La date butoir se rapproche tout doucement. Le 25 mai 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) entrera en vigueur au sein de l'Union européenne. A cette date, les entreprises et administrations des 27 pays membres devront être en conformité avec ce nouveau texte destiné à mieux encadrer la collecte de données personnelles des citoyens européens, ce qui inquiète bon nombre d'éditeurs de presse. Selon eux, le projet de nouveau règlement ePrivacy sur la vie privée et les communications électroniques, qui complète le RGPD, risque en effet de menacer le mod...

La date butoir se rapproche tout doucement. Le 25 mai 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) entrera en vigueur au sein de l'Union européenne. A cette date, les entreprises et administrations des 27 pays membres devront être en conformité avec ce nouveau texte destiné à mieux encadrer la collecte de données personnelles des citoyens européens, ce qui inquiète bon nombre d'éditeurs de presse. Selon eux, le projet de nouveau règlement ePrivacy sur la vie privée et les communications électroniques, qui complète le RGPD, risque en effet de menacer le modèle économique des journaux et des magazines en ligne. Concrètement, cette nouvelle réglementation va offrir l'opportunité à chaque internaute, dès sa première connexion à un navigateur internet, d'accepter ou non les cookies, ces petits fichiers espions qui recueillent des informations sur son comportement numérique. A priori inoffensifs, ces " mouchards " sont d'une grande utilité pour les annonceurs qui peuvent ainsi cerner les centres d'intérêt du consommateur et lui envoyer dès lors de la publicité ciblée. La Commission européenne veut donc remettre de l'ordre dans la protection des données personnelles. Plus contraignant, le nouveau texte proposé par l'exécutif européen veut ainsi imposer " le principe du consentement préalable " des consommateurs qui devront valider en amont toute exploitation potentielle de leurs données. Les éditeurs de presse craignent le pire : un rejet massif des cookies par les internautes et donc un ciblage publicitaire beaucoup moins pertinent à l'avenir pour les annonceurs, ce qui nuirait in fine au financement des groupes médias en Europe dont le business model repose principalement sur la publicité. " En empêchant l'utilisation des cookies sur les sites de presse à partir de l'installation du navigateur, les législateurs européens vont consolider la domination de quelques acteurs technologiques qui auront un contrôle total sur l'ensemble du marché européen des données ", ont réagi l'European Magazine Media Association (EMMA) et l'European Newspaper Publishers' Association (ENPA) dans un communiqué commun, ajoutant : " Cela exclura de facto les acteurs européens numériques de petite et de moyenne taille et cela affectera dès lors la concurrence en Europe ". Traduction : les GAFA - et en particulier Google et Facebook qui trustent déjà plus des deux tiers des revenus de la publicité digitale en Europe avec leur force de frappe ciblée - vont encore monter en puissance au détriment des éditeurs de presse qui seront affaiblis si jamais le nouveau règlement ePrivacy est adopté tel quel. La bataille des cookies, cependant, n'est pas encore perdue. La phase des débats au Parlement européen ne fait que commencer avec son lot d'amendements à la clé qui pourraient faire évoluer le texte, avant son adoption définitive par les différents pays membres de l'Union.