Cette fois, c'en est trop. Steven Vandeput, ministre de la Défense, n'a plus envie de rempiler à son poste de ministre si l'opportunité se présentait après les élections de 2019. L'entrepreneur limbourgeois, élu de la N-VA, semble dépassé par le dossier du remplacement des avions F-16 par 34 nouveaux avions. Il espérait finaliser cette année une opération régulièrement repoussée par les précédents gouvernements. " J'ai besoin d'air frais ", a-t-il expliqué au quotidien flamand Het Nieuwsblad.
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Cette fois, c'en est trop. Steven Vandeput, ministre de la Défense, n'a plus envie de rempiler à son poste de ministre si l'opportunité se présentait après les élections de 2019. L'entrepreneur limbourgeois, élu de la N-VA, semble dépassé par le dossier du remplacement des avions F-16 par 34 nouveaux avions. Il espérait finaliser cette année une opération régulièrement repoussée par les précédents gouvernements. " J'ai besoin d'air frais ", a-t-il expliqué au quotidien flamand Het Nieuwsblad. Une cachotterie de gradés a mis le ministre en difficulté face à l'opposition, qui a eu vent d'un document de Lockheed Martin sur la possibilité de prolonger la vie des F-16 actuels. Donc, peut-être, de repousser leur remplacement. Steven Vandeput, qui n'avait pas connaissance de l'étude, est ébranlé face à l'opposition, qui voit là une faille dans sa stratégie d'achat. Le voilà harcelé de questions à la commission de la Défense du Parlement, notamment par le cdH Georges Dallemagne ou le sp.a Dirk Van der Maelen. Le document de Lockheed Martin pourrait rendre caduque l'argumentation du gouvernement et du ministre, qui ont fixé à 2023 le début du remplacement des avions militaires, au moment où ils atteindront les 8.000 heures de vol, un plafond impératif. Cette prolongation pourrait atteindre six ans. Le Premier ministre a demandé un audit sur ce rapport et plusieurs gradés, dont le colonel Harry van Pee, chef du staff étudiant le renouvellement du F-16, se sont mis en congé provisoire de leur fonction. Les résultats sont attendus pour le 18 avril. Rien ne dit, à ce stade, que cette prolongation puisse s'appliquer à toute la flotte actuelle des 54 F-16, ni qu'elle soit réaliste. " Il ne suffit pas de prolonger la vie des avions, il faut aussi mettre à jour les systèmes de l'avion, les pods d'armement ou les contre-mesures électroniques notamment, indique Denis Jacqmin, chercheur au Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP). Ces investissements étaient mutualisés entre les forces européennes équipées en F-16, mais la Belgique étant l'une des dernières à l'utiliser, elle devra assurer ce coût seule. " Le chercheur estime que le coût évoqué d'un milliard d'euros, hors systèmes, pour la prolongation des F-16 est finalement élevé pour quelques années de rabiot. Alors que la commande des 34 avions neufs est évaluée par l'armée à 3,412 milliards d'euros. La première conséquence de cette mini-crise est le gel temporaire du dossier. Le SPF Défense est en plein processus d'analyse des propositions des deux seuls candidats ayant suivi la procédure, les Etats-Unis avec le F-35, et la Grande-Bretagne avec l'Eurofighter. Une décision est attendue pour l'été. La France avec l'offre du Rafale de Dassault Aviation n'a pas répondu à la procédure belge, mais souhaite être prise en considération, sur la base d'un accord stratégique entre les deux pays. Visiblement, Steven Vandeput aurait bien écarté d'office cette offre hors procédure, mais les membres MR du gouvernement aimeraient qu'elle soit prise en considération. Un audit juridique est en cours pour voir si cette hypothèse est jouable. Cela commence à faire beaucoup d'audits. Il vaut mieux, toutefois, que les doutes soient levés avant toute décision sur le renouvellement des F-16. L'histoire récente des commandes militaires est pleine de révélations tardives, de procès et de fins de carrière politique précipitées.