En janvier, l'inflation a atteint dans le pays 48,69% sur un an, selon des chiffres officiels publiés mardi.

En décembre, la hausse des prix à la consommation avait atteint 36,08% en glissement annuel.

L'inflation est devenue un sujet brûlant en Turquie à moins de dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle, l'opposition et certains économistes accusant l'Office national des statistiques (Tüik) de sous-estimer de plus de moitié son ampleur.

Un groupe d'économistes turcs indépendants affirme notamment que l'inflation a dépassé les 110% en janvier.

Cette défiance envers les statistiques officielles a été renforcée par une décision récente du président Recep Tayyip Erdogan, qui a limogé la semaine dernière le directeur du Tuïk, un cinquième remplacement depuis 2019.

Le chef de l'État, accusé d'avoir encouragé la hausse des prix en poussant la banque centrale à abaisser presque systématiquement ses taux d'intérêt ces derniers mois, a promis en janvier de "ramener l'inflation à un chiffre le plus vite possible".

Pour justifier sa politique de "taux bas", M. Erdogan a avancé à plusieurs reprises les préceptes de l'islam, qui interdit l'usure.

À rebours des théories économiques classiques, le président turc estime que les taux d'intérêts élevés favorisent l'inflation.

Mais sa politique monétaire et le manque d'indépendance de la banque centrale - dont M. Erdogan a limogé trois gouverneurs depuis 2019 - n'ont fait qu'accélérer la chute de la monnaie nationale (-44% face au dollar en 2021), entraînant une hausse spectaculaire des prix.

"Avec l'aide de Dieu"

Les Turcs vont devoir "porter le fardeau" de l'inflation encore "quelque temps", a-t-il prévenu lundi, affirmant toutefois qu'"avec l'aide de Dieu nous sommes entrés dans une période où chaque mois sera meilleur que le précédent".

Le ministre turc de l'Économie Nureddin Nebati a également estimé cette semaine que l'inflation atteindrait un pic en avril, "sous la barre des 50%" selon lui.

Mais il avait déjà annoncé précédemment ce pic pour janvier, assurant que l'inflation commencerait ensuite à reculer pour revenir à un chiffre en juin 2023, date prévue pour la prochaine élection présidentielle.

La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans discontinuer depuis début 2017, et n'avait jamais connu une telle hausse des prix à la consommation depuis l'arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan fin 2002.

Pour certains produits de base comme les oeufs, la viande et l'huile, l'inflation est plus forte encore et rend le coût de la vie difficilement soutenable pour une grande partie des Turcs. Le prix des factures d'énergies a également explosé, le pays étant très dépendant des importations.

Dans ce contexte politiquement explosif, la Banque centrale de Turquie a maintenu inchangé fin janvier son principal taux directeur à 14%, une décision destinée à calmer l'inflation et les marchés après quatre mois de baisse consécutive et une fin d'année 2021 cauchemardesque pour la monnaie nationale et les consommateurs.

Le président Erdogan avait par ailleurs relevé le salaire minimum au 1er janvier de 50% (de 2.825,90 à 4.253,40 livres, soit environ 275 euros). Mais cette augmentation a déjà été pour partie effacée par la conjoncture.

Pour tenter d'endiguer la dégringolade de la livre turque, M. Erdogan a annoncé fin décembre la création d'un mécanisme d'épargne permettant d'ajuster la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar.

Cette mesure d'urgence, destinée à encourager les Turcs à placer ou convertir leur épargne en livres, avait été suivie d'un rebond soudain mais temporaire de la monnaie nationale, que de nombreux économistes attribuent à des interventions répétées de la banque centrale turque sur les marchés.

En janvier, l'inflation a atteint dans le pays 48,69% sur un an, selon des chiffres officiels publiés mardi.En décembre, la hausse des prix à la consommation avait atteint 36,08% en glissement annuel.L'inflation est devenue un sujet brûlant en Turquie à moins de dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle, l'opposition et certains économistes accusant l'Office national des statistiques (Tüik) de sous-estimer de plus de moitié son ampleur.Un groupe d'économistes turcs indépendants affirme notamment que l'inflation a dépassé les 110% en janvier.Cette défiance envers les statistiques officielles a été renforcée par une décision récente du président Recep Tayyip Erdogan, qui a limogé la semaine dernière le directeur du Tuïk, un cinquième remplacement depuis 2019.Le chef de l'État, accusé d'avoir encouragé la hausse des prix en poussant la banque centrale à abaisser presque systématiquement ses taux d'intérêt ces derniers mois, a promis en janvier de "ramener l'inflation à un chiffre le plus vite possible".Pour justifier sa politique de "taux bas", M. Erdogan a avancé à plusieurs reprises les préceptes de l'islam, qui interdit l'usure.À rebours des théories économiques classiques, le président turc estime que les taux d'intérêts élevés favorisent l'inflation.Mais sa politique monétaire et le manque d'indépendance de la banque centrale - dont M. Erdogan a limogé trois gouverneurs depuis 2019 - n'ont fait qu'accélérer la chute de la monnaie nationale (-44% face au dollar en 2021), entraînant une hausse spectaculaire des prix.Les Turcs vont devoir "porter le fardeau" de l'inflation encore "quelque temps", a-t-il prévenu lundi, affirmant toutefois qu'"avec l'aide de Dieu nous sommes entrés dans une période où chaque mois sera meilleur que le précédent".Le ministre turc de l'Économie Nureddin Nebati a également estimé cette semaine que l'inflation atteindrait un pic en avril, "sous la barre des 50%" selon lui.Mais il avait déjà annoncé précédemment ce pic pour janvier, assurant que l'inflation commencerait ensuite à reculer pour revenir à un chiffre en juin 2023, date prévue pour la prochaine élection présidentielle.La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans discontinuer depuis début 2017, et n'avait jamais connu une telle hausse des prix à la consommation depuis l'arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan fin 2002. Pour certains produits de base comme les oeufs, la viande et l'huile, l'inflation est plus forte encore et rend le coût de la vie difficilement soutenable pour une grande partie des Turcs. Le prix des factures d'énergies a également explosé, le pays étant très dépendant des importations.Dans ce contexte politiquement explosif, la Banque centrale de Turquie a maintenu inchangé fin janvier son principal taux directeur à 14%, une décision destinée à calmer l'inflation et les marchés après quatre mois de baisse consécutive et une fin d'année 2021 cauchemardesque pour la monnaie nationale et les consommateurs.Le président Erdogan avait par ailleurs relevé le salaire minimum au 1er janvier de 50% (de 2.825,90 à 4.253,40 livres, soit environ 275 euros). Mais cette augmentation a déjà été pour partie effacée par la conjoncture.Pour tenter d'endiguer la dégringolade de la livre turque, M. Erdogan a annoncé fin décembre la création d'un mécanisme d'épargne permettant d'ajuster la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar.Cette mesure d'urgence, destinée à encourager les Turcs à placer ou convertir leur épargne en livres, avait été suivie d'un rebond soudain mais temporaire de la monnaie nationale, que de nombreux économistes attribuent à des interventions répétées de la banque centrale turque sur les marchés.