Le développement et la distribution d'un vaccin contre la Covid-19 ont été un des meilleurs investissements de l'histoire de l'humanité. Cette fois, il n'était pas question de prendre son temps. Pour l'économie belge, l'arrivée d'un vaccin pourrait faire la différence entre une stagnation et une croissance de 4 pour cent, voire plus. Nous ne retrouverons pas le niveau de vie que nous connaissions en 2019 d'ici fin 2021, mais les bases seront jetées pour combler ce fossé en 2022. Nous avons le droit d'être optimistes, car l'an prochain, l'économie belge bénéficiera d'une quadruple vaccination.
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Le développement et la distribution d'un vaccin contre la Covid-19 ont été un des meilleurs investissements de l'histoire de l'humanité. Cette fois, il n'était pas question de prendre son temps. Pour l'économie belge, l'arrivée d'un vaccin pourrait faire la différence entre une stagnation et une croissance de 4 pour cent, voire plus. Nous ne retrouverons pas le niveau de vie que nous connaissions en 2019 d'ici fin 2021, mais les bases seront jetées pour combler ce fossé en 2022. Nous avons le droit d'être optimistes, car l'an prochain, l'économie belge bénéficiera d'une quadruple vaccination.1 L'injection du vaccinUn pénible hiver et un printemps incertain se profilent toujours à l'horizon, car l'administration du vaccin prendra du temps. Durant la première moitié de l'année, la peur du virus et les mesures sanitaires pèseront toujours sur l'économie, surtout en hiver, où le virus circule à une vitesse effrénée, et même dans le cas d'un léger déconfinement. Il va sans dire que vacciner la population le plus rapidement possible sera une tâche cruciale pour les autorités. La vitesse de la campagne de vaccination influencera fortement les perspectives économiques, dans un sens comme dans l'autre. Pour l'instant, l'objectif est de ne pas couler. La confiance de la population pourrait encore être touchée par la hausse du chômage et le nombre croissant de faillites qui auront lieu dès que les mesures de soutien public prendront fin et que l'économie sera tirée de son coma artificiel. La crise devrait nous coûter 100 000 emplois nets, mais l'été pourrait relancer le moteur du marché du travail. Les licenciements et les faillites ont eu des conséquences négatives sur la capacité de production de notre économie. Nous retrouverons notre niveau de vie d'avant coronavirus d'ici fin 2022, mais cela signifie un retard de 3 pour cent du PIB pour notre trajectoire de croissance prévue si la Covid-19 n'était pas entrée en jeu. Cette crise historique continuera d'influencer notre économie encore longtemps. Le gouvernement ne mettra donc pas trop rapidement un terme aux mesures de soutien, mais son aide deviendra plus ciblée, se concentrant sur les entreprises saines et les personnes les plus vulnérables.Toutefois, l'été passé, nous avons pu observer que si le virus est maîtrisé, l'économie peut rebondir avec vigueur. La Chine a elle aussi montré que le niveau de vie d'avant la crise sanitaire est à portée de main une fois le virus éradiqué. L'économie peut rebondir, car elle n'a pas été frappée par une crise financière ou banquière, susceptibles de laisser de nombreuses séquelles sur le long terme. La crise sanitaire laissera des cicatrices, mais le vaccin arrive juste à temps pour que le redémarrage se fasse relativement en douceur. En 2020, le pouvoir d'achat n'a presque pas bougé, alors que nous avons énormément économisé, les occasions de dépenser de l'argent n'étant pas légion. Cette année, les ménages ont mis 22 milliards d'euros supplémentaires de côté. Cet argent sera utilisé l'année prochaine et alimentera une forte envie de rattrapage, surtout au second semestre, si la pandémie est sous contrôle et que les perspectives économiques s'améliorent. Les investissements des entreprises se feront encore timides l'année prochaine. Les sociétés disposent de réserves suffisantes et l'incertitude est encore trop grande pour investir dans des projets à long terme. De nombreuses entreprises devront également combler les déficits conséquents figurant dans leur bilan avant de pouvoir penser à investir.2 L'injection des autorités Partout dans le monde, les autorités ont réagi particulièrement rapidement et fortement à la crise sanitaire. Notre gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées n'ont pas non plus ménagé leurs efforts pour soutenir les entreprises et les familles, sinon les dommages économiques auraient été encore plus dramatiques. La politique fiscale expansive est un facteur crucial. L'Europe ne commet pas la même erreur que celle de la crise de la dette, lorsque la reprise a été torpillée par des mesures d'austérité trop rapides. Le revers d'une telle manne gouvernementale est, bien sûr, un déficit budgétaire élevé et une dette publique qui ne cesse de croître. La reprise soulagera quelque peu le trésor public, mais le déficit budgétaire restera bien trop élevé ces prochaines années. Même en 2023, la Banque Nationale prévoit toujours un déficit de 6 pour cent, ce qui serait insoutenable à long terme, car le budget ne pourra alors guère absorber un nouveau choc. Le gouvernement De Croo ne sera pas mis sous pression pour essayer de joindre les deux bouts. La reprise doit d'abord atteindre une vitesse de libération suffisante. Politiquement parlant, il n'est pas non plus très approprié de présenter l'addition à une population qui fait des sacrifices depuis bientôt plus d'un an. Et tant que les taux d'intérêt resteront faibles, presque personne ne sera conscient de l'importance des dettes.3 L'injection des banques centralesMême l'année prochaine, les taux d'intérêt resteront particulièrement bas. Les gouvernements peuvent dépenser beaucoup en toute impunité, car les banques centrales le permettent. Aux États-Unis et dans la zone euro, la Federal Reserve et la Banque Centrale européenne rachètent la plupart des nouvelles dettes publiques. L'année prochaine, la politique monétaire restera particulièrement expansive, les taux d'intérêt resteront donc bas et l'économie occidentale ne pourra pas tomber dans un piège déflationniste. N'oublions pas que la crise sanitaire a été un énorme choc pour la demande qui, sans intervention, aurait provoqué une contraction économique et une déflation encore plus importantes. En 2021, les épargnants continueront à payer le prix fort. Le taux d'intérêt des comptes épargne restera au point mort et ne suffira pas pour compenser l'inflation, qui augmentera à nouveau pour atteindre un peu moins de 2 % en Belgique.4 L'injection de notre expérience La première vague de contaminations nous a touchés froidement et brutalement, mais nous avons pu affronter la seconde la tête haute. Au second trimestre, alors que la population était cloîtrée chez elle, en confinement total, le PIB a chuté d'un peu plus de 10 pour cent. Au quatrième trimestre, marqué par un reconfinement moins strict pour contenir la seconde vague, le PIB n'a chuté que d'un pour cent. Pourtant, d'un point de vue virologique, ces deux trimestres sont comparables. Les autorités ont appris comment garder l'économie ouverte le plus possible, tandis que les entreprises se sont adaptées aux normes de sécurité. Cette expérience nous aidera également à limiter les dégâts durant les premiers mois de 2021, car il est évident que l'hiver est le terrain de jeu favori de la Covid-19, et que l'économie sera encore touchée par les conséquences des mesures contraignantes pendant des mois. Ce sont principalement les métiers de contacts et les secteurs sensibles comme l'horeca et l'événementiel qui auront le plus de difficulté en ce début d'année. Les 98 pour cent de l'économie restants peuvent eux croire en une reprise plus rapide. Notre économie entre dans cette nouvelle année affaiblie, abîmée et malade, mais si la campagne de vaccination s'effectue rapidement, elle pourrait entrer en revalidation d'ici peu.