"La priorité de mon gouvernement a toujours été d'assurer une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre. Mon gouvernement prévoit de travailler à la mise en place d'un nouveau partenariat avec l'Union européenne sur la base du libre-échange et d'une coopération amicale", a déclaré la reine, se faisant le porte-parole du Premier ministre comme il est de tradition lors de la rentrée parlementaire.

Le Royaume-Uni et l'Union européenne sont engagées dans d'ultimes et laborieuses tractations pour tenter de parvenir à un accord de divorce, jugé toujours "possible" avant l'échéance du 31 octobre, selon le ministre des Affaires étrangères irlandais.

"Un accord est possible et c'est possible ce mois-ci. C'est peut-être même possible cette semaine, mais nous n'y sommes pas encore", a déclaré Simon Coveney au Luxembourg lundi, à 17 jours de la sortie prévue du bloc européen.

Londres et l'UE s'étaient montrés prudents dimanche sur leurs chances d'éviter un "no deal" douloureux pour l'économie, des négociations intensives à Bruxelles durant le week-end n'ayant pas permis d'enregistrer de percée sur la question clé de la frontière irlandaise.

"Il reste beaucoup de travail à faire" pour sortir de l'impasse, a estimé dimanche Michel Barnier, négociateur de l'UE sur le Brexit. Un constat partagé à Londres: "Les discussions sont constructives mais il reste beaucoup de travail à faire", a déclaré lundi un porte-parole de Downing Street.

- "L'horloge tourne" -

Des discussions techniques se poursuivent mais il reste très peu de temps aux deux camps pour réussir. Les dirigeants européens se réuniront jeudi et vendredi pour un sommet à Bruxelles, présenté comme celui de la dernière chance pour éviter une sortie de l'UE sans accord aux conséquences douloureuses, ou un troisième report prolongeant l'incertitude sur le chemin que prendra le Royaume-Uni après 46 ans dans le giron européen.

Dans l'idéal, les 27 partenaires du Royaume-Uni voudraient avoir une proposition complète sur laquelle voter d'ici là.

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, Etat membre de l'UE, et d'ainsi préserver la paix sur l'île qui a connu plusieurs décennies de violences.

Depuis que son plan de Brexit présenté début octobre a été rejeté par les Européens, Boris Johnson a présenté jeudi de nouvelles propositions à son homologue irlandais Leo Varadkar, dont très peu de détails ont filtré.

- Convaincre le Parlement -

S'il parvient à conclure un accord, Boris Johnson aura encore la lourde tâche de convaincre le Parlement, très divisé sur le Brexit, entre partisans du maintien de liens étroits avec l'UE et zélateurs d'une coupure nette.

Les députés, qui avaient rejeté trois fois l'accord négocié par l'ex-Première ministre Theresa May, siégeront lors d'une séance extraordinaire le 19 octobre, pour la première fois un samedi depuis 37 ans.

Faute d'accord d'ici là, une loi adoptée en septembre impose à Boris Johnson de demander un report du Brexit de trois mois. Le dirigeant exclut catégoriquement de repousser cette date, déjà reportée deux fois. Il n'a cependant jamais dit comment il pourrait s'y soustraire.

Cette demande de report devra être approuvée à l'unanimité des autres Etats membres, une requête qu'il serait judicieux d'accepter si elle était soumise, estime le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Dans cette période nimbée d'incertitude, le ministre britannique des Finances Sajid Javid a annoncé lundi qu'il présenterait le 6 novembre son "premier budget après la sortie de l'UE".

"Je serais surpris qu'il y ait un budget à cette date car (le gouvernement) ne sait pas s'il pourra faire passer ses propositions de Brexit à la Chambre des Communes", où le gouvernement n'a plus de majorité, a observé Jon Trickett, poids lourd du Labour (gauche) au micro de la BBC.