En Europe, on croit que ce candidat est exécré par l'establishment en raison de ses pitreries. Mais en réalité, c'est surtout parce qu'il est considéré comme trop tiède, et fort peu libéral. Par ailleurs, les dirigeants du parti républicain reprochent à Donald Trump de ne rouler que pour lui. Ils n'ont pas tort, et toutes les ambassades à Washington sont aujourd'hui harcelées de questions sur ce drôle de candidat par leurs gouvernements respectifs.

Si l'establishment républicain exècre Donald Trump, c'est surtout parce qu'il est considéré comme trop tiède et fort peu libéral

Il semblerait que les négociateurs de certains contrats ou deals entre Etats sont mis sous pression pour que ces contrats soient signés avant une éventuelle élection d'un Donald Trump à la Maison Blanche. Il est vrai que ce candidat est insaisissable, il est même impossible de savoir ce qu'il veut vraiment.

Le financier belge Georges Ugeux, ancien vice-président de la Bourse de New York, s'est même amusé dans son blog à reproduire les propos de Donald Trump tout au long de cette campagne. Je vous cite au hasard des citations sur ce que Trump dit des médias: "Vous savez, peu importe ce que les media peuvent dire de moi, du moment que c'est une jeune et jolie paire de fesses." Et comme si cela ne suffisait pas, il se montre goujat en disant d'Arianna Huffington, l'influente éditrice du journal on line qui porte son nom, "qu'elle est peu séduisante, à l'intérieur comme à l'extérieur. Je comprends tout à fait pourquoi son ex-mari l'a quittée pour un homme. Il a pris la bonne décision."

On devine la finesse de Donald Trump à ce genre de propos machistes, mais en matière de politique internationale, Trump ne fait pas dans la dentelle non plus, je le cite: "Ignorez les diplomates de carrière qui insistent sur les nuances: nous avons besoin de mener. Je ne prendrai pas parti pour Israël, nous pourrons alors mener les négociations.". Ou encore, "Je mettrai une pression énorme sur les autres pays qui sont là-bas utilisant leurs armées pour se débarrasser du groupe État islamique. Je suis la pire chose qui soit arrivée à ce groupe." Et enfin, "C'est sûr, j'utiliserai les armes nucléaires en Europe si nécessaire".

Mais ce n'est pas tout, Trump n'épargne pas le voisin mexicain. Je le cite à nouveau: "Regardez le Mexique. Leurs immigrés clandestins sont des violeurs. Nous devons construire un mur. Et sur ce mur, il y aura une grosse porte que les gens devront franchir pour venir aux Etats-Unis, mais ils doivent venir en toute légalité. Le Mexique a profité de nous d'une autre manière aussi: les gangs, les trafiquants de drogue et les cartels ont carrément abusé de l'ouverture de nos frontières et commis un grand nombre de crimes aux Etats-Unis. Ils envoient des gens qui ont des tonnes de problèmes." Et il n'oublie bien sûr pas le géant chinois: "La Chine quant à elle, nous viole à travers les accords commerciaux".

Mais fort heureusement, dans d'autres déclarations, le même Donald Trump déclare pince sans rire, je le cite: "L'argent n'a jamais été une grande motivation pour moi, sauf pour me mesurer. Le véritable plaisir est de jouer le jeu. C'est ce que je veux être en tant que président: quand je serai à la Maison Blanche, je ferai partie de l'establishment et je pourrai faire des deals avec les démocrates. La seule différence entre moi et mes concurrents, c'est que je suis plus honnête et mes femmes sont plus jolies."

Franchement, je comprends mieux pourquoi le magazine économique The Economist n'a pas hésité à classer Donald Trump au 6e rang des menaces pesant sur l'économie mondiale, à égalité avec Daech...