La révocation par Washington de ce statut spécial, en réaction au projet chinois d'imposer à Hong Kong une nouvelle loi sur la sécurité, pourrait en effet bouleverser la situation économique du territoire si l'administration de Donald Trump décidait désormais d'imposer des sanctions, de nouveaux droits de douanes ou des restrictions au commerce.

- Quel est ce statut spécial? -

La rétrocession de Hong Kong s'est faite au nom du principe "Un pays, deux systèmes" qui a permis au territoire de conserver des libertés inconnues en Chine continentale, en particulier une économie libre, une justice indépendante, la liberté d'expression et un Parlement partiellement élu au suffrage universel.

Ces dérogations ont amené nombre de pays, comme les Etats-Unis, à voter des lois les autorisant à traiter Hong Kong comme une entité commerciale distincte du régime autoritaire chinois.

Ces mesures impliquent notamment l'exemption de visas, le régime de change fixe entre les dollars hongkongais et américain, mais aussi des lois favorables aux entreprises, notamment un système fiscal accommodant et une protection juridique qui n'existerait pas en Chine.

Ce traitement de faveur a permis à Hong Kong de rester un centre financier international qui rivalise avec Londres et New York et est la quatrième place financière mondiale.

Si Washington opte pour la fermeté, c'est "toute la connectivité financière entre la Chine et l'économie libre" qui sera menacée, estime Robert Spalding, expert des relations sino-américaines à l'Hudson Institute.

"Les actions, les obligations, les transactions financières... Tout cela pourrait être mis en péril", a-t-il dit à Bloomberg News.

- Et maintenant? -

Les experts estiment que la balle est dans le camp de Donald Trump.

Julian Ku, spécialiste du droit international à l'Université Hofstra, aux Etats-Unis, considère que le président américain a "une grande marge de manoeuvre".

"Il pourrait modifier le régime de droits de douane de Hong Kong pour l'aligner sur celui de la Chine, ou il pourrait modifier la façon dont Hong Kong est traité aux termes de la loi sur le contrôle des exportations pour rendre les exportations de produits technologiques plus compliquées, ou il pourrait faire les deux", a-t-il dit à l'AFP.

Mais M. Ku parie sur une approche plus mesurée.

"Je m'attends à ce qu'il prenne des mesures importantes pour montrer à la Chine qu'il prend ces choses au sérieux. Mais je ne m'attends pas à ce qu'il change toutes les lois américaines qui s'appliquent à Hong Kong", a-t-il ajouté. "Il se retiendra sur certains aspects pour donner à Pékin la possibilité de faire machine arrière."

Le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie orientale, David Stilwell, a expliqué aux journalistes que l'objectif était "un changement de comportement" de la Chine, tout en reconnaissant qu'il était improbable que Pékin modifie sa trajectoire.

- Est-ce la "fin" de Hong Kong? -

Les entreprises américaines pourraient être lourdement pénalisées par toute mesure de rétorsion contre Hong Kong.

A en croire le Service de recherche du Congrès américain, environ 300 entreprises américaines ont un siège régional à Hong Kong.

En 2018, c'est avec Hong Kong que l'excédent commercial américain était le plus élevé (31,1 milliards de dollars). Mais l'attitude à l'égard de la Chine ne cesse de se durcir au sein de l'administration Trump, en particulier en raison de la pandémie de coronavirus.

Hong Kong reste un territoire capital pour Pékin, notamment pour les entreprises chinoises cherchant des devises étrangères ou souhaitant traiter avec des banques ou des courtiers internationaux.

Mais l'ex-colonie britannique n'est plus aussi cruciale qu'elle a pu l'être. En 2019, 12% des exportations chinoises ont été à destination de Hong Kong ou ont transité par la ville. Cette proportion était de 45% en 1992.

La révocation par Washington de ce statut spécial, en réaction au projet chinois d'imposer à Hong Kong une nouvelle loi sur la sécurité, pourrait en effet bouleverser la situation économique du territoire si l'administration de Donald Trump décidait désormais d'imposer des sanctions, de nouveaux droits de douanes ou des restrictions au commerce.- Quel est ce statut spécial? -La rétrocession de Hong Kong s'est faite au nom du principe "Un pays, deux systèmes" qui a permis au territoire de conserver des libertés inconnues en Chine continentale, en particulier une économie libre, une justice indépendante, la liberté d'expression et un Parlement partiellement élu au suffrage universel.Ces dérogations ont amené nombre de pays, comme les Etats-Unis, à voter des lois les autorisant à traiter Hong Kong comme une entité commerciale distincte du régime autoritaire chinois.Ces mesures impliquent notamment l'exemption de visas, le régime de change fixe entre les dollars hongkongais et américain, mais aussi des lois favorables aux entreprises, notamment un système fiscal accommodant et une protection juridique qui n'existerait pas en Chine.Ce traitement de faveur a permis à Hong Kong de rester un centre financier international qui rivalise avec Londres et New York et est la quatrième place financière mondiale. Si Washington opte pour la fermeté, c'est "toute la connectivité financière entre la Chine et l'économie libre" qui sera menacée, estime Robert Spalding, expert des relations sino-américaines à l'Hudson Institute."Les actions, les obligations, les transactions financières... Tout cela pourrait être mis en péril", a-t-il dit à Bloomberg News. - Et maintenant? - Les experts estiment que la balle est dans le camp de Donald Trump.Julian Ku, spécialiste du droit international à l'Université Hofstra, aux Etats-Unis, considère que le président américain a "une grande marge de manoeuvre"."Il pourrait modifier le régime de droits de douane de Hong Kong pour l'aligner sur celui de la Chine, ou il pourrait modifier la façon dont Hong Kong est traité aux termes de la loi sur le contrôle des exportations pour rendre les exportations de produits technologiques plus compliquées, ou il pourrait faire les deux", a-t-il dit à l'AFP.Mais M. Ku parie sur une approche plus mesurée."Je m'attends à ce qu'il prenne des mesures importantes pour montrer à la Chine qu'il prend ces choses au sérieux. Mais je ne m'attends pas à ce qu'il change toutes les lois américaines qui s'appliquent à Hong Kong", a-t-il ajouté. "Il se retiendra sur certains aspects pour donner à Pékin la possibilité de faire machine arrière."Le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie orientale, David Stilwell, a expliqué aux journalistes que l'objectif était "un changement de comportement" de la Chine, tout en reconnaissant qu'il était improbable que Pékin modifie sa trajectoire.- Est-ce la "fin" de Hong Kong? -Les entreprises américaines pourraient être lourdement pénalisées par toute mesure de rétorsion contre Hong Kong.A en croire le Service de recherche du Congrès américain, environ 300 entreprises américaines ont un siège régional à Hong Kong.En 2018, c'est avec Hong Kong que l'excédent commercial américain était le plus élevé (31,1 milliards de dollars). Mais l'attitude à l'égard de la Chine ne cesse de se durcir au sein de l'administration Trump, en particulier en raison de la pandémie de coronavirus.Hong Kong reste un territoire capital pour Pékin, notamment pour les entreprises chinoises cherchant des devises étrangères ou souhaitant traiter avec des banques ou des courtiers internationaux.Mais l'ex-colonie britannique n'est plus aussi cruciale qu'elle a pu l'être. En 2019, 12% des exportations chinoises ont été à destination de Hong Kong ou ont transité par la ville. Cette proportion était de 45% en 1992.