"Que signifie le Brexit ? Eh bien le Brexit signifie Brexit." Près de sept mois après le vote historique des Britanniques pour une sortie de l'Union européenne, la Première ministre ne s'est guère aventurée au-delà de cette formule frustrante pour essayer de qualifier les termes de la rupture à venir.

Seule indication claire: la promesse de déclencher la procédure de divorce d'ici la fin mars, prélude à deux ans de négociations avec Bruxelles.

Le discours de mardi doit marquer une vraie rupture. Il est temps d'abattre les cartes et, à en croire les fuites orchestrées dans la presse, la tendance serait à un Brexit "dur". Ou plutôt "clair et net", dernière appellation en date après les spéculations sur un Brexit "mou", "gris" et "rouge, blanc, bleu".

Au risque de faire souffrir la livre Sterling, qui a déjà piqué du nez lundi, Mme May pourrait ainsi annoncer le prochain retrait du marché unique, de l'union douanière européenne et de la Cour européenne de justice, dans le but de reprendre le contrôle de l'immigration européenne, la priorité N.1 de Londres.

"La triple onde de choc de May sur le Brexit", a d'ores et déjà commenté le tabloïd europhobe The Sun. "No, no, no: le moment Maggie de May", a écrit pour sa part l'ancien député et directeur du site "ConservativeHome" Paul Goodman, en faisant allusion à la célèbre réaction de Margaret Thatcher en 1990 face aux propositions de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne.

Pacifier le pays

En affichant sa volonté de sortir le Royaume-Uni du marché unique, Theresa May montrerait qu'elle a pris acte des mises en garde des Européens, rappelant qu'il n'y aura pas d'accès possible sans respect du principe de libre circulation.

"Nous voulons un nouveau partenariat équitable (...) pas un statut de membre partiel ou associé de l'UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors", doit dire Mme May selon des propos diffusés lundi soir par Downing Street.

La cheffe du gouvernement conservateur doit insister sur la construction d'un Royaume-Uni "ouvert sur le monde" qui signe ses propres accords commerciaux avec des pays du Commonwealth, les géants asiatiques et les Etats-Unis.

Elle a reçu lundi le soutien enthousiaste du président élu américain Donald Trump, qui a annoncé au Times vouloir conclure "très rapidement" un tel accord.

Mais Mme May risque de se heurter à l'intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête, qui refusent une "Europe à la carte".

Anticipant des négociations compliquées, le ministre britannique de l'Economie Philip Hammond a menacé l'UE de se lancer dans un dumping fiscal pour "regagner de la compétitivité", si son pays n'obtient pas ce qu'il désire.

La sortie de M. Hammond a été vivement critiquée par l'opposition travailliste. Selon le député Pat McFadden, une politique de "réduction drastique des impôts et des dépenses publiques mettrait en péril les services publics".

Pour Theresa May, il s'agit non seulement d'exposer son plan mais aussi de pacifier un pays profondément divisé depuis le référendum du 23 juin 2016, remporté avec 52% des voix par les eurosceptiques.

Dans son discours, elle doit appeler ses concitoyens à "mettre de côté les vieilles divisions et s'unir pour faire du Brexit un succès", plaidant pour la fin des "insultes" et de la rancoeur, ont indiqué ses services de Downing Street.

Brexit, ce que l'on sait

Le 23 juin 2016, après plus de 40 ans d'une relation tourmentée avec Bruxelles, le Royaume-Uni a voté pour quitter de l'Union européenne, en faisant le premier pays à emprunter le chemin de la sortie de l'union.

Le calendrier exact et les termes de la rupture restent incertains, les négociations avec Bruxelles n'ayant pas débuté mais voici ce que l'on sait:

- Calendrier:

La Première ministre conservatrice Theresa May a décidé qu'elle activerait l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui déclenchera la procédure de divorce, avant la fin mars.

Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie sauf si elles conviennent de prolonger ce délai.

Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a déclaré vouloir atteindre un accord avant les élections européennes de 2019.

- Immigration et marché unique:

Londres veut pouvoir "retrouver" le contrôle de l'immigration en provenance de l'Union européenne et dans le même temps conserver l'accès au marché unique.

Or ses partenaires européens ont prévenu que la liberté de circulation des biens, services et capitaux était liée à celle des personnes et que ce n'était pas négociable.

Pour la presse dominicale britannique, Theresa May va en conséquence poser mardi les jalons d'un "Brexit dur" avec retrait du marché unique, de l'union douanière européenne et de la Cour européenne de justice.

- Accord de transition:

L'article 50 portera uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

- L'économie fait de la résistance:

Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l'économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin, celle-ci a fait preuve de résilience, comme en attestent une série d'indicateurs récents, dont celui du chômage, stable à 4,8% fin octobre, et une prévision de croissance de 2,1% pour l'ensemble de 2016.

Si l'activité britannique résiste jusqu'à présent, les pouvoirs publics et l'immense majorité des économistes s'attendent cependant à un net coup de frein pour 2017. Des difficultés qui pourraient aussi toucher le bloc des 27.

- Parlement:

La Cour suprême britannique doit dire avant la fin du mois de janvier si Theresa May doit consulter le parlement avant de pouvoir activer l'article 50 du Traité de Lisbonne

S'ils statuent que oui, le gouvernement sera obligé de présenter au Parlement un court projet de loi autorisant le lancement du Brexit, ce qui pourrait retarder le début des négociations.

Bien qu'ils aient défendu en majorité un maintien dans l'UE lors de la campagne du référendum, les députés devraient adopter le projet de loi, de peur de s'attirer les foudres de leurs électeurs.

"Que signifie le Brexit ? Eh bien le Brexit signifie Brexit." Près de sept mois après le vote historique des Britanniques pour une sortie de l'Union européenne, la Première ministre ne s'est guère aventurée au-delà de cette formule frustrante pour essayer de qualifier les termes de la rupture à venir.Seule indication claire: la promesse de déclencher la procédure de divorce d'ici la fin mars, prélude à deux ans de négociations avec Bruxelles.Le discours de mardi doit marquer une vraie rupture. Il est temps d'abattre les cartes et, à en croire les fuites orchestrées dans la presse, la tendance serait à un Brexit "dur". Ou plutôt "clair et net", dernière appellation en date après les spéculations sur un Brexit "mou", "gris" et "rouge, blanc, bleu".Au risque de faire souffrir la livre Sterling, qui a déjà piqué du nez lundi, Mme May pourrait ainsi annoncer le prochain retrait du marché unique, de l'union douanière européenne et de la Cour européenne de justice, dans le but de reprendre le contrôle de l'immigration européenne, la priorité N.1 de Londres."La triple onde de choc de May sur le Brexit", a d'ores et déjà commenté le tabloïd europhobe The Sun. "No, no, no: le moment Maggie de May", a écrit pour sa part l'ancien député et directeur du site "ConservativeHome" Paul Goodman, en faisant allusion à la célèbre réaction de Margaret Thatcher en 1990 face aux propositions de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne.Pacifier le paysEn affichant sa volonté de sortir le Royaume-Uni du marché unique, Theresa May montrerait qu'elle a pris acte des mises en garde des Européens, rappelant qu'il n'y aura pas d'accès possible sans respect du principe de libre circulation."Nous voulons un nouveau partenariat équitable (...) pas un statut de membre partiel ou associé de l'UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors", doit dire Mme May selon des propos diffusés lundi soir par Downing Street.La cheffe du gouvernement conservateur doit insister sur la construction d'un Royaume-Uni "ouvert sur le monde" qui signe ses propres accords commerciaux avec des pays du Commonwealth, les géants asiatiques et les Etats-Unis.Elle a reçu lundi le soutien enthousiaste du président élu américain Donald Trump, qui a annoncé au Times vouloir conclure "très rapidement" un tel accord.Mais Mme May risque de se heurter à l'intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête, qui refusent une "Europe à la carte".Anticipant des négociations compliquées, le ministre britannique de l'Economie Philip Hammond a menacé l'UE de se lancer dans un dumping fiscal pour "regagner de la compétitivité", si son pays n'obtient pas ce qu'il désire.La sortie de M. Hammond a été vivement critiquée par l'opposition travailliste. Selon le député Pat McFadden, une politique de "réduction drastique des impôts et des dépenses publiques mettrait en péril les services publics".Pour Theresa May, il s'agit non seulement d'exposer son plan mais aussi de pacifier un pays profondément divisé depuis le référendum du 23 juin 2016, remporté avec 52% des voix par les eurosceptiques.Dans son discours, elle doit appeler ses concitoyens à "mettre de côté les vieilles divisions et s'unir pour faire du Brexit un succès", plaidant pour la fin des "insultes" et de la rancoeur, ont indiqué ses services de Downing Street.