"Nous n'avons pas d'autres choix que de demander la faillite pour deux des trois sociétés: Thomas Cook Belgique (70 collaborateurs) et Thomas Cook Retail (5 personnes)", a ajouté M. Dekeyser.

Pour la troisième société, Thomas Cook Retail Belgique, qui comprend le siège et les agences, il sera demandé une protection contre les créanciers. "Nous allons demander une procédure dans le cadre de la loi sur la continuité des entreprises (LCE) pour Thomas Cook Retail Belgique. Cela concerne 501 travailleurs dans les agences Neckermann et Thomas Cook", précise M. Dekeyser.

Selon le CEO, il y a des "contacts approfondis" en cours avec des investisseurs pour rendre cette dernière entité partiellement ou totalement rentable.

La protection contre les créanciers n'a pour l'instant pas encore été demandée mais le tour-opérateur va élaborer un plan ces prochains jours pour le présenter au tribunal de l'entreprise. "Nous allons maintenant préparer la procédure LCE, et ce sera ensuite au tribunal de décider", a précisé M. Dekeyser. "Les dernières 36 heures ont été très difficiles et épuisantes. Je tiens à remercier tous les employés pour leur engagement continu dans les agences et au siège."

Le CEO a encore précisé que les salaires de septembre seraient payés.

"Ce matin, quelques vols n'ont pas pu être opérés. En tant que direction belge, nous nous excusons auprès de nos clients", a encore déclaré le CEO. "Tous les clients sont couverts par le fonds de garantie. C'est celui-ci qui décide si un voyage se poursuit ou non."

Thomas Cook emploie environ 600 personnes en Belgique. Chaque année, 700.000 personnes font appel aux services du tour-opérateur (marques Thomas Cook et Neckerman).

"Un petit bain de sang mais cela aurait pu être bien pire", selon le syndicat libéral

Les syndicats avaient un sentiment mitigé après l'annonce de la direction belge de Thomas Cook de solliciter la protection de ses créanciers pour une partie de ses activités. "Nous craignions ce matin de recevoir une terrible nouvelle et nous ressortons avec un double message", a résumé Els De Coster, du syndicat libéral. Septante-cinq personnes vont perdre leur emploi en raison de la faillite de deux entités. "Un petit bain de sang social, mais cela aurait pu être bien pire", a ajouté Mme De Coster.

Les salaires de septembre ont en outre été versés mardi. C'était la première exigence des syndicats.

Les 501 personnes du siège et des magasins Neckermann et Thomas Cook vont pouvoir reprendre le travail mercredi. Les organisations de défense des travailleurs vont maintenant évaluer si ces gens vont pouvoir conserver leur emploi à long terme. "La direction fait de son mieux pour trouver un investisseur. Elle dit être en pourparlers et je la crois", commente Katrien Degryse (BBTK/SETCa).

Le tribunal de l'entreprise doit s'exprimer sur la demande de continuité de l'entreprise (LCE pour loi relative à la continuité des entreprises, NDLR). Si cette demande est approuvée, nous avons "la base pour un plan", estime Patrick Van Holderbeke (ACV/CSC). "Et nous espérons alors que cela pourra correspondre à un nouveau départ pour Thomas Cook Belgique."

Les touristes belges ne pourront toujours pas partir en voyage mercredi

Le tour-opérateur Thomas Cook Belgique vise un redémarrage d'une majeure partie de la société, mais les clients ne pourront toujours pas partir en voyage mercredi, a indiqué mardi la direction lors d'une conférence de presse qui a suivi un conseil d'entreprise.

"Tous les clients qui ont réservé des vacances sous forme de package via Neckermann ou Thomas Cook doivent s'adresser au fonds de garantie", a rappelé la porte-parole Leen Segers. Pour l'instant Thomas Cook Belgique compte 13.400 clients en vacances.

Les personnes ayant réservé des vacances pour lesquelles elles se déplacent avec leur propre voiture ne pourront pas non plus partir mercredi, de même que celles qui ont opté pour une simple réservation d'hôtel. Seuls les voyages d'autres tour-opérateurs, comme le Club Med ou Pegase, qui sont aussi vendus par Thomas Cook, auront bien lieu et les passagers pourront embarquer normalement à bord des vols.

Thomas Cook Belgique vise un redémarrage des activités d'une majeure partie de la société. 501 emplois seraient sauvés, vraisemblablement par une reprise. Deux entités, employant 75 personnes, font toutefois faillite, a indiqué mardi Jan Dekeyser, CEO de la filiale belge, lors d'une conférence de presse.

Les voyageurs doivent donc prendre contact avec le Fonds de garantie des voyages. "Thomas Cook ne peut laisser partir personne. Le fonds de garantie va tout prendre en charge. Ils examinent dossier par dossier s'il y a possibilité de partir ou si le montant du voyage sera remboursé. Le fonds de garantie cherchera un produit équivalent sur le marché auprès d'autres fournisseurs", a indiqué la porte-parole.

Les voyages sous forme de package ne seront plus proposés dans les agences Neckermann ou Thomas Cook. "Nous surveillons la reconstruction du réseau. Des partenaires sont recherchés pour proposer de nouveaux produits. Le temps imparti est trop court pour laisser les voyageurs partir demain (mercredi) mais la situation sera plus claire dans les prochains jours", a noté Mme Segers.

Le fonds de garantie a fait savoir mardi soir qu'aucun départ ne serait plus garanti. Neuf vols retour ont encore eu lieu mercredi. Il s'agissait de vols Brussels Airlines en provenance d'Enfidha et Djerba en Tunisie, Chania et Héraklion en Grèce, Tivat au Monténégro, Tenerife dans les Iles Canaries, Hurghada en Egypte ainsi qu'Alicante et Malaga en Espagne.

"Des informations sur le vol retour de la compagnie turque Tailwind depuis Izmir doivent encore suivre. Le Fonds de garantie ne prend dorénavant plus à sa charge les départs vers des destinations de vacances. Les vols retour du 26 septembre (jeudi) seront annoncés mercredi", a précisé le fonds.