michelangelo. "Ici, il faut se bousculer pour prendre la fameuse photo panoramique de la ville, mais dans l'EdV Garden, le jardin magique de ma voisine Alice, on peut prendre la même photo sans avoir à faire la queue." Florence et la beauté sont intrinsèquement liées. L'attention portée au corps masculin, avec le David de Michel-Ange pour symbole ultime, est également plus que jamais d'actualité. "J'ai trouvé ici un lieu de vie où vous pouvez vous montrer sans complexe. La vie des Italiens est axée sur les deux mois de plage en été. Même les jeunes de quinze ans s'entraînent à la salle de sport. C'est parfois un peu superficiel, mais cette vanité masculine me plaît. Alors qu'en Belgique, on peut se prendre des remarques avec une tenue parfaite, ici ce n'est jamais un problème." Un peu plus tard, un verre de prosecco à la main, nous trinquons à la bellissima Firenze, entourés des fleurs du restaurant Podere 39. Boutique de fleurs en journée, et le soir, une adresse incontournable où savourer une succulente cuisine toscane. En tout cas, les pâtes étaient délicieusement al dente. "Vous comprenez pourquoi je n'ai pas spécialement envie de rentrer en Belgique?"