Dans un long discours à la Sorbonne, la prestigieuse université située à Paris, Emmanuel Macron a révélé ses plans pour une nouvelle Europe. Le président français a énuméré une liste impressionnante de projets: un impôt européen sur les transactions financières, une agence européenne pour l'innovation, un renouvellement de la politique agricole et la création d'une vingtaine d'universités européennes, tout a été abordé. "Le président a voulu donner un discours historique, mais il aurait mieux fait de se concentrer sur un seul thème", consi...

Dans un long discours à la Sorbonne, la prestigieuse université située à Paris, Emmanuel Macron a révélé ses plans pour une nouvelle Europe. Le président français a énuméré une liste impressionnante de projets: un impôt européen sur les transactions financières, une agence européenne pour l'innovation, un renouvellement de la politique agricole et la création d'une vingtaine d'universités européennes, tout a été abordé. "Le président a voulu donner un discours historique, mais il aurait mieux fait de se concentrer sur un seul thème", considère Jan Van Hove, économiste en chef de KBC. "Vouloir réaliser beaucoup de projets en même temps ne conduit en général à rien en Europe."Les projets présentés coûtent en général beaucoup d'argent, selon Van Hove. "Macron désire que l'Europe investisse dans l'innovation, dans la défense, dans les technologies écologiques et encore bien plus. Ce que Macron dit en réalité, c'est: 'Nous, Français, ne pouvons pas le payer. Nous renvoyons toutes nos priorités vers l'Union Européenne, qui devra dès lors payer.' N'oubliez pas que la France porte une dette publique de 100% du PIB, contre 60% en Allemagne. Il est clair que la France n'a pas l'argent pour développer elle-même quelque chose."Un exemple est la voiture verte. "Macron réalise bien que l'Allemagne peut jouer la carte de l'écologie, certainement si les Verts intègrent la coalition gouvernementale allemande. Dans ce cas, l'Allemagne deviendra le leader de l'évolution verte dans le secteur automobile. Macron n'a pas l'argent pour contrebalancer les développements industriels allemands, comme dans le secteur automobile. Il plaide donc pour en faire une sorte de projet européen. Cela sonne bien, mais Macron désire en réalité éviter que la France accumule encore davantage de retard sur l'Allemagne."C'est bien que l'Europe investisse davantage. Mais pendant des années, les Etats membres ont actionné le frein budgétaire. "Pour financer les projets de Macron, le budget européen doit être plus élevé", explique Van Hove. "Mais cette volonté politique existe-t-elle ? Macron parle bien d'une sorte de taxe carbone, mais il ne dit pas s'il s'agit d'un impôt national ou européen. Les impôts européens ne sont pas prévus dans les traités européens. Macron veut-il dès lors que l'UE puisse s'endetter ? Il ne dit rien de tout cela. Macron a également parlé d'un budget européen commun, mais il n'a pas dit d'où l'argent doit venir." La conclusion est donc que Macron est resté beaucoup trop vague. "Beaucoup de bonnes intentions, ça oui", dit Van Hove. "C'est beau comme le président français se mouille pour plus d'Europe. Mais il va devoir trouver les moyens. Discours inspirant ? Oui, certainement. Réaliste ? Non."