Après avoir reçu les organisations syndicales et patronales les unes après les autres mercredis, le Premier ministre français Edouard Philippe les réunit ensemble jeudi dans l'après-midi. Objectif: trouver une sortie à la crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre. Le mouvement entraîne de grosses tensions et d'énormes embouteillages. De nombreux usagers des transports publics expriment leur lassitude, inquiets également de savoir s'ils pourront rejoindre leurs familles en train pour fêter Noël.

Les secteurs du commerce et du tourisme, qui sont entrés dans une période stratégique pour leur chiffre d'affaire avec les fêtes de fin d'année, sont affectés par cette grève et exhortent à une trêve. Mais à l'issue des réunions entre les syndicats et Edouard Philippe mercredi, la situation est toujours bloquée. "Entre Philippe et les syndicats, le dialogue de sourds se poursuit", titre jeudi le quotidien Le Figaro. "Réforme des retraites: ça papote et ça patine", commente le journal Libération.

Laurent Berger, dirigeant du premier syndicat du pays (CFDT), a estimé mercredi soir qu'on était "très, très loin d'un accord" permettant de mettre un terme à la grève dans les transports, à quelques jours de Noël.

- Manifestations prévues jeudi -

L'intersyndicale (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU), qui réclame le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites, s'est entendue pour organiser des actions jusqu'à fin décembre. Et ce dès jeudi: des cortèges sont prévus dans plusieurs villes, même si ces initiatives à caractère local devraient être moins massives que les manifestations des 5 et 17 décembre (respectivement 806.000 et 615.000 personnes dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, contre 1,5 et 1,8 milion, selon le syndicat CGT en tête de la contestation). A Paris, un défilé reliera deux gares dans l'après-midi.

Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme l'un des plus protecteurs au monde. Le système à points voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux conducteurs de train de partir plus tôt. L'exécutif français promet un dispositif "plus juste", quand les opposants à la réforme redoutent une "précarisation" des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.

C'est l'ajout à cette réforme d'un "âge d'équilibre" (64 ans en 2027) qui a poussé dans la rue les syndicats réformateurs (comme la CFDT) favorables à la retraite à points: cet âge vise à maintenir l'équilibre financier du système, chacun pouvant continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après. Il s'agit d'une incitation "forte" à partir à 64 ans, a concédé le Premier ministre.

Les détracteurs du projet comptent sur l'impopularité du président français Emmanuel Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation depuis plus d'un an du mouvement social des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux et parmi les étudiants, les policiers et les agriculteurs.

Cette réforme est une promesse de campagne du président Macron, qui a fait de la "transformation" du pays la raison d'être de son quinquennat. Il joue donc gros dans ce conflit. Sans s'exprimer directement, il a tout de même fait savoir mercredi qu'il était "disposé" à "améliorer" le projet.

Au 15e jour d'une grève illimitée, même si un léger mieux est attendu, les difficultés continuent pour les usagers de la régie des transports parisiens RATP et ceux de la compagnie ferroviaire nationale SNCF, qui va dire dans la journée quels trains circuleront entre le 23 et le 26 décembre.

La compagnie fait circuler jeudi 2 trains à grande vitesse sur 5, 4 trains régionaux sur 10 et un train de banlieue en région parisienne sur 4. Du côté de la RATP, six lignes de métro restent fermées.

Sur les routes de région parisienne, le trafic était moins dense que ces derniers jours, avec "seulement" 320 km de bouchons vers 07H50 (06H50 GMT), selon un site d'informations routières.

Après avoir reçu les organisations syndicales et patronales les unes après les autres mercredis, le Premier ministre français Edouard Philippe les réunit ensemble jeudi dans l'après-midi. Objectif: trouver une sortie à la crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre. Le mouvement entraîne de grosses tensions et d'énormes embouteillages. De nombreux usagers des transports publics expriment leur lassitude, inquiets également de savoir s'ils pourront rejoindre leurs familles en train pour fêter Noël.Les secteurs du commerce et du tourisme, qui sont entrés dans une période stratégique pour leur chiffre d'affaire avec les fêtes de fin d'année, sont affectés par cette grève et exhortent à une trêve. Mais à l'issue des réunions entre les syndicats et Edouard Philippe mercredi, la situation est toujours bloquée. "Entre Philippe et les syndicats, le dialogue de sourds se poursuit", titre jeudi le quotidien Le Figaro. "Réforme des retraites: ça papote et ça patine", commente le journal Libération. Laurent Berger, dirigeant du premier syndicat du pays (CFDT), a estimé mercredi soir qu'on était "très, très loin d'un accord" permettant de mettre un terme à la grève dans les transports, à quelques jours de Noël.- Manifestations prévues jeudi -L'intersyndicale (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU), qui réclame le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites, s'est entendue pour organiser des actions jusqu'à fin décembre. Et ce dès jeudi: des cortèges sont prévus dans plusieurs villes, même si ces initiatives à caractère local devraient être moins massives que les manifestations des 5 et 17 décembre (respectivement 806.000 et 615.000 personnes dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, contre 1,5 et 1,8 milion, selon le syndicat CGT en tête de la contestation). A Paris, un défilé reliera deux gares dans l'après-midi.Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme l'un des plus protecteurs au monde. Le système à points voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux conducteurs de train de partir plus tôt. L'exécutif français promet un dispositif "plus juste", quand les opposants à la réforme redoutent une "précarisation" des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.C'est l'ajout à cette réforme d'un "âge d'équilibre" (64 ans en 2027) qui a poussé dans la rue les syndicats réformateurs (comme la CFDT) favorables à la retraite à points: cet âge vise à maintenir l'équilibre financier du système, chacun pouvant continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après. Il s'agit d'une incitation "forte" à partir à 64 ans, a concédé le Premier ministre. Les détracteurs du projet comptent sur l'impopularité du président français Emmanuel Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation depuis plus d'un an du mouvement social des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux et parmi les étudiants, les policiers et les agriculteurs.Cette réforme est une promesse de campagne du président Macron, qui a fait de la "transformation" du pays la raison d'être de son quinquennat. Il joue donc gros dans ce conflit. Sans s'exprimer directement, il a tout de même fait savoir mercredi qu'il était "disposé" à "améliorer" le projet.Au 15e jour d'une grève illimitée, même si un léger mieux est attendu, les difficultés continuent pour les usagers de la régie des transports parisiens RATP et ceux de la compagnie ferroviaire nationale SNCF, qui va dire dans la journée quels trains circuleront entre le 23 et le 26 décembre.La compagnie fait circuler jeudi 2 trains à grande vitesse sur 5, 4 trains régionaux sur 10 et un train de banlieue en région parisienne sur 4. Du côté de la RATP, six lignes de métro restent fermées.Sur les routes de région parisienne, le trafic était moins dense que ces derniers jours, avec "seulement" 320 km de bouchons vers 07H50 (06H50 GMT), selon un site d'informations routières.