"L'environnement n'est qu'un prétexte ", s'offusque Jennifer Janzen, porte-parole d'A4E, l'association européenne des compagnies aériennes. Celle-ci attaque les projets de taxes environnementales sur le transport aérien qui fleurissent dans plusieurs pays européens. La Suède en a créé une au printemps, les Pays-Bas ajouteront 7 euros par ticket à partir de 2021, à charge du voyageur. La Flandre aimerait suivre le mouvement pour les aéroports situés ...

"L'environnement n'est qu'un prétexte ", s'offusque Jennifer Janzen, porte-parole d'A4E, l'association européenne des compagnies aériennes. Celle-ci attaque les projets de taxes environnementales sur le transport aérien qui fleurissent dans plusieurs pays européens. La Suède en a créé une au printemps, les Pays-Bas ajouteront 7 euros par ticket à partir de 2021, à charge du voyageur. La Flandre aimerait suivre le mouvement pour les aéroports situés sur son territoire. " Les gouvernements surfent sur la vague verte pour chercher de nouveaux revenus. En fait, cet argent ne servira pas à améliorer l'environnement ", prétend Jennifer Janzen Cette volonté de fiscaliser le transport aérien est dans l'air du temps. Le régime fiscal du secteur est en effet fort critiqué : il n'y a pas de TVA sur les tickets d'avion ni d'accises sur le kérosène, juste des redevances d'aéroport... Quelques pays taxent déjà. " Il y en a six dans le monde, tous en Europe, poursuit la porte-parole. La taxe la plus lourde est imposée par le Royaume-Uni", qui ajoute effectivement 13 livres au billet en classe économique. Les petits pays ont plus de difficulté à taxer car ils prennent le risque de perdre du trafic, vu la proximité des aéroports des pays voisins. Les Pays-Bas et l'Irlande ont déjà essayé dans le passé. Pareille fiscalité a été envisagée en Belgique en 2009 et 2012. Aujourd'hui, les Pays-Bas remettent le couvert car Schiphol arrive à saturation (63 millions de passagers en 2017, soit trois fois le trafic de Brussels Airport). Une telle taxe figure déjà dans le plan Climat du gouvernement flamand, à partir de 2021, mais elle est subordonnée à un accord européen. Cette perspective inquiète Brussels Airlines. " Nous payons déjà une contribution dans le cadre du programme européen ETS ( Emission tradition system, Ndlr), explique Wencke Lemmes, porte-parole de la compagnie. On pourrait déjà gagner 10% de réduction des émissions si on optimisait le ciel européen. Les avions doivent encore faire trop de détours. " La compagnie TUI Fly marque, elle, une opposition plus modérée. " Elle n'est pas opposée à une taxe aérienne, dans la mesure où les recettes profitent réellement à l'environnement et aux riverains ", indique Sarah Saucin, la porte-parole.