Vers 14H00 GMT (16H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, dont c'est le dernier jour de cotation, valait 64,84 dollars à Londres, en baisse de 2,03 dollars par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril de WTI pour la même échéance perdait 1,54 dollar à 55,05 dollars.

Vers 09H15 GMT, le Brent a sombré à 64,37 dollars et le WTI à 54,72 dollars vers 13H50 GMT, à leurs plus bas depuis début mars.

"Le pétrole est en train d'accentuer ses pertes sur un mois" alors que mai sera la première baisse mensuelle de 2019, a commenté Han Tan, analyste chez FXTM, qui souligne que "les pertes ont été alimentées par les droits de douane américains sur les importations mexicaines tout juste annoncés par Donald Trump et par une hausse des stocks d'essence aux Etats-Unis".

Le président américain a annoncé que les Etats-Unis allaient mettre en place "des tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique" et que ces derniers allaient "progressivement augmenter tant que le problème de l'immigration clandestine n'est pas résolu".

Les tensions commerciales détournent les investisseurs des valeurs dépendantes de la croissance mondiale, dont le pétrole fait partie.

Mais, comme les analystes de JBC Energy le soulignent, l'offre de pétrole va également être affectée par ces droits de douane si aucune exemption n'est faite pour l'or noir.

"Le débit de pétrole mexicain vers les Etats-Unis avait atteint 660.000 barils par jour en mai, soit 200.000 barils de plus qu'en mai 2018", ont-ils rappelé.

Les Etats-Unis utilisent le brut extrait au Mexique, plus lourd que la production texane, pour remplacer les barils venus du Venezuela et de l'Iran, eux aussi plus lourds, mais interdits sur le sol américain par des sanctions. Les raffineries américaines sont dépendantes de ces pétroles lourds, qu'ils mélangent à des pétroles plus légers, comme le pétrole de schiste, pour créer des produits raffinés.

Pour l'instant, le marché se focalise surtout sur l'effet que le conflit commercial provoque sur la demande, et s'inquiète de voir les stocks d'essence s'accumuler.

La semaine achevée le 24 mai, les réserves de brut ont reculé de 300.000 barils mais celles d'essence ont grimpé de 2,2 millions de barils, selon les données publiées jeudi par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA).