"Mes grandes décisions professionnelles, je ne les ai jamais réfléchies. J'ai peut-être provoqué certaines situations mais inconsciemment, sans suivre un plan de carrière. J'ai toujours agi à l'instinct." Pierre-Frédéric Nyst s'était lancé dans des études de droit (UNamur) "pour défendre la veuve et l'orphelin". Un échec allait orienter sa carrière. Etudiant plutôt "studieux mais ouvert à la guindaille", il réussissait ses examens sans encombre, jusqu'au jour où il est tombé sur un cours de droit fiscal. Pour la première fois, il se retrouve en seconde session. "Je n'y comprenais rien, alors je m'y suis replongé dès le 1er juillet, raconte-t-il. Plus je plongeais dans mon syllabus, plus ça me passionnait. Après cela, j'ai choisi tous les cours à option en fiscalité. Je voulais défendre la veuve, je l'ai défendue, mais en matière d'héritage." De ces années universitaires, Pierre-Frédéric Nyst continue à voir régulièrement Philippe Morandini, aujourd'hui premier président de la cour d'appel de Mons et avec qui il a passé de longues heures à préparer les revues étudiantes de la faculté de droit...
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"Mes grandes décisions professionnelles, je ne les ai jamais réfléchies. J'ai peut-être provoqué certaines situations mais inconsciemment, sans suivre un plan de carrière. J'ai toujours agi à l'instinct." Pierre-Frédéric Nyst s'était lancé dans des études de droit (UNamur) "pour défendre la veuve et l'orphelin". Un échec allait orienter sa carrière. Etudiant plutôt "studieux mais ouvert à la guindaille", il réussissait ses examens sans encombre, jusqu'au jour où il est tombé sur un cours de droit fiscal. Pour la première fois, il se retrouve en seconde session. "Je n'y comprenais rien, alors je m'y suis replongé dès le 1er juillet, raconte-t-il. Plus je plongeais dans mon syllabus, plus ça me passionnait. Après cela, j'ai choisi tous les cours à option en fiscalité. Je voulais défendre la veuve, je l'ai défendue, mais en matière d'héritage." De ces années universitaires, Pierre-Frédéric Nyst continue à voir régulièrement Philippe Morandini, aujourd'hui premier président de la cour d'appel de Mons et avec qui il a passé de longues heures à préparer les revues étudiantes de la faculté de droit... Pierre-Frédéric Nyst se laisse donc guider par sa nouvelle passion. Il se spécialise à l'Ecole supérieure des sciences fiscales et réussit le concours d'entrée en SPF Finances (1991). Le voilà donc contrôleur à l'impôt des sociétés. Et c'est un contrôle fiscal qui va réorienter sa carrière. Ministres et représentants syndicaux peuvent en témoigner, quand Pierre-Frédéric Nyst pense avoir raison, il faut se lever tôt pour le faire changer d'avis. En l'occurrence, le jeune contrôleur avait décelé une erreur dans la comptabilité d'un réviseur réputé de la place de Namur, qui ne répondait pas exactement à une toute nouvelle réglementation de l'Isoc. Ses supérieurs l'invitent alors poliment à mettre le redressement entre parenthèses. Peine perdue, le jeune contrôleur maintient sa décision et le réviseur, Léon Lafontaine, le rappelle. "Vous avez raison, me dit-il d'emblée, se souvient Pierre-Frédéric Nyst. Il me félicite pour mon expertise et m'invite à déjeuner." A l'issue de celui-ci, le jeune contrôleur quitte l'administration pour s'associer avec Léon Lafontaine au sein du cabinet de conseil fiscal Socofinam. "C'est un homme qui m'a profondément marqué, il m'a ouvert au monde des PME, à l'approche client", confie-t-il. L'ouverture d'une chambre fiscale au tribunal de première instance de Namur poussera Pierre-Frédéric Nyst à se lancer dans "la grande aventure" en créant son propre cabinet d'avocats en 1999. "J'ai retrouvé comme clients des gens que j'avais taxés à l'époque comme contrôleur", sourit-il. Parallèlement, il se lance aussi dans l'enseignement avec des cours de fiscalité à l'Ecole supérieur des affaires (Namur), à l'Ifapme et à la Fucam (Mons). "J'ai adoré cela, dit-il. Les matières fiscales changent deux ou trois fois par an ; les enseigner, c'est la meilleure manière de se mettre constamment à jour." Il donnera notamment cours à un certain Pierre-Yves Dermagne, brillant étudiant devenu vice-Premier ministre et avec lequel il ne compte plus les échanges informels. "On s'envoie des messages de temps en temps, on essaie de dépatouiller certaines réunions du Groupe des 10 ( lespartenaires sociaux, Ndlr)", confie le patron de l'UCM. Il est par ailleurs resté en contact avec Simon Bullman, formateur à l'Ifapme et devenu depuis président de Sambrinvest. S'exprimer devant les étudiants l'a aussi aidé à parfaire son art oratoire et ses compétences en communication. "Cela me sert énormément maintenant à l'UCM, affirme-t-il. Je n'étais vraiment pas un orateur au départ. Quand j'étais étudiant et que je prenais la parole dans un auditoire, c'était la catastrophe." Cela a bien changé depuis. Mais comment le jeune avocat fiscaliste s'est-il donc retrouvé à l'Union des classes moyennes? Grâce à son jeune âge justement. "Un copain m'a invité à rejoindre l'UCM-Namur pour rajeunir les cadres, raconte Pierre-Frédéric Nyst. J'ai accepté par bienveillance, sans trop savoir ce qu'on faisait dans cet organisme." Mais comme il trouve "passionnantes" les discussions sur la vie des PME, notre homme s'implique et devient administrateur à 38 ans ("j'étais toujours le plus jeune", sourit-il) avant de devenir président de l'UCM-Namur en 2015. "Je fais les choses à fond, je rencontre plein de gens dans les sphères politiques et économiques", reprend-il. C'est à cette époque qu'il tisse des liens étroits avec Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et président du cdH. Son dynamisme impressionne et, quand la présidence nationale sera vacante en 2017, tous les yeux se tourneront vers lui. "Après un coup de fil à mon épouse, j'ai accepté le poste", dit Pierre-Frédéric Nyst. Il découvre un nouveau monde politico-médiatique et y prend très vite sa place. "Tu sembles vraiment y être comme un poisson dans l'eau, m'a glissé mon ami Laurent Tainmont ( avocat qu'il a côtoyé au sein de la cellule de lutte contre le blanchiment, Ndlr), concède-t-il. Je me suis pris au jeu mais c'est vraiment chronophage." Il a donc réduit les activités de son cabinet d'avocat fiscaliste et essaie de conserver coûte que coûte une centaine de dossiers pour rester en contact avec le terrain et continuer à "plaider la bonne foi du pauvre petit contribuable". Au fil des réunions du Groupe des 10, Pierre-Frédéric Nyst a noué une belle relation avec Dany Van Assche, son alter ego de l'Unizo, et l'ancien président de la FEB Bernard Gilliot. "Nous échangeons beaucoup plus depuis qu'il n'est plus président, confie le patron de l'UCM. On s'informe, on discute, il me conseille ceci ou cela. Vraiment, c'est devenu un très bon soutien." Avec le monde politique, c'est parfois un peu plus compliqué. Les recours contre la réforme de l'Isoc, lors de la précédente législature, sont restés en travers de nombreux mandataires de la majorité de l'époque. "On nous a même qualifiés d'Union des Classes Communistes", rigole Pierre-Frédéric Nyst. Aujourd'hui, les relations sont apaisées, en particulier avec David Clarinval, le ministre des Classes moyennes. "Je peux avoir des déceptions à l'égard de la politique mais j'ai un grand respect pour les individus qui en ont fait leur métier, dit-il. Je vois les difficultés dans lesquelles ils doivent prendre des décisions." Le mandat à l'UCM est chronophage, disait Pierre-Frédéric Nyst. Il faut croire que le temps de notre homme est extensible puisqu'il s'investit aussi au CA de Namur Invest, où il a retrouvé Pierre Crevits, qu'il a connu en secondaire au collège d'Erpent (en même temps que notamment les journalistes Christophe et Frédéric Deborsu). "Notre rôle en tant qu' invest public est de prendre des risques, d'aller là où les banques ne vont pas ou très peu, dit-il. Je laisse les chiffres aux spécialistes: moi, dans un dossier, je regarde surtout l'opportunité pour la région et la cohérence avec la politique économique globale. Je me suis par exemple opposé au financement d'une chaîne de fast-food car nous défendons le circuit court, les restaurateurs indépendants, etc. C'est à cela que doit être utilisé l'argent public."