La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt admet que le péage n'est qu'un plan B. N'aurait-il pas mieux valu attendre que les régions s'entendent sur un système de taxation kilométrique intelligente ?
...

La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt admet que le péage n'est qu'un plan B. N'aurait-il pas mieux valu attendre que les régions s'entendent sur un système de taxation kilométrique intelligente ?CATHY MACHARIS. "Il y a huit ans, une étude a comparé les effets d'un péage urbain et d'une redevance kilométrique. Pour Bruxelles-Capitale, un péage urbain représentait la meilleure solution, mais elle a choisi de soutenir l'idée d'un système unique pour toutes les régions, à savoir une taxation kilométrique intelligente." "Ce sujet engendre depuis longtemps des discussions et des divergences d'opinion, mais récemment, un consensus semblait se dégager en faveur d'une taxation kilométrique intelligente, certainement entre la Flandre et Bruxelles. Alors que la Flandre s'avère être de plus en plus hésitante, Bruxelles opte pour un péage urbain. Une décision liée aux objectifs climatiques. Dans son accord de coalition, Bruxelles s'est fixé pour ambition d'être climatiquement neutre d'ici 2050. Seul un ajustement de sa politique peut lui permettre d'y parvenir." "La mobilité durable ne se fera pas toute seule. On a déjà investi dans les transports en commun à Bruxelles, mais il faut encourager les gens à renoncer à la voiture. Les mécanismes de prix qui récompensent les déplacements durables sont un outil à cet égard. Idéalement, une taxation kilométrique intelligente devrait remplir ce rôle. Ainsi les gens paient en fonction de leur usage, contrairement à la taxe de circulation unique en vigueur actuellement. Un péage urbain est moins sophistiqué et ne calcule pas le kilomètre parcouru, mais il fait une différence en fonction du temps passé en ville et de l'impact environnemental du véhicule. Étant donné que Bruxelles se dirige vers un péage, elle pourra réutiliser les investissements antérieurs consentis pour le contrôle par caméras de la zone basse émission."Les différents systèmes ne risquent-ils pas de se développer côte à côte ? "Vous pouvez les considérer comme des variantes et les intégrer les uns aux autres. Pour un automobiliste, peu importe où il se trouve : Bruxelles, Gand ou Anvers. Il ne veut pas recevoir trois factures séparées. Ce n'est pas nécessaire non plus, car une taxation kilométrique intelligente peut parfaitement enregistrer des montants fixes pour un péage urbain et les inclure dans sa facture. Les systèmes de tarification du transport de personnes dans d'autres villes constituent tous une variante du péage urbain. À Oslo, Göteborg, Stockholm et Londres, cela fonctionne parfaitement et les effets positifs sont visibles."Un péage urbain ne va-t-il pas entraîner la construction d'immenses parkings en périphérie bruxelloise ? "Il est nécessaire d'investir en masse dans des alternatives. Une redevance kilométrique n'y changera pas grand-chose. Un passage au Réseau Express Régional (RER) est nécessaire, tout comme une augmentation de la capacité des trains. Les transports publics bruxellois sont relativement bien organisés, mais de bonnes correspondances sont essentielles pour les navetteurs. Il faut des parkings en périphérie, mais aussi plus loin pour qu'ils puissent passer d'un moyen de transport à un autre le plus rapidement possible. Un péage constituera une incitation supplémentaire à investir dans des places de stationnement en périphérie, tant à Bruxelles qu'en Région flamande. On ne pourra sans doute pas échapper aux conflits régionaux, mais il est également important de se rendre compte que les embouteillages coûtent cher à la société. D'ailleurs, les objectifs climatiques s'appliquent à l'ensemble de la Belgique. Tout le monde doit apporter sa pierre à l'édifice. Présenter le péage urbain comme une mesure d'intimidation pour les navetteurs flamands n'a aucun sens."Traduction : virginie·dupont·sprl