"Le Brexit conduira inévitablement à des perturbations, même avec un accord", a souligné M. Makhlouf, ex-directeur du Trésor néo-zélandais, à l'Institut technologique de Waterford, dans son premier grand discours depuis sa prise de fonctions en septembre.

Une sortie de l'UE avec un accord --comme celui notamment négocié par le Premier ministre Boris Johnson, qu'il compte faire adopter d'ici fin janvier par le Parlement s'il gagne les élections de décembre-- limiterait les dégâts. La Banque centrale irlandaise table dans ce cas sur une croissance de 4,3% en 2020 et 3,9% en 2021. Cela reste cependant loin de la croissance insolente de 8,2% enregistrée en 2018.

Un Brexit sans accord --qui se traduirait par un rétablissement immédiat d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du nord territoire britannique-- serait logiquement plus néfaste.

Dans ce cas, l'institution anticipe une croissance du PIB de seulement 0,8% en 2020 si le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord, avant une reprise à 1,9% en 2021, avait-elle fait savoir en octobre. Pour se préparer à ce scénario redouté, le gouvernement irlandais a prévu plus d'un milliard d'euros de dépenses pour amortir le choc, dans son dernier budget.

La Banque centrale irlandaise avait déjà prévenu qu'un Brexit sans accord pourrait faire disparaître environ un tiers des exploitations agricoles du pays à cause notamment d'une potentielle hausse brutale des taxes douanières: celles sur la viande atteindraient presque 50%.

Parmi les défis immédiats auxquels fait face l'économie irlandaise "particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs", M. Makhlouf a également cité une escalade de la guerre commerciale, notamment entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi entre les Etats-Unis et l'Europe, les tensions géopolitiques et le ralentissement mondial.

Il a aussi relevé que le niveau de la dette publique irlandaise, s'il s'est "considérablement amélioré ces dernières années", reste trop élevé.