Les investisseurs dans les pays émergents sont assez satisfaits de l'élection de Joe Biden en tant que 46e président des États-Unis. Nous pouvons nous attendre à un bouleversement en matière de style, mais aussi de philosophie. Donald Trump ne jurait que par l'isolationnisme et ne voulait plus être présent partout dans le monde. Sa devise, Make America Great Again, parlait d'elle-même. La politique américaine devait prospérer, en dépit du reste du monde. Donald Trump ne voulait rien savoir de l'Europe, et il a signé une guerre commerciale avec la Chine. Celle-ci a eu de lourdes conséquences pour les bou...

Les investisseurs dans les pays émergents sont assez satisfaits de l'élection de Joe Biden en tant que 46e président des États-Unis. Nous pouvons nous attendre à un bouleversement en matière de style, mais aussi de philosophie. Donald Trump ne jurait que par l'isolationnisme et ne voulait plus être présent partout dans le monde. Sa devise, Make America Great Again, parlait d'elle-même. La politique américaine devait prospérer, en dépit du reste du monde. Donald Trump ne voulait rien savoir de l'Europe, et il a signé une guerre commerciale avec la Chine. Celle-ci a eu de lourdes conséquences pour les bourses, particulièrement pour celles des pays émergents. Il n'est donc pas étonnant que l'index MSCI Emerging Markets soit monté en flèche après l'annonce de la victoire de Joe Biden. L'index enregistrait déjà une augmentation à deux chiffres. Ce redressement n'arrive pas trop tôt. Ces dix dernières années n'ont pas été la décennie des marchés émergents. La panique qui a suivi l'arrivée de la pandémie de coronavirus en mars a même fait plonger le tracker iShares MSCI Emerging Markets ETF (49,3 dollars ; ticker EEM ; coté à la bourse de New York sous le code ISIN US4642872349) sous son niveau de 2010. Les chiffres sont effrayants. Au cours des dix dernières années, le tracker le plus connu sur les marchés émergents a enregistré un rendement de seulement 34 % (évolution de l'indice + dividendes), contre 171 % pour l'indice MSCI World et même 270 % pour le Standard&Poor's-500. Les explications ne manquent pas : suite à la politique monétaire de la Réserve fédérale, l'argent des investisseurs est resté à Wall Street, la Chine a connu un ralentissement structurel, des pays comme le Brézil ont traversé des périodes de troubles politiques, etc. Il y quelques mois encore, la négativité régnait autour des marchés émergents. Mais depuis peu, les perspectives pour l'année 2021 et les suivantes semblent prendre une couleur plus rose, laissant place un peu de positivité. L'affaiblissement du dollar, prédit par beaucoup, aide quelque peu. Cela permet aux investisseurs de chercher des opportunités en dehors des États-Unis. Les arguments en faveur de l'investissement dans les pays émergents sont toujours d'actualité. Alors que dans le monde occidental, la classe moyenne est sous pression, dans les pays émergents, elle ne cesse de se développer, ce qui signifie une augmentation du pouvoir d'achat. Alors que seulement les États-Unis comptent seulement 65 millions de millenials et l'Union européenne, à peine 60 millions, l'Asie en compte à elle seule déjà 800 millions. S'ajoute à cela des centaines de millions de millenials en Afrique et en Amérique latine. Cette population jeune représente un potentiel de croissance important dans les années voire les décennies à venir.Dans les pays émergents, l'économie se numérise rapidement. En Chine, le marché du e-commerce déjà le plus grand au monde.En outre, de nombreux pays émergents sont déjà sortis de la crise sanitaire.Il y a donc des arguments en faveur de ce rattrapage :