Fleuron du tourisme wallon, gorgé de badauds en quête de pittoresque, Durbuy triple sa population en juillet et en août. "Il n'y a pas deux villes comme Durbuy. Elle offre une foule de possibilités malgré sa petite taille, et elle a su préserver son authenticité architecturale au fil du temps. Proche de la France, des Pays-Bas et du Grand-Duché de Luxembourg, elle est environnée par une nature incroyable", explique Bart Maerten, entrepreneur durbuysien.

Ruelle de Durbuy, Getty Images
Ruelle de Durbuy © Getty Images

Perfect match

Souvent décrié jamais égalé, l'investisseur Marc Coucke a apporté il y a trois ans et demi les fonds et le réseau nécessaires au savoir-faire et au professionnalisme de Bart Maerten, CEO de la Petite Merveille. Cette société familiale active depuis 1964 propose classes vertes, stages de vacances, team buildings, et week-ends aventure ou gastronomiques en famille ou entre amis. "Marc Coucke a investi dans nos infrastructures. Il a relevé le niveau de Durbuy qui s'épuisait quelque peu. Aujourd'hui, la plus petite ville du monde attire de nombreuses entreprises pour des séminaires."

Nous sommes dimanche et la ville est pleine à craquer. "J'aime le côté animé de Durbuy le week-end. Le lundi, la ville se vide et les Durbuysiens retrouvent le calme et la quiétude", confie Pierre Stassart, le local de l'étape dont nous avions apprécié les adresses à Liège l'année dernière et que nous avons à nouveau sollicité pour être notre guide, cette fois dans les décors de son adolescence.

Nous démarrons la journée dans un spot désuet et charmant. Maison familiale depuis 1968, la Vieille Demeure doit sa renommée à ses crêpes délectables et ses petits-déj' préparés à partir de produits d'artisans locaux (notamment la boucherie Bodson située en contrebas).

Sur les conseils de Pierre, nous prenons ensuite la direction du Parc des Topiaires dont les allées sillonnent entre plus de 250 sculptures végétales et 29 parterres artistiquement aménagés. Idéal pour les familles et situé en bordure de l'Ourthe, ce jour-là peu profonde et par conséquent vide de toutes embarcations, ce jardin insolite offre une vue sur le château de Durbuy.

Parc des Topiaires, Olivia Van de Putte
Parc des Topiaires © Olivia Van de Putte

L'appétit aiguisé, nous nous attablons à l'hôtel-restaurant Saint-Amour pour déguster sur le pouce une délicieuse salade de scampis au parfum d'agrumes. Autour de nous, d'autres se laissent tenter par une Durboyse, bière du coin élaborée par la Brasserie Minne, à 10 minutes du centre.

Une après-midi, deux possibilités

La première consiste à flâner dans le dédale de rues piétonnes pavées où les devantures flanquées d'écriteaux en acier corten invitent à franchir le seuil. Attention toutefois aux attrape-touristes, car à Durbuy la manne touristique est telle que les commerçants sont tentés de transformer n'importe quel établissement en boui-boui de fortune appâtant les chalands comme des mouches.

Rassasiés et bien conseillés, on entre en curieux chez Bodson, célèbre pour ses salaisons ; on pousse la porte de Dial(o)og(ue), librairie de seconde main recelant mille trésors au rayon livres d'art ; on pénètre dans le petit musée d'Art Moderne et Contemporain qui abrite une collection permanente consacrée aux aquarelles de Marcel Lucas et accueille actuellement une exposition du plasticien André Dumont ; et on s'aventure sous le porche ombragé de l'Herbe Rouge, boutique champêtre proposant vêtements, accessoires et petit mobilier en teck.

L'Herbe Rouge, Ardennes-Étapes
L'Herbe Rouge © Ardennes-Étapes

La deuxième possibilité nous emmène en balade vers le sommet du rocher d'Homalius, plus connu sous le nom de roche à la Falize et point culminant de la ville. "J'apprécie la nature changeant de couleur au fil des saisons et des festivités. Marché de noël, Festival de l'écrevisse et des produits de la rivière, Fête de la Saint-Hubert (qui n'auront hélas pas lieu cette année, coronavirus oblige, ndlr), chaque période crée une atmosphère unique", souligne Pierre.

Alors que notre périple se termine tout doucettement, notre soirée démarre un cocktail à la main au Sept by Juliette. Le lieu est assez fréquenté mais armés d'un peu de patience, nous trouvons place sur des banquettes disposées autour d'une table basse pour déguster un Saint-Germain (liqueur de fleur de sureau) dont la fraîcheur s'accorde parfaitement avec le climat ensoleillé de ce premier dimanche de juillet.

Ceci n'est pas une brasserie

C'est l'heure du plat principal, au propre comme au figuré, à savoir le dîner à la Bru'sserie. À la tête de cette table gastro de l'hôtel le Sanglier des Ardennes trône Wout Bru, chef flamand autrefois doublement étoilé en France. "Fort de nombreuses années d'expériences, Wout est une star en Flandre. Je qualifierais sa cuisine de magique et de festive. Une véritable explosion en bouche", précise Bart Maerten.

Wout Bru, Maxime Collin
Wout Bru © Maxime Collin

Après un Spritz rafraîchissant au son de l'excellent Glue de Bicep et avec vue sur le château de Durbuy à travers les grandes baies vitrées cintrées de châssis noirs, place au grand défilé de petits plats sélectionnés par le chef, en mode food sharing comme le veut la philosophie de la Bru'sserie. Pas de hiérarchie entre les bols et les assiettes, mais un tour du monde des saveurs qui passe par la Provence - maquereau, purée de pommes de terre, citron vert et lasagne de ris de veau, poireau, sauce truffe -, l'Amérique du Sud - ceviche de maigre, wakamé, guacamole, orange -, l'Espagne - gaspacho, encornets, sauce pistou -, l'Asie - anguille fumée, nobashi, terrine de foie gras, épinard et dimsun de poulet et porc, bouillon miso -, sans oublier le classique prime américain, sauce poivre et frites. Après un sorbet en guise de douceur, et un petit café pour la route, c'est l'heure de l'addition (comptez 55 euros par personne pour 4 services, 75 euros pour 6) et le passage du chef aux tables, très plébiscité par une clientèle comblée. Un voyage au long cours, sur plusieurs continents et aux saveurs uniques, depuis le coeur même de la Wallonie, qui a dit que c'était impossible ?

Fleuron du tourisme wallon, gorgé de badauds en quête de pittoresque, Durbuy triple sa population en juillet et en août. "Il n'y a pas deux villes comme Durbuy. Elle offre une foule de possibilités malgré sa petite taille, et elle a su préserver son authenticité architecturale au fil du temps. Proche de la France, des Pays-Bas et du Grand-Duché de Luxembourg, elle est environnée par une nature incroyable", explique Bart Maerten, entrepreneur durbuysien.Perfect matchSouvent décrié jamais égalé, l'investisseur Marc Coucke a apporté il y a trois ans et demi les fonds et le réseau nécessaires au savoir-faire et au professionnalisme de Bart Maerten, CEO de la Petite Merveille. Cette société familiale active depuis 1964 propose classes vertes, stages de vacances, team buildings, et week-ends aventure ou gastronomiques en famille ou entre amis. "Marc Coucke a investi dans nos infrastructures. Il a relevé le niveau de Durbuy qui s'épuisait quelque peu. Aujourd'hui, la plus petite ville du monde attire de nombreuses entreprises pour des séminaires."Nous sommes dimanche et la ville est pleine à craquer. "J'aime le côté animé de Durbuy le week-end. Le lundi, la ville se vide et les Durbuysiens retrouvent le calme et la quiétude", confie Pierre Stassart, le local de l'étape dont nous avions apprécié les adresses à Liège l'année dernière et que nous avons à nouveau sollicité pour être notre guide, cette fois dans les décors de son adolescence.Nous démarrons la journée dans un spot désuet et charmant. Maison familiale depuis 1968, la Vieille Demeure doit sa renommée à ses crêpes délectables et ses petits-déj' préparés à partir de produits d'artisans locaux (notamment la boucherie Bodson située en contrebas). Sur les conseils de Pierre, nous prenons ensuite la direction du Parc des Topiaires dont les allées sillonnent entre plus de 250 sculptures végétales et 29 parterres artistiquement aménagés. Idéal pour les familles et situé en bordure de l'Ourthe, ce jour-là peu profonde et par conséquent vide de toutes embarcations, ce jardin insolite offre une vue sur le château de Durbuy.L'appétit aiguisé, nous nous attablons à l'hôtel-restaurant Saint-Amour pour déguster sur le pouce une délicieuse salade de scampis au parfum d'agrumes. Autour de nous, d'autres se laissent tenter par une Durboyse, bière du coin élaborée par la Brasserie Minne, à 10 minutes du centre.Une après-midi, deux possibilitésLa première consiste à flâner dans le dédale de rues piétonnes pavées où les devantures flanquées d'écriteaux en acier corten invitent à franchir le seuil. Attention toutefois aux attrape-touristes, car à Durbuy la manne touristique est telle que les commerçants sont tentés de transformer n'importe quel établissement en boui-boui de fortune appâtant les chalands comme des mouches. Rassasiés et bien conseillés, on entre en curieux chez Bodson, célèbre pour ses salaisons ; on pousse la porte de Dial(o)og(ue), librairie de seconde main recelant mille trésors au rayon livres d'art ; on pénètre dans le petit musée d'Art Moderne et Contemporain qui abrite une collection permanente consacrée aux aquarelles de Marcel Lucas et accueille actuellement une exposition du plasticien André Dumont ; et on s'aventure sous le porche ombragé de l'Herbe Rouge, boutique champêtre proposant vêtements, accessoires et petit mobilier en teck.La deuxième possibilité nous emmène en balade vers le sommet du rocher d'Homalius, plus connu sous le nom de roche à la Falize et point culminant de la ville. "J'apprécie la nature changeant de couleur au fil des saisons et des festivités. Marché de noël, Festival de l'écrevisse et des produits de la rivière, Fête de la Saint-Hubert (qui n'auront hélas pas lieu cette année, coronavirus oblige, ndlr), chaque période crée une atmosphère unique", souligne Pierre.Alors que notre périple se termine tout doucettement, notre soirée démarre un cocktail à la main au Sept by Juliette. Le lieu est assez fréquenté mais armés d'un peu de patience, nous trouvons place sur des banquettes disposées autour d'une table basse pour déguster un Saint-Germain (liqueur de fleur de sureau) dont la fraîcheur s'accorde parfaitement avec le climat ensoleillé de ce premier dimanche de juillet. Ceci n'est pas une brasserieC'est l'heure du plat principal, au propre comme au figuré, à savoir le dîner à la Bru'sserie. À la tête de cette table gastro de l'hôtel le Sanglier des Ardennes trône Wout Bru, chef flamand autrefois doublement étoilé en France. "Fort de nombreuses années d'expériences, Wout est une star en Flandre. Je qualifierais sa cuisine de magique et de festive. Une véritable explosion en bouche", précise Bart Maerten. Après un Spritz rafraîchissant au son de l'excellent Glue de Bicep et avec vue sur le château de Durbuy à travers les grandes baies vitrées cintrées de châssis noirs, place au grand défilé de petits plats sélectionnés par le chef, en mode food sharing comme le veut la philosophie de la Bru'sserie. Pas de hiérarchie entre les bols et les assiettes, mais un tour du monde des saveurs qui passe par la Provence - maquereau, purée de pommes de terre, citron vert et lasagne de ris de veau, poireau, sauce truffe -, l'Amérique du Sud - ceviche de maigre, wakamé, guacamole, orange -, l'Espagne - gaspacho, encornets, sauce pistou -, l'Asie - anguille fumée, nobashi, terrine de foie gras, épinard et dimsun de poulet et porc, bouillon miso -, sans oublier le classique prime américain, sauce poivre et frites. Après un sorbet en guise de douceur, et un petit café pour la route, c'est l'heure de l'addition (comptez 55 euros par personne pour 4 services, 75 euros pour 6) et le passage du chef aux tables, très plébiscité par une clientèle comblée. Un voyage au long cours, sur plusieurs continents et aux saveurs uniques, depuis le coeur même de la Wallonie, qui a dit que c'était impossible ?