Le colloque organisé au sein des bâtiments de la CGSP, au coeur de Bruxelles, a réuni quelque 170 personnes. L'occasion, à un petit mois des élections, "d'objectiver les observations de terrain" des deux organisations. Fortes des constats réaffirmés par les experts à la tribune, la FGTB et Solidaris appellent à la mise sur pied d'un projet de société "socialement plus juste" qui devra, selon elles, reposer sur une triple réforme fiscale, sociale et économique. Le premier pilier, fiscal, repose sur une globalisation de l'impôt (que chaque euro soit taxé de la même manière, qu'il vienne du travail, du capital, des revenus locatifs, ...) ainsi que sur une lutte attentive à la fraude fiscale et la fin des réductions de "cotisations sociales inconsidérées et sans contrepartie de création d'emplois".

Le deuxième concerne le pouvoir d'achat et implique - grand combat du syndicat socialiste - une hausse du salaire minimum à 14 euros bruts de l'heure et le relèvement de la pension minimum à 1.500 euros par mois. Enfin, les deux organisations appellent à un renforcement du financement de la sécurité sociale, au relèvement des allocations sociales minimales au-dessus du seuil de pauvreté, et Solidaris plaide toujours pour le remboursement complet des soins de santé de première ligne.

Pour financer tout ça? "Il y a de fameuses poches", estime Jean-Pascal Labille, citant notamment "l'absence de lutte contre l'évasion fiscale" qui voit s'envoler chaque année 30,4 milliards d'euros des caisses de l'Etat, selon des calculs du groupe des socialistes et démocrates (S&D) du Parlement européen. "Notre message s'adresse à tous les partis", souligne le président de la FGTB Robert Vertenueil. "L'Etat est censé protéger les citoyens et ne le fait plus, ça crée de la méfiance envers le monde politique." Pour M. Labille, "le monde politique retrouvera de la crédibilité quand il prendra une décision en tenant compte d'autres impacts que le seul budgétaire".