Sale temps pour les journalistes politiques. Les médias et les politiques sont en effet les deux seules catégories d'acteurs de la vie institutionnelle à afficher un taux de confiance de la population wallonne en dessous de 50% , nous apprend le baromètre social publié par l'Iweps (Institut wallon pour l'évaluation, la prospective et la statistique). Dans la foulée des affaires Publifin, Samusocial ou du Kazakhgate, on ne s'étonnera pas trop de lire que plus d'un Wallon sur deux (59%) pense que la corruption est utilisée par certains acteurs " pour avoir accès à des privilèges ou des enrichissements illégitimes " et que les deux tiers des Wallons e...

Sale temps pour les journalistes politiques. Les médias et les politiques sont en effet les deux seules catégories d'acteurs de la vie institutionnelle à afficher un taux de confiance de la population wallonne en dessous de 50% , nous apprend le baromètre social publié par l'Iweps (Institut wallon pour l'évaluation, la prospective et la statistique). Dans la foulée des affaires Publifin, Samusocial ou du Kazakhgate, on ne s'étonnera pas trop de lire que plus d'un Wallon sur deux (59%) pense que la corruption est utilisée par certains acteurs " pour avoir accès à des privilèges ou des enrichissements illégitimes " et que les deux tiers des Wallons estiment que " la plupart des décisions politiques ne servent pas le bien-être de tous et de toutes ". Traduction de cette crise de confiance : un Wallon sur deux n'irait pas systématiquement voter, si le vote n'était plus obligatoire. La proportion oscille entre 44% de participation pour les élections européennes et 56% pour les communales. Des niveaux très faibles mais, si l'on veut être optimiste, on relèvera qu'ils n'ont guère évolué ces 10 dernières années. Il n'y aurait donc pas d'intensification du rejet de la politique. " Les gens sont très critiques, ils ont le sentiment de ne pas être écoutés. Mais si l'on compare à la France, nous ne sommes pas dans une optique d'abandon de toute forme de participation à la vie politique, nuance Rebecca Cardelli, attachée scientifique à l'Iweps. Etre critique par rapport au fonctionnement des institutions, c'est plutôt une réaction saine en démocratie. " Cette analyse, plus optimiste, repose sur un triple constat. D'abord, les Wallons restent quasi unanimes pour affirmer que, malgré tous ses défauts, la démocratie est le moins mauvais des systèmes politiques. Ensuite, même si l'affiliation aux partis et aux syndicats est en chute libre (nombre de membres divisé par trois en 15 ans), les gens restent très actifs dans le monde associatif : 46% sont membres d'au moins une association (et 21% de plusieurs ! ), un niveau constant depuis 2003. Enfin, on voit que l'administration, l'Etat belge ou la Région wallonne affichent tous des niveaux de confiance aux alentours des 70%. La confiance est même à la hausse pour les services d'ordre, la justice ou les soins de santé. S'il y a une nette méfiance envers les acteurs et le fonctionnement, il n'existe en revanche aucun rejet et, au contraire, " un attachement " des Wallons au système institutionnel, pointe l'Iweps. " Il faut repolitiser la démocratie, suggère Rebecca Cardelli. Il faut imaginer des formules qui offrent davantage de place aux citoyens dans le processus de décision. " Nous avons vu le bas de ce baromètre de confiance. Mais qui trône tout en haut ? Les enseignants. Et oui, ceux-là même que l'on vilipende volontiers lors des enquêtes Pisa et autres. " Les enseignants sont perçus comme des acteurs de proximité, analyse Thierry Bornand, chargé de recherche à l'Iweps. Plus les acteurs sont proches, plus on leur fait confiance. " Les enseignants arrivent en effet juste derrière la famille, les amis et les voisins, c'est-à-dire le réseau de proximité par essence. L'enseignement, en tant qu'institution, se retrouve 10 points derrière le corps professoral dans ce baromètre de confiance.