Dans la boutique de House Raccoon, le compteur en direct tourne. Le cap des 140 000 arbres n'est plus très loin. Pour chaque produit vendu, l'entreprise en fait planter un en Afrique. Depuis le tout début, cela fait partie de leur business plan : ne pas se contenter de vendre, mais également offrir quelque chose au monde et à la société en retour.

En avril, après avoir vendu des pots en béton depuis leur chambre, un garage et la grange de la grand-mère d'Anneleen, le couple a ouvert une boutique au coeur de Malines. Ce magasin physique n'a toutefois pas toujours fait partie de leurs objectifs. Il constitue principalement une extension de la boutique en ligne fondée il y a trois ans. "Nathan a toujours voulu devenir indépendant", explique Anneleen. "En fait, il ne pensait même pas à ce qu'il allait faire, tant qu'il était indépendant. Importer des pots de fleurs de Chine ? Il l'aurait fait aussi". "En tant qu'ingénieur commercial, on ne pense qu'au rendement", poursuit Nathan. "Deux options s'offrent alors à vous : soit travailler pour Deloitte, pour Coca-Cola (rires). Ce n'était pas pour moi."

Nathan Noëth et Anneleen Durnez, House Raccoon
Nathan Noëth et Anneleen Durnez © House Raccoon

House Raccoon est spécialisé dans les pots de fleurs et les petits accessoires de décoration intérieure. Sur demande, Nathan imagine également des produits personnalisés, comme des comptoirs pour les magasins. Anneleen s'occupe du côté marketing et vente. "Au début, vous êtes heureux si vous vendez un produit tous les trois jours" explique Nathan. "Ensuite, quand vous recevez une commande par jour. Mais bien sûr, impossible de vivre de ça." La grande percée qui devait les lancer n'a pas eu lieu. D'où la participation au programme télévisé.

Entreprendre au temps du coronavirus

Les enregistrements ont été achevés en octobre 2019. Anneleen et Nathan ont reçu une série de conseils pour les aider à tenir jusqu'à la diffusion de l'émission. La leçon la plus importante : continuer à vous différencier. Le couple s'est lancé dans des ateliers et des kits DIY. "Nous avons utilisé cette expérience quand le pays a été mis à l'arrêt pour la première fois", ajoute Anneleen. "Nos kits de bricolage ont eu un succès incroyable."

Pendant le second confinement, nous avons également énormément réfléchi à des solutions pour nous aider à rattraper les pertes engendrées par la fermeture. Les nouveaux kits DIY, avec des sous-verres en terrazzo, se sont vendus comme des petits pains sur notre e-shop. De nouveaux modèles de pots de fleurs aux couleurs fraîches et un sapin de Noël décoratif nous également permis de rester à flot. "Ce n'est pas grâce au gouvernement, mais malgré ses mesures", précise Anneleen. "Ils auraient dû communiquer beaucoup plus clairement avec les entrepreneurs".

Pour le couple, une chose est sûre : la crise sanitaire n'a pas bien été expliquée à la population. Chamailleries entre autorités et scientifiques, décisions qui arrivent trop tôt ou trop tard, directives qui ne cessent d'être révisées... Bref : c'était le bordel. "Il y a eu un pic quand un climat de peur s'est mis à régner. On entendait partout que l'horeca allait devoir à nouveau fermer cet été, et tout le monde a voulu en profiter une dernière fois. Si la communication avait été plus efficace et que les décisions avaient été expliquées à la population, les normes auraient été bien plus respectées."

Évidemment, la crise sanitaire est un problème bien réel, selon le couple. "Mais à un moment, le rapport entre le nombre de contaminations et les conséquences économiques a été complètement perdu de vue."

Si 2020 avait été une année normale, Anneleen et Nathan pourraient prendre un peu plus de temps pour eux. Un entrepreneur n'a jamais d'horaire classique de neuf à cinq, bien sûr, mais ce n'est pas non plus le rush comme ces derniers mois. Le confinement a de nouveau mené à des journées de travail de douze à quatorze heures. "Bien sûr, ce n'est pas une catastrophe", explique Nathan. "Mais nous devons à nouveau travailler plus, pour le même rendement."

Entrepreunariat social

Revenons-en aux arbres. House Raccoon collabore avec des ONG qui plantent des arbres dans les régions tropicales. Aujourd'hui, les deux entrepreneurs se concentrent sur l'Afrique, car les arbres y ont une double fonction. D'une part, ils extraient le CO2 de l'air et d'autre part, ils font partie de l'agroforesterie. Un mode d'exploitation des terres agricoles associant des arbres et des cultures ou de l'élevage. "Le rendement des champs et des alentours sera plus élevé, car le sol deviendra plus durable", explique Nathan. "Après un an, 80 % des agriculteurs participants peuvent manger trois fois par jour au lieu d'une fois. Plus tard, ils peuvent également vendre une partie de leur récolte sur les marchés locaux. C'est un progrès incroyable pour des personnes qui, très souvent, n'ont pas de ressources financières. Avec cet argent, les enfants peuvent aller à l'école. En plantant ces arbres, nous agissons sur de nombreux maillons de la chaine."

House Raccoon, .
House Raccoon © .

Le couple s'engage aussi localement. Pour sa production, House Raccoon travaille en collaboration avec l'entreprise malinoise Mivas, spécialisée dans le sur-mesure. "Nous ne voulons pas que les arbres ou la collaboration avec l'atelier nous distinguent des autres entreprises", précise Nathan. L'entrepreneuriat durable et social doit devenir la norme. Aujourd'hui, les produits respectueux de l'environnement coûtent plus cher que les autres. Si tout le monde s'y met, le prix de ces produits baissera également. Je pense que tout le monde y gagnerait."

Les choses peuvent toujours aller mieux. C'est un autre concept en lequel notre duo croit. Dans Andermans Zaken, ils ont aussi osé mentionner les domaines où tout n'allait pas vraiment bien. Ils expliquent qu'ils agissent de la sorte pour pouvoir rencontrer les personnes qui pourraient leur apporter une solution. "En le rendant public, les solutions viennent souvent à vous", explique Nathan. "Par exemple, nous utilisons encore du plastique dans notre atelier. Nous aimerions trouver une alternative durable. Si quelqu'un a une solution à proposer..."

Une entreprise pour laquelle tout va bien a-t-elle encore de grands projets d'avenir ? "Une boutique à Gand" annonce Anneleen avec conviction. "C'était déjà prévu, mais à cause de la pandémie, cela prendra probablement un peu plus de temps. Le meilleur côté de l'entrepreneuriat, c'est de se créer ses propres défis. Lorsque vous atteignez un objectif, fixez-en un nouveau. En fin de compte, la créativité et l'esprit d'entreprise n'ont pas à avoir de limites."

Retrouvez les créations House Raccoon en Wallonie à Liège (Jangala Shop), Milmort (ARHA Studio), Waremme (Driedeco) et Louvain-la-Neuve (Rose Avril). À Bruxelles : GRUUN et Rouge Pivoine.

Dans la boutique de House Raccoon, le compteur en direct tourne. Le cap des 140 000 arbres n'est plus très loin. Pour chaque produit vendu, l'entreprise en fait planter un en Afrique. Depuis le tout début, cela fait partie de leur business plan : ne pas se contenter de vendre, mais également offrir quelque chose au monde et à la société en retour.En avril, après avoir vendu des pots en béton depuis leur chambre, un garage et la grange de la grand-mère d'Anneleen, le couple a ouvert une boutique au coeur de Malines. Ce magasin physique n'a toutefois pas toujours fait partie de leurs objectifs. Il constitue principalement une extension de la boutique en ligne fondée il y a trois ans. "Nathan a toujours voulu devenir indépendant", explique Anneleen. "En fait, il ne pensait même pas à ce qu'il allait faire, tant qu'il était indépendant. Importer des pots de fleurs de Chine ? Il l'aurait fait aussi". "En tant qu'ingénieur commercial, on ne pense qu'au rendement", poursuit Nathan. "Deux options s'offrent alors à vous : soit travailler pour Deloitte, pour Coca-Cola (rires). Ce n'était pas pour moi."House Raccoon est spécialisé dans les pots de fleurs et les petits accessoires de décoration intérieure. Sur demande, Nathan imagine également des produits personnalisés, comme des comptoirs pour les magasins. Anneleen s'occupe du côté marketing et vente. "Au début, vous êtes heureux si vous vendez un produit tous les trois jours" explique Nathan. "Ensuite, quand vous recevez une commande par jour. Mais bien sûr, impossible de vivre de ça." La grande percée qui devait les lancer n'a pas eu lieu. D'où la participation au programme télévisé.Les enregistrements ont été achevés en octobre 2019. Anneleen et Nathan ont reçu une série de conseils pour les aider à tenir jusqu'à la diffusion de l'émission. La leçon la plus importante : continuer à vous différencier. Le couple s'est lancé dans des ateliers et des kits DIY. "Nous avons utilisé cette expérience quand le pays a été mis à l'arrêt pour la première fois", ajoute Anneleen. "Nos kits de bricolage ont eu un succès incroyable."Pendant le second confinement, nous avons également énormément réfléchi à des solutions pour nous aider à rattraper les pertes engendrées par la fermeture. Les nouveaux kits DIY, avec des sous-verres en terrazzo, se sont vendus comme des petits pains sur notre e-shop. De nouveaux modèles de pots de fleurs aux couleurs fraîches et un sapin de Noël décoratif nous également permis de rester à flot. "Ce n'est pas grâce au gouvernement, mais malgré ses mesures", précise Anneleen. "Ils auraient dû communiquer beaucoup plus clairement avec les entrepreneurs". Pour le couple, une chose est sûre : la crise sanitaire n'a pas bien été expliquée à la population. Chamailleries entre autorités et scientifiques, décisions qui arrivent trop tôt ou trop tard, directives qui ne cessent d'être révisées... Bref : c'était le bordel. "Il y a eu un pic quand un climat de peur s'est mis à régner. On entendait partout que l'horeca allait devoir à nouveau fermer cet été, et tout le monde a voulu en profiter une dernière fois. Si la communication avait été plus efficace et que les décisions avaient été expliquées à la population, les normes auraient été bien plus respectées."Évidemment, la crise sanitaire est un problème bien réel, selon le couple. "Mais à un moment, le rapport entre le nombre de contaminations et les conséquences économiques a été complètement perdu de vue."Si 2020 avait été une année normale, Anneleen et Nathan pourraient prendre un peu plus de temps pour eux. Un entrepreneur n'a jamais d'horaire classique de neuf à cinq, bien sûr, mais ce n'est pas non plus le rush comme ces derniers mois. Le confinement a de nouveau mené à des journées de travail de douze à quatorze heures. "Bien sûr, ce n'est pas une catastrophe", explique Nathan. "Mais nous devons à nouveau travailler plus, pour le même rendement."Revenons-en aux arbres. House Raccoon collabore avec des ONG qui plantent des arbres dans les régions tropicales. Aujourd'hui, les deux entrepreneurs se concentrent sur l'Afrique, car les arbres y ont une double fonction. D'une part, ils extraient le CO2 de l'air et d'autre part, ils font partie de l'agroforesterie. Un mode d'exploitation des terres agricoles associant des arbres et des cultures ou de l'élevage. "Le rendement des champs et des alentours sera plus élevé, car le sol deviendra plus durable", explique Nathan. "Après un an, 80 % des agriculteurs participants peuvent manger trois fois par jour au lieu d'une fois. Plus tard, ils peuvent également vendre une partie de leur récolte sur les marchés locaux. C'est un progrès incroyable pour des personnes qui, très souvent, n'ont pas de ressources financières. Avec cet argent, les enfants peuvent aller à l'école. En plantant ces arbres, nous agissons sur de nombreux maillons de la chaine."Le couple s'engage aussi localement. Pour sa production, House Raccoon travaille en collaboration avec l'entreprise malinoise Mivas, spécialisée dans le sur-mesure. "Nous ne voulons pas que les arbres ou la collaboration avec l'atelier nous distinguent des autres entreprises", précise Nathan. L'entrepreneuriat durable et social doit devenir la norme. Aujourd'hui, les produits respectueux de l'environnement coûtent plus cher que les autres. Si tout le monde s'y met, le prix de ces produits baissera également. Je pense que tout le monde y gagnerait."Les choses peuvent toujours aller mieux. C'est un autre concept en lequel notre duo croit. Dans Andermans Zaken, ils ont aussi osé mentionner les domaines où tout n'allait pas vraiment bien. Ils expliquent qu'ils agissent de la sorte pour pouvoir rencontrer les personnes qui pourraient leur apporter une solution. "En le rendant public, les solutions viennent souvent à vous", explique Nathan. "Par exemple, nous utilisons encore du plastique dans notre atelier. Nous aimerions trouver une alternative durable. Si quelqu'un a une solution à proposer..."Une entreprise pour laquelle tout va bien a-t-elle encore de grands projets d'avenir ? "Une boutique à Gand" annonce Anneleen avec conviction. "C'était déjà prévu, mais à cause de la pandémie, cela prendra probablement un peu plus de temps. Le meilleur côté de l'entrepreneuriat, c'est de se créer ses propres défis. Lorsque vous atteignez un objectif, fixez-en un nouveau. En fin de compte, la créativité et l'esprit d'entreprise n'ont pas à avoir de limites."