"Je ne suis jamais contre un petit cocktail le vendredi soir", se réjouit Alix Tihon quand nous lui proposons cette interview. C'est donc au Volga, bar d'atmosphère aux breuvages divins à Liège, que nous rencontrons cette amoureuse d'Ibiza. Mi-pharmacienne, mi-entrepreneuse, la jeune femme (30 ans) fonce à l'instinct. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça lui réussit. "En septembre dernier, j'ai participé sur un coup de tête au salon Tranoï à Paris, où j'ai rencontré les responsables d'une chaîne de magasins turque. Après avoir analysé les matières premières de mes bijoux - il existe en Turquie de nombreuses mesures protectionnistes à l'égard des biens importés -, ils m'ont passé une commande de 400 pièces."

Harpie, c'est mon bébé - Alix Tihon

C'est sa créativité débordante qui a poussé la Liégeoise à lancer Harpie en septembre 2018. Au début par passion. Aujourd'hui dans l'espoir de réduire, voire d'arrêter son activité de pharmacienne qui l'occupe encore à temps partiel. Présents en ligne et dans une sélection de magasins en Belgique et à l'étranger, ses colliers, bagues, bracelets et boucles d'oreilles en acier inoxydable - comprenez : résistant à l'eau - et à prix doux se renouvellent tous les deux mois. Rencontre avec celle qui dessine les bijoux, présente les nouveautés et livre les réassorts aux magasins, s'occupe de la comptabilité et du travail administratif, sans parler de l'expédition des commandes passées sur l'e-shop. "Harpie, c'est mon bébé."

Harpie © Luna Jacob

Comment conciliez-vous vie privée et activité professionnelle ?

Alix Tihon : "Pour le moment, les deux s'entremêlent. Mes collections traînent dans la cuisine ou dans le coffre de ma voiture. Pendant que mon compagnon lit ou regarde un film le soir, j'assemble les bijoux sur la table du salon. Heureusement, il est lui-même indépendant et comprend que je m'investisse à fond dans ma marque pour le moment. À terme, j'aimerais parvenir à scinder davantage les sphères privée et professionnelle, mais Harpie est encore trop jeune pour ça."

Face à la généralisation du numérique, parvenez-vous à vous offrir des moments hors ligne ?

AT : "Pas vraiment... Chaque matin, au réveil, je passe entre une demi-heure et une heure dans mon lit à répondre aux messages et à consulter les réseaux sociaux. En tout, je consacre deux à trois heures par jour à Internet. J'aime beaucoup Pinterest également, c'est une source d'inspiration inestimable pour mes collections.

Cela dit, quand je confectionne les bijoux, je reste très concentrée et j'en oublie mon téléphone. Je ne pense donc pas être accro aux réseaux sociaux. Si je n'avais pas Harpie, je pourrais m'en passer. Mais à l'heure actuelle, ils s'inscrivent dans la stratégie de communication d'une marque. Ils représentent aussi une excellente vitrine. Il y a trois jours, j'ai été contactée par une boutique d'Helsinki via Instagram.

Je ne collabore pas avec des blogueuses. Je l'ai déjà fait, mais ça ne m'a pas apporté grand-chose. La perte de confiance se ressent chez les consommateurs. J'ai l'impression qu'on est déjà passé à autre chose, mais je ne sais pas à quoi exactement. Tous les jours, je me demande dans quelle direction va évoluer le marketing d'influence."

Les réseaux sociaux sont une excellente vitrine - Alix Tihon

Comment vous habillez-vous pour travailler ?

AT : "J'ai la chance de travailler dans le secteur de la mode. Les gérantes ou vendeuses des boutiques qui commercialisent Harpie ont beaucoup de style. Alors quand je vais leur rendre visite, je prends plaisir à soigner ma tenue. J'aime beaucoup le combo blazer-jeans. Mais à la maison ou à l'atelier chez mes parents, je suis en training-baskets. Je porte tous les jours mes bijoux (ce soir-là, elle arbore deux colliers, deux bracelets et une bague, ndlr). Je me lave avec, je dors avec. J'ai aussi une montre Cartier que j'ai reçue pour mes 30 ans et que je ne quitte jamais."

Quel est le plus grand luxe à vos yeux ?

AT : "J'aimerais appuyer sur pause pour voyager, profiter de l'instant et passer plus de temps avec les gens que j'aime. Mais d'un autre côté, je me connais : mon cerveau est constamment en ébullition."

Comment retirez-vous de la satisfaction de votre travail ?

AT : "À la pharmacie, je croise des clientes qui portent mes bijoux, ça me fait super plaisir. Elles ne savent pas que je suis la créatrice d'Harpie et je trouve ça marrant de ne rien leur dire. J'ai deux boulots bien distincts et je ne veux pas tout mélanger. De plus, je ne suis pas du genre à m'exposer, je ne me sens pas à ma place sous les feux des projecteurs.

J'apprécie aussi de recevoir des messages. De lire que mes bijoux ont plu comme cadeaux à Noël ou qu'ils résistent à l'épreuve du temps."

If you can dream it, you can do it - Walt Disney

Quelle est la meilleure leçon que vous a enseignée votre carrière ?

AT : "Rien n'est impossible, il suffit de le vouloir et de se donner les moyens de réussir. L'avantage - ou l'inconvénient -, c'est que mon implication est sans limite. Je veux que tout soit fait à la seconde. À terme, j'aimerais arriver à lâcher du lest et être moins exigeante envers moi-même."

Quel sommet souhaiteriez-vous atteindre professionnellement ?

AT : "Je suis ravie des boutiques dans lesquelles Harpie est en vente. Si on m'avait dit que je serais un jour présente au Coloris (notre bijouterie préférée à Liège, ndlr) ou chez Merci (un concept-store emblématique à Paris, ndlr), je n'y aurais pas cru. Au départ, j'ai créé Harpie par passion. Je n'imaginais pas que mes bijoux allaient me permettre de gagner de l'argent. Aujourd'hui, le rêve, ce serait d'en vivre complètement. De fonder mon entreprise et d'engager du personnel.

Par ailleurs, j'ai toujours considéré Harpie comme un concept évolutif. J'aimerais qu'il devienne une marque d'accessoires à part entière, qui proposerait aussi des sacs à main et des objets de décoration par exemple. Mais je tiens d'abord à ce que les bijoux soient bien implantés et reconnus avant de lancer autre chose. Je n'ai pas envie de faire les choses à moitié."

"Je ne suis jamais contre un petit cocktail le vendredi soir", se réjouit Alix Tihon quand nous lui proposons cette interview. C'est donc au Volga, bar d'atmosphère aux breuvages divins à Liège, que nous rencontrons cette amoureuse d'Ibiza. Mi-pharmacienne, mi-entrepreneuse, la jeune femme (30 ans) fonce à l'instinct. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça lui réussit. "En septembre dernier, j'ai participé sur un coup de tête au salon Tranoï à Paris, où j'ai rencontré les responsables d'une chaîne de magasins turque. Après avoir analysé les matières premières de mes bijoux - il existe en Turquie de nombreuses mesures protectionnistes à l'égard des biens importés -, ils m'ont passé une commande de 400 pièces."C'est sa créativité débordante qui a poussé la Liégeoise à lancer Harpie en septembre 2018. Au début par passion. Aujourd'hui dans l'espoir de réduire, voire d'arrêter son activité de pharmacienne qui l'occupe encore à temps partiel. Présents en ligne et dans une sélection de magasins en Belgique et à l'étranger, ses colliers, bagues, bracelets et boucles d'oreilles en acier inoxydable - comprenez : résistant à l'eau - et à prix doux se renouvellent tous les deux mois. Rencontre avec celle qui dessine les bijoux, présente les nouveautés et livre les réassorts aux magasins, s'occupe de la comptabilité et du travail administratif, sans parler de l'expédition des commandes passées sur l'e-shop. "Harpie, c'est mon bébé." Comment conciliez-vous vie privée et activité professionnelle ?Alix Tihon : "Pour le moment, les deux s'entremêlent. Mes collections traînent dans la cuisine ou dans le coffre de ma voiture. Pendant que mon compagnon lit ou regarde un film le soir, j'assemble les bijoux sur la table du salon. Heureusement, il est lui-même indépendant et comprend que je m'investisse à fond dans ma marque pour le moment. À terme, j'aimerais parvenir à scinder davantage les sphères privée et professionnelle, mais Harpie est encore trop jeune pour ça." Face à la généralisation du numérique, parvenez-vous à vous offrir des moments hors ligne ?AT : "Pas vraiment... Chaque matin, au réveil, je passe entre une demi-heure et une heure dans mon lit à répondre aux messages et à consulter les réseaux sociaux. En tout, je consacre deux à trois heures par jour à Internet. J'aime beaucoup Pinterest également, c'est une source d'inspiration inestimable pour mes collections. Cela dit, quand je confectionne les bijoux, je reste très concentrée et j'en oublie mon téléphone. Je ne pense donc pas être accro aux réseaux sociaux. Si je n'avais pas Harpie, je pourrais m'en passer. Mais à l'heure actuelle, ils s'inscrivent dans la stratégie de communication d'une marque. Ils représentent aussi une excellente vitrine. Il y a trois jours, j'ai été contactée par une boutique d'Helsinki via Instagram. Je ne collabore pas avec des blogueuses. Je l'ai déjà fait, mais ça ne m'a pas apporté grand-chose. La perte de confiance se ressent chez les consommateurs. J'ai l'impression qu'on est déjà passé à autre chose, mais je ne sais pas à quoi exactement. Tous les jours, je me demande dans quelle direction va évoluer le marketing d'influence."Comment vous habillez-vous pour travailler ?AT : "J'ai la chance de travailler dans le secteur de la mode. Les gérantes ou vendeuses des boutiques qui commercialisent Harpie ont beaucoup de style. Alors quand je vais leur rendre visite, je prends plaisir à soigner ma tenue. J'aime beaucoup le combo blazer-jeans. Mais à la maison ou à l'atelier chez mes parents, je suis en training-baskets. Je porte tous les jours mes bijoux (ce soir-là, elle arbore deux colliers, deux bracelets et une bague, ndlr). Je me lave avec, je dors avec. J'ai aussi une montre Cartier que j'ai reçue pour mes 30 ans et que je ne quitte jamais."Quel est le plus grand luxe à vos yeux ?AT : "J'aimerais appuyer sur pause pour voyager, profiter de l'instant et passer plus de temps avec les gens que j'aime. Mais d'un autre côté, je me connais : mon cerveau est constamment en ébullition."Comment retirez-vous de la satisfaction de votre travail ?AT : "À la pharmacie, je croise des clientes qui portent mes bijoux, ça me fait super plaisir. Elles ne savent pas que je suis la créatrice d'Harpie et je trouve ça marrant de ne rien leur dire. J'ai deux boulots bien distincts et je ne veux pas tout mélanger. De plus, je ne suis pas du genre à m'exposer, je ne me sens pas à ma place sous les feux des projecteurs.J'apprécie aussi de recevoir des messages. De lire que mes bijoux ont plu comme cadeaux à Noël ou qu'ils résistent à l'épreuve du temps."Quelle est la meilleure leçon que vous a enseignée votre carrière ?AT : "Rien n'est impossible, il suffit de le vouloir et de se donner les moyens de réussir. L'avantage - ou l'inconvénient -, c'est que mon implication est sans limite. Je veux que tout soit fait à la seconde. À terme, j'aimerais arriver à lâcher du lest et être moins exigeante envers moi-même." Quel sommet souhaiteriez-vous atteindre professionnellement ?AT : "Je suis ravie des boutiques dans lesquelles Harpie est en vente. Si on m'avait dit que je serais un jour présente au Coloris (notre bijouterie préférée à Liège, ndlr) ou chez Merci (un concept-store emblématique à Paris, ndlr), je n'y aurais pas cru. Au départ, j'ai créé Harpie par passion. Je n'imaginais pas que mes bijoux allaient me permettre de gagner de l'argent. Aujourd'hui, le rêve, ce serait d'en vivre complètement. De fonder mon entreprise et d'engager du personnel. Par ailleurs, j'ai toujours considéré Harpie comme un concept évolutif. J'aimerais qu'il devienne une marque d'accessoires à part entière, qui proposerait aussi des sacs à main et des objets de décoration par exemple. Mais je tiens d'abord à ce que les bijoux soient bien implantés et reconnus avant de lancer autre chose. Je n'ai pas envie de faire les choses à moitié."