Vous voulez une bonne nouvelle ? Eh bien sachez que la démocratie représentative - le pire des régimes politiques à l'exception de tous les autres, selon l'un de ces innombrables aphorismes prêtés à Winston Churchill - se porte bien.
...

Vous voulez une bonne nouvelle ? Eh bien sachez que la démocratie représentative - le pire des régimes politiques à l'exception de tous les autres, selon l'un de ces innombrables aphorismes prêtés à Winston Churchill - se porte bien.Des politologues de tous horizons la diagnostiquent pourtant en crise grave ; ils commentent son rejet croissant par les populations ; ils imaginent des remèdes innovants, comme aller jusqu'au tirage au sort des députés. Et pourtant, on vous le dit, la démocratie représentative se porte bien. Les élections démocratiques guident toujours une bonne part de la marche du monde. Pour le meilleur et pour le pire. Si nous nous demandons tous ce que sera le monde selon Donald Trump et en quoi il pourrait modifier nos vies, c'est bien parce que des citoyens américains ont élu le plus improbable des présidents, parce qu'ils l'ont préféré aux autres candidats en lice (pour info, ils étaient une vingtaine, même si l'on a essentiellement parlé de la seule Hillary Clinton). Si nous nous interrogeons sur le destin futur de la Grande-Bretagne et de l'Europe, c'est parce que les électeurs britanniques ont osé le vote que personne ne voulait voir. Des votes importants, des votes perturbants, des votes dangereux peut-être, des votes audacieux certainement. Mais toujours des votes démocratiques. Faut-il tirer de ces résultats électoraux une conclusion de " crise de la démocratie " ? Comme si, par nature, cette démocratie devait systématiquement rejeter l'aventure et lui préférer le statu quo, voire au mieux le changement dans la continuité, pour reprendre un vieux slogan de Valéry Giscard d'Estaing dans les années 1970. Comme si on quittait le registre de la démocratie, dès lors que les citoyens se mettaient à voter " mal "... Dans les mois qui viennent, d'autres échéances électorales pourraient bien aussi bousculer notre monde. Angela Merkel, la femme qui domine la politique européenne depuis une décennie, sera-t-elle reconduite pour un quatrième mandat à la tête de l'Allemagne ? Les électeurs lui tiendront-ils rigueur de ses déclarations accueillantes à l'égard des réfugiés ? En France, Marie Le Pen déjouera-t-elle tous les " sursauts républicains " pour succéder à François Hollande ? Et si elle n'y parvient pas, le Front national parviendrait-il malgré tout à passer en force lors des élections législatives qui suivront ? Plus loin de chez nous, mais au moins aussi crucial, les électeurs iraniens accorderont-ils le crédit nécessaire au président Hassan Rohani pour qu'il puisse poursuivre sa politique d'ouverture ? La réponse peut infléchir profondément les équilibres politico-confessionnels dans l'ensemble du monde musulman et, par là, sur toute la planète. Les réponses à toutes ces questions se retrouveront dans les urnes électorales en 2017. La balle est dans le camp des citoyens allemands, français, iraniens. Peut-être plébisciteront-ils des candidats ou des partis hors norme, que l'on qualifiera parfois d'extrémistes ou de populistes. Crise de la démocratie ? Au contraire, cela atteste de la vitalité démocratique, de la capacité à se tourner vers d'autres types de solution - que chacun appréciera selon ses propres convictions - dès lors que l'évolution économique et sociétale ne satisfait plus grand monde. Cela ne doit évidemment pas empêcher de continuer à réfléchir sur l'amélioration de nos systèmes politiques, sur leur adaptation à un monde connecté et hyper-réactif. Les seules vraies réponses durables aux tragédies de ce monde chaotique ne jailliront qu'en continuant à respecter ce principe démocratique de base: faisons confiance aux électeurs.