Réduire le cout du travail est louable, indispensable tant il semble absurde de continuer de financer les besoins essentiels de notre société sur cette base en décroissance. Comme je le défend depuis de nombreuses années, il est aberrant de pénaliser le travail par rapport aux autres ressources : capital, matières premières, outil de production.

Il faut se rappeler que le travail ne doit pas être considéré comme une ressource au service de l'économie mais comme un moyen de bien-être des travailleurs. Nous travaillons pour construire notre vie, pour assumer nos responsabilités envers nos êtres chers ainsi qu'envers la collectivité, pour réaliser nos rêves aussi et contribuer à futur meilleur... Le travail n'est donc pas le but en soi, on ne vit pas pour travailler.

Le travail c'est un moyen de donner à l'humain son humanité : sa dignité, son indépendance, sa liberté, sa place dans la société, sa raison d'être!

Prenons l'exemple de la santé et de la sécurité sociale, dont le financement pèse sur le seul travail, cela alors même que les gains de productivités qui érodent le taux d'occupation de la population active sont fiscalement exonérés et mêmes souvent subsidiés, pour stimuler l'activité économique. Cela représente une incohérence issue d'une époque révolue qui a connu une offre de biens et services inférieure à la demande et des progrès à réaliser au bénéfice direct du travailleur qui s'est vu émanciper des dangers et de la pénibilité de certaines tâches. S'accrocher comme nous le faisons encore à cette base de financement nous mènent à une frustration croissante d'une partie toujours plus importante de la population, voie toute tracée s'il en est à la montée des populismes et au repli identitaire.

Vous l'aurez compris j'adhère à la nécessité de réduire la fiscalité du travail, j'applaudis des deux mains, on n'en est qu'au balbutiement.

Evidemment, lorsque l'on réduit les recettes fiscales d'un côté il faut bien les retrouver ailleurs et l'OCDE propose ses solutions à cet effet.

Et là, il faut s'accrocher ! Augmenter les recettes de TVA et la fiscalité indirecte en général, réduire toutes les niches fiscales, augmenter le précompte immobilier sur les logements et instaurer des péages à Bruxelles et à Anvers pour réduire les embouteillages peu propices au développement économique.

Le travailleur-consommateur verra donc ses impôts, sur son travail, réduits tout comme son pouvoir d'achat car il verra augmenter sa fiscalité indirecte sur toute sa consommation ainsi que sur son logement. Certes, l'employeur y verra une réduction de sa masse salariale ce qui, on l'espère, créera de l'emploi tout en augmentant la compétitivité et sa rentabilité. C'est qui, aux yeux de l'OCDE est supposé être la finalité d'une société démocratique moderne. Est-ce là réellement tout ce que nous pouvons faire ? Cela manque d'ambition et ressemble à de la soumission à des dictats étrangers à notre bien-être ! L'économie doit rester au service de l'humain et on l'inverse. Elle ne peut se limiter à servir les intérêts de quelque uns, elle doit offrir un avenir meilleur pour tous.

Avec les mesures proposées par OCDE, l'entreprise et l'économie sortent gagnantes et c'est l'objectif poursuivi, mission accomplie donc.

Finalement le travailleur-consommateur, lui est encore perdant sur toute la ligne et donc le citoyen aussi. Que vient faire ce dernier dans le raisonnement ? Echanger des taxations liées au niveau de revenu de chacun par des taxes indirectes non proportionnelles, c'est fondamentalement injuste, c'est contraire à l'intérêt du plus grand nombre et donc parfaitement insupportable à l'heure où tant d'inégalités divisent le monde.

L'ordre moral est bafoué, méprisé au profit de nécessités économiques laissant la part belle aux excès du capitalisme. Cela n'est pas digne de nos sociétés démocratiques modernes. Je m'y refuse, je ne peux en faire une fatalité, c'est insupportable.

Il y a pourtant des conciliations possibles, sans négation des nécessités économiques. Je ne suis ni réactionnaire, ni révolutionnaire. Je crois que le capitalisme est le seul système viable parce qu'il colle à l'égoïsme naturel qui nous habite tous. La solution passe selon moi, par le rétablissement d'un ordre moral capable d'orienter les effets du capitalisme, d'en réduire les excès et de l'utiliser comme un moyen de progrès au sens humaniste non économique du terme. En pratique, une juste taxation des autres moyens de production comme le capital, l'outil ou les matières premières. Il faut remettre de l'équité entre les moyens de productions, et pas seulement sur une base linéaire non, sur base de ce que ces moyens apportent à collectivité. Il faut d'arrêter de se limiter à déplacer les bases fiscales de sorte à ce qu'elles touchent toujours au le même travailleur-consommateur !

Dans un raisonnement extrême, je pense même qu'en raison de sa nature, le travail devrait être la seule ressource à ne faire l'objet d'aucun impôt, d'aucune fiscalité ni dans le chef du travailleur ni dans celui de l'employeur. L'absence de recette fiscale qui en résulte nécessiterait une refonte complète du système fiscal. Les compensations doivent être trouvées sur les autres moyens de la production, ainsi que sur la spéculation. Cela offre l'avantage d'avoir une base fiscale directement liée à l'économique, capable de suivre l'évolution de nos besoins en matière d'éducation et de sécurité sociale par exemple.

Si cette réforme en première analyse, amène une réduction de la compétitivité générale, elle devrait être rapidement compensée par l'amélioration tant du taux d'emploi que du pouvoir d'achat de tous les travailleurs. C'est aussi réintroduire la possible viabilité au sein de nos économies d'activités nécessitant une main d'oeuvre importante. En effet, certains secteurs sortiront plus compétitifs que d'autres et de nouveaux équilibres seront à trouver. Cette compétitivité sera dorénavant corrélée positivement à la création de valeur pour tous.

It's time to think out of the box pour la fiscalité aussi. Il faut arrêter de voir la fiscalité seulement comme un outil de financement de la collectivité, nous pouvons l'utiliser aussi pour orienter l'économie afin nous prémunir des excès du capitalisme tant au niveau social qu'au niveau environnemental. Ce sont des choix à poser des décisions, certes courageuses à prendre.

C'est un futur possible auquel il faut croire pour nous motiver à chercher et à trouver les solutions nécessaires. Réconcilier compétitivité, taux d'emploi et revenus individuels est possible encore faut-il le vouloir.

Y-a-t-il encore des politiques suffisamment courageux et visionnaires pour relever cet indispensable défi sans se voiler la face à l'excuse de la prétendue nécessité de faire ces changements au niveau international ? Seront l'exemple du changement ou les témoins impuissant de notre décadence ?

Patrick Van Achter

Réduire le cout du travail est louable, indispensable tant il semble absurde de continuer de financer les besoins essentiels de notre société sur cette base en décroissance. Comme je le défend depuis de nombreuses années, il est aberrant de pénaliser le travail par rapport aux autres ressources : capital, matières premières, outil de production.Il faut se rappeler que le travail ne doit pas être considéré comme une ressource au service de l'économie mais comme un moyen de bien-être des travailleurs. Nous travaillons pour construire notre vie, pour assumer nos responsabilités envers nos êtres chers ainsi qu'envers la collectivité, pour réaliser nos rêves aussi et contribuer à futur meilleur... Le travail n'est donc pas le but en soi, on ne vit pas pour travailler.Le travail c'est un moyen de donner à l'humain son humanité : sa dignité, son indépendance, sa liberté, sa place dans la société, sa raison d'être!Prenons l'exemple de la santé et de la sécurité sociale, dont le financement pèse sur le seul travail, cela alors même que les gains de productivités qui érodent le taux d'occupation de la population active sont fiscalement exonérés et mêmes souvent subsidiés, pour stimuler l'activité économique. Cela représente une incohérence issue d'une époque révolue qui a connu une offre de biens et services inférieure à la demande et des progrès à réaliser au bénéfice direct du travailleur qui s'est vu émanciper des dangers et de la pénibilité de certaines tâches. S'accrocher comme nous le faisons encore à cette base de financement nous mènent à une frustration croissante d'une partie toujours plus importante de la population, voie toute tracée s'il en est à la montée des populismes et au repli identitaire.Vous l'aurez compris j'adhère à la nécessité de réduire la fiscalité du travail, j'applaudis des deux mains, on n'en est qu'au balbutiement.Evidemment, lorsque l'on réduit les recettes fiscales d'un côté il faut bien les retrouver ailleurs et l'OCDE propose ses solutions à cet effet.Et là, il faut s'accrocher ! Augmenter les recettes de TVA et la fiscalité indirecte en général, réduire toutes les niches fiscales, augmenter le précompte immobilier sur les logements et instaurer des péages à Bruxelles et à Anvers pour réduire les embouteillages peu propices au développement économique.Le travailleur-consommateur verra donc ses impôts, sur son travail, réduits tout comme son pouvoir d'achat car il verra augmenter sa fiscalité indirecte sur toute sa consommation ainsi que sur son logement. Certes, l'employeur y verra une réduction de sa masse salariale ce qui, on l'espère, créera de l'emploi tout en augmentant la compétitivité et sa rentabilité. C'est qui, aux yeux de l'OCDE est supposé être la finalité d'une société démocratique moderne. Est-ce là réellement tout ce que nous pouvons faire ? Cela manque d'ambition et ressemble à de la soumission à des dictats étrangers à notre bien-être ! L'économie doit rester au service de l'humain et on l'inverse. Elle ne peut se limiter à servir les intérêts de quelque uns, elle doit offrir un avenir meilleur pour tous.Avec les mesures proposées par OCDE, l'entreprise et l'économie sortent gagnantes et c'est l'objectif poursuivi, mission accomplie donc.Finalement le travailleur-consommateur, lui est encore perdant sur toute la ligne et donc le citoyen aussi. Que vient faire ce dernier dans le raisonnement ? Echanger des taxations liées au niveau de revenu de chacun par des taxes indirectes non proportionnelles, c'est fondamentalement injuste, c'est contraire à l'intérêt du plus grand nombre et donc parfaitement insupportable à l'heure où tant d'inégalités divisent le monde.L'ordre moral est bafoué, méprisé au profit de nécessités économiques laissant la part belle aux excès du capitalisme. Cela n'est pas digne de nos sociétés démocratiques modernes. Je m'y refuse, je ne peux en faire une fatalité, c'est insupportable.Il y a pourtant des conciliations possibles, sans négation des nécessités économiques. Je ne suis ni réactionnaire, ni révolutionnaire. Je crois que le capitalisme est le seul système viable parce qu'il colle à l'égoïsme naturel qui nous habite tous. La solution passe selon moi, par le rétablissement d'un ordre moral capable d'orienter les effets du capitalisme, d'en réduire les excès et de l'utiliser comme un moyen de progrès au sens humaniste non économique du terme. En pratique, une juste taxation des autres moyens de production comme le capital, l'outil ou les matières premières. Il faut remettre de l'équité entre les moyens de productions, et pas seulement sur une base linéaire non, sur base de ce que ces moyens apportent à collectivité. Il faut d'arrêter de se limiter à déplacer les bases fiscales de sorte à ce qu'elles touchent toujours au le même travailleur-consommateur !Dans un raisonnement extrême, je pense même qu'en raison de sa nature, le travail devrait être la seule ressource à ne faire l'objet d'aucun impôt, d'aucune fiscalité ni dans le chef du travailleur ni dans celui de l'employeur. L'absence de recette fiscale qui en résulte nécessiterait une refonte complète du système fiscal. Les compensations doivent être trouvées sur les autres moyens de la production, ainsi que sur la spéculation. Cela offre l'avantage d'avoir une base fiscale directement liée à l'économique, capable de suivre l'évolution de nos besoins en matière d'éducation et de sécurité sociale par exemple.Si cette réforme en première analyse, amène une réduction de la compétitivité générale, elle devrait être rapidement compensée par l'amélioration tant du taux d'emploi que du pouvoir d'achat de tous les travailleurs. C'est aussi réintroduire la possible viabilité au sein de nos économies d'activités nécessitant une main d'oeuvre importante. En effet, certains secteurs sortiront plus compétitifs que d'autres et de nouveaux équilibres seront à trouver. Cette compétitivité sera dorénavant corrélée positivement à la création de valeur pour tous.It's time to think out of the box pour la fiscalité aussi. Il faut arrêter de voir la fiscalité seulement comme un outil de financement de la collectivité, nous pouvons l'utiliser aussi pour orienter l'économie afin nous prémunir des excès du capitalisme tant au niveau social qu'au niveau environnemental. Ce sont des choix à poser des décisions, certes courageuses à prendre.C'est un futur possible auquel il faut croire pour nous motiver à chercher et à trouver les solutions nécessaires. Réconcilier compétitivité, taux d'emploi et revenus individuels est possible encore faut-il le vouloir.Y-a-t-il encore des politiques suffisamment courageux et visionnaires pour relever cet indispensable défi sans se voiler la face à l'excuse de la prétendue nécessité de faire ces changements au niveau international ? Seront l'exemple du changement ou les témoins impuissant de notre décadence ?Patrick Van Achter