Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/10/18 à 15:00 - Mise à jour à 15:00

"Peu de gens savent qu'autour de Charleroi et Liège, il y a de véritables pépites économiques"

Après le départ des américains du site de Caterpillar à Charleroi, ce sont des Chinois qui redonnent du tonus au moral des Carolos. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, en profite pour rappeler le rôle du moral et de la confiance en économie.

"Peu de gens savent qu'autour de Charleroi et Liège, il y a de véritables pépites économiques"

© BELGA

L'économie, c'est aussi de la fierté et de la confiance.

J'écoutais hier Thierry Geerts, le patron de Google Belgique, à l'occasion d'un exposé dans le Brabant-Wallon.

Il a parlé de son dernier livre dans lequel il rappelle que notre pays a été la deuxième puissance industrielle du monde, il y a un siècle maintenant.

Et à l'époque, la région riche de la Belgique, c'était la Wallonie. Il en a aussi profité pour rappeler l'Expo 58 qui avait mis notre pays au centre du monde.

Tout cela juste pour nous rappeler que rien dans la vie n'est jamais inéluctable. Et c'est vrai que ce message est d'abord une invitation à ne jamais se laisser abattre, à faire preuve de "résilience".

Il y a quelques jours à peine, on pouvait voir côte-à-côte le ministre wallon de l'économie Pierre-Yves Jeholet, hilare, dans le même habitacle de voiture que Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi.

Il faut dire que tous les deux sont ravis de voir qu'un groupe chinois - le groupe Thunder Power - a choisi de construire sa voiture électrique Chloé sur l'ancien site abandonné de Caterpillar.

Comme symbole, c'est très fort. Le 2 septembre 2016, hier donc, la région de Charleroi avait reçu un coup de massue quand l'américain Caterpillar avait décidé de se retirer de son site de Charleroi.

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Le groupe chinois Thunder Power a choisi de construire sa voiture électrique Chloé sur l'ancien site abandonné de Caterpillar. Comme symbole, c'est très fort.

Deux ans après, grâce aux efforts des uns et des autres, Charleroi fait la Une des médias mais avec une technologie d'avenir : la voiture électrique.

Si les chinois sont venus fabriquer chez nous cette voiture, ce n'est pas par hasard.

Ils savent qu'ils peuvent compter sur la main-d'oeuvre qualifiée des anciens techniciens de Caterpillar, mais ils sont aussi heureux de l'infrastructure sur place. De leur aveu même, les Chinois ont reconnu que cet ancien site de Caterpillar leur fait gagner beaucoup de temps.

Ici, disent-ils, ils peuvent produire des voitures en 18 mois, et s'ils devaient aller ailleurs, ils en auraient pour deux ans et demi voire trois ans.

Cette arrivée des Chinois est une bonne chose pour le moral des Wallons : cela démontre que rien n'est jamais perdu. Et puis, cette nouvelle activité de production de voitures électriques montre aux Wallons qu'ils doivent être fiers de leur région.

Peu de gens savent qu'autour de Charleroi mais aussi de Liège, il y a de véritables pépites économiques, dont certaines sont leaders mondiales dans des secteurs de niche.

En matière de Biotech, par exemple, notre pays est le pays le plus avancé du monde. Mais qui le sait ? Et ça, c'est aussi un des défauts pointés dans le livre de Thierry Geerts, le patron de Google Belgique. Les Belges font des choses formidables, mais ils ne le savent pas toujours, et quand ils en sont conscients, ils arrivent encore à se montrent discrets, trop discrets.

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