Les Millennials ont été touchés très durement par la crise financière de 2008. Bon nombre d'entre eux sont arrivés sur le marché du travail dans une économie mondiale en crise. Une crise dont certains pays ont encore du mal à se remettre. Une faible croissance des salaires, le coût de vie qui ne fait qu'augmenter, et l'impossibilité d'épargner en vue de leur pension signifient que les Millennials vont trainer un handicap financier jusqu'à l'âge de leur retraite.
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Les Millennials ont été touchés très durement par la crise financière de 2008. Bon nombre d'entre eux sont arrivés sur le marché du travail dans une économie mondiale en crise. Une crise dont certains pays ont encore du mal à se remettre. Une faible croissance des salaires, le coût de vie qui ne fait qu'augmenter, et l'impossibilité d'épargner en vue de leur pension signifient que les Millennials vont trainer un handicap financier jusqu'à l'âge de leur retraite.Le Forum économique mondial prédit que, d'ici à 2050, quand les Millennials des huit plus grands marchés mondiaux commenceront à prendre leur pension, la dette de l'épargne-retraite sera de 427 milliards de dollars. C'est plus de 6 fois le montant de 2015, qui s'élevait lui à 67 milliards de dollars. L'augmentation de l'espérance de vie, le ralentissement de la croissance et des taux d'intérêt très bas, associés à de faibles rentrées financières, sont les principales causes de ce cet endettement. Tout ceci ne donne pas une image très positive de l'avenir, mais peut-être existe-t-il un scénario moins sombre. Les Millennials ne pourraient-ils pas hériter des richesses des baby-boomers?Un abri pour la tempêteContrairement à la génération Y, les baby-boomers représentent la génération la plus riche de l'histoire, et devraient le rester jusqu'en 2030 environ.Selon un rapport sur les transferts de fortune de la Banque Royale du Canada, lorsque ce groupe transmettra ses actifs aux membres les plus jeunes de la famille, les analystes s'attendent à ce que 4 milliards de dollars passent ainsi aux Millennials du Royaume-Uni et d'Amérique du Nord.Est-ce la solution pour les Millennials? Attendre que la riche génération des baby-boomers quitte le devant de la scène en les laissant tranquillement hériter ?C'est en tout cas l'argument de Paul Donovan, UBS Wealth Management's chief global economist, qui prédisait que la génération Y allait devenir la plus riche génération de l'histoire. Etant donné que la génération des baby-boomers est bien plus étendue que celle des Millennials, les richesses se consolideront lorsqu'elles passeront de génération en génération. Comment ? Simplement parce que moins de personnes hériteront de la fortune de la génération précédente.Tout dans la famillePour Moritz Schularick, professeur d'économie à l'université de Bonn en Allemagne, ce n'est pas aussi simple. Il dit que le modèle de transfert intergénérationnel de richesse, dans lequel la génération du millénaire devient la génération la plus riche, est un "modèle mondial du top 1%"."Cela s'applique aux personnes qui possèdent tellement qu'ils n'arriveront jamais à dépenser toute leur richesse" explique-t-il. "Les personnes normales et le modèle économique standard partent du principe que les personnes épargnent en vue de leur retraite et qu'ils utilisent dès lors cette épargne pour s'offrir les biens et les services nécessaires une fois qu'ils n'ont plus de revenus. A la fin de leur vie, il peut rester un héritage, mais pas tant que cela." Lowell R. Ricketts, analyste pour la Banque de réserve fédérale de St. Louis, est du même avis. Pour lui, il n'y a qu'une minorité de famille de baby-boomers qui pourra transmettre une part "significative" de leur richesse. "Bien que certains actifs conservent leur valeur ou même peuvent s'apprécier", précise encore Ricketts, "nous ne pouvons pas être certains que les baby-boomers conserveront ses actifs afin de les léguer à leurs héritiers." "Une maison et le terrain sur lequel elle est construite devront peut-être être vendus au moment de la retraite du propriétaire pour lui permettre de maintenir un niveau de vie satisfaisant. Par conséquent, même si ces actifs ne disparaissent pas de l'économie, ils ne sont pas conservés au sein de la famille et donc ne pourront pas être transmis."Plan B Même si le transfert par héritage des biens a lieu et qu'il impacte de manière significative cette génération Y, précise Ricketts, le timing est un facteur déterminant.Dans le rapport la Banque de réserve fédérale de St. Louis, les chercheurs soulignent qu'aux Etats-Unis, l'accumulation des richesses pour les ménages dirigés par une personne née dans les années 1980 est de 34% inférieure aux attentes. "Ces familles abordent d'importants jalons financiers (accession à la propriété, élever des enfants et leur payer des études, arriver à épargner pour la retraite) avec des moyens réduits", a déclaré Ricketts. "L'avenir ne pourra pas aider ces familles à respecter leurs obligations financières actuelles. En d'autres termes, la promesse d'un héritage futur ne contribuera pas à rembourser un prêt hypothécaire actuel."Si vous faites partie de la génération Y qui croise les doigts en attendant une bonne surprise financière, le modèle de Paul Donovan ne s'applique probablement pas à vous. Attendre un gain inattendu ne peut pas être votre plan A, car vous pourriez attendre trop longtemps.Alors que les générations en amont continuent de se battre avec leurs économies pour leur retraite et vivent plus longtemps avec moins, les Millennials cherchant à épargner pourraient économiser de l'argent avec des options moins volatiles en vue de leur pension. Bien entendu, la hausse des taux d'intérêt n'est certainement pas aussi palpitante qu'une fortune tombée du ciel, mais les Millennials n'ont-ils pas l'habitude de prendre ce qu'ils peuvent obtenir?(traduction: VM)