L'Union européenne a du mal à s'attaquer au Premier ministre Viktor Orbán et à sa politique anti-immigration. Le slogan "La Hongrie aux Hongrois" fait mouche.

Il est choquant de voir Viktor Orbán recourir aux chaînes publiques pour opposer Molenbeek et Calais aux terrasses ensoleillées de Budapest, mais ceci n'affecte pas sa majorité de 67 % au parlement.

Une confrontation avec la Hongrie ne fait pas progresser l'économie européenne. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker et la chancelière allemande Angela Merkel l'ont compris et ont d'emblée félicité Viktor Orbán pour sa victoire.

Jean-Claude Juncker a néanmoins rappelé que "l'Union européenne est une union de démocratie et de valeurs. Défendre ces principes et ces valeurs est le devoir commun de tous les États membres, sans exception."

Une confrontation avec la Hongrie ne fait pas progresser l'économie européenne

Par ces mots, il met en garde Viktor Orbán, dont le concept d'état "illibéral" place l'intérêt de la nation au-dessus de la liberté individuelle, et entre en conflit avec la libre circulation des personnes et des biens dans l'Union européenne.

Les projets de Viktor Orbán visant à gêner l'action des organisations non gouvernementales "qui soutiennent l'immigration illégale" et à taxer leurs dons portent atteinte à la liberté d'expression, alors que celle-ci revêt une importance particulière à un moment où la corruption gagne du terrain en Hongrie comme le constate le service anti-fraude de l'UE.

En 2016, la Hongrie a reçu 3,6 milliards d'euros nets de l'Europe. Plus de 95 % des investissements publics hongrois font l'objet d'un cofinancement européen. Veiller à ce que cet argent soit correctement dépensé - et que les entreprises étrangères ne soient pas discriminées - aiderait la Hongrie. Évoquer sans cesse le thème des migrants ne profite qu'à Viktor Orbán.

Traduction : virginie·dupont·sprl