Les effets d'annonce se suivent et ne se ressemblent pas. Lundi, près de Paris, Reed Hastings, le grand patron de Netflix, conviait la presse européenne à un grand show "people" pour présenter les dernières nouveautés de sa plateforme de streaming. A ses côtés, plusieurs acteurs américains avaient fait le déplacement sur le Vieux Continent dont Kevin Spacey,la vedette de la série House of Cards, venu lubrifier en personne la mécanique d'un plan com' déjà bien huilé.
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Les effets d'annonce se suivent et ne se ressemblent pas. Lundi, près de Paris, Reed Hastings, le grand patron de Netflix, conviait la presse européenne à un grand show "people" pour présenter les dernières nouveautés de sa plateforme de streaming. A ses côtés, plusieurs acteurs américains avaient fait le déplacement sur le Vieux Continent dont Kevin Spacey,la vedette de la série House of Cards, venu lubrifier en personne la mécanique d'un plan com' déjà bien huilé. L'objectif de cette vaste opération de séduction ? Dévoiler l'intrigue des nouvelles séries locales made in Netflix, histoire d'augmenter le nombre de ses abonnés européens qui, pour l'instant, ne représentent qu'un cinquième de sa clientèle (environ 15 millions d'abonnés sur les 75 millions que compte le géant américain à travers le monde, avec une très grande majorité aux Etats-Unis). Parmi les nouveautés épinglées par Reed Hastings : la série française Marseille, avec Gérard Depardieu himself, qui sera lancée le 5 mai prochain sur la plateforme de streaming et une première série allemande, Dark, prévue pour le catalogue 2017. Changement de décor, changement de style. Quelques jours plus tôt, deux autres grands acteurs de l'industrie audiovisuelle annonçaient par voie de communiqué leur rapprochement stratégique, pour "la création d'une plateforme mondiale de télévision sur Internet en over-the-top (OTT)". En clair : une espèce de Netflix à l'européenne puisque les deux partenaires en question ne sont autres que le groupe français Vivendi, présidé par le milliardaire Vincent Bolloré, et le groupe italien Mediaset, cornaqué par l'homme d'affaires et ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi. Notamment actifs sur le marché de la télévision à péage avec, respectivement dans leur portefeuille, Canal+ (11 millions d'abonnés dont la majorité en France) et Mediaset Premium (2 millions d'abonnés en Italie), les groupes Vivendi et Mediaset ont procédé à un échange de participations croisées - chacun prenant 3,5 % du capital de l'autre - pour constituer une nouvelle plateforme de contenus sur Internet. Grâce à la convergence des structures des deux sociétés également présentes en Espagne et en Allemagne, la volonté de Bolloré et de Berslusconi est de contrer clairement l'avancée de l'américain Netflix en Europe et surtout de s'imposer à court terme sur le marché du streaming sur le Vieux Continent, avant de s'attaquer à d'autres territoires (en particulier l'Afrique où le milliardaire français est très actif dans le business de l'huile de palme et des transports). "Je pense qu'il y a effectivement de la place pour un nouvel acteur de type Netflix en Europe, commente l'expert médias Thierry Tacheny. Mediaset et Vivendi ont déjà des plateformes de streaming qui fonctionnent, notamment Canal+ avec Canalplay, et les deux groupes pourront ainsi mutualiser leurs équipes et leurs moyens pour négocier de manière plus large leurs futurs contenus." Des contenus qui devraient avoir une sensibilité plus française, plus italienne, plus allemande et, pourquoi pas, plus belge, ce que Netflix n'a pas vraiment dans son offre. Mais les choses, visiblement, sont en train de changer...