Chaque chiffre présente un certain intérêt. Mais n'importe quel chiffre ne peut pas être utilisé dans n'importe quel contexte. Ce qui nous intéresse tous, c'est de savoir comme se porte le marché du travail en Belgique. Or, le nombre de personnes indemnisées par l'Onem n'est pas un indicateur très fiable de cette réalité. Il donne une indication, certes, mais est aussi tributaire des règles en vigueur. Par exemple, si un nombre plus important de personnes sont sanctionnées par l'Onem, et donc ne sont pas indemnisées, le nombre de paiements diminuera. Mais le marché du travail s'en porte-t-il vraiment mieux ?
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Chaque chiffre présente un certain intérêt. Mais n'importe quel chiffre ne peut pas être utilisé dans n'importe quel contexte. Ce qui nous intéresse tous, c'est de savoir comme se porte le marché du travail en Belgique. Or, le nombre de personnes indemnisées par l'Onem n'est pas un indicateur très fiable de cette réalité. Il donne une indication, certes, mais est aussi tributaire des règles en vigueur. Par exemple, si un nombre plus important de personnes sont sanctionnées par l'Onem, et donc ne sont pas indemnisées, le nombre de paiements diminuera. Mais le marché du travail s'en porte-t-il vraiment mieux ? Le concept de demandeur d'emploi inoccupé (DEI) est à ce titre plus intéressant. Il mesure en effet le nombre de personnes effectivement inscrites comme demandeur d'emploi auprès du VDAB, d'Actiris ou du Forem, que ces personnes soient indemnisées ou non par l'Onem. Le nombre de DEI est également en diminution actuellement, mais il ne faut pas retourner très loin dans le passé pour retrouver un chiffre aussi bas : il y a 10 ans exactement, on était au même niveau ! La meilleure façon de regarder le marché du travail (et donc de se satisfaire ou non de la situation) n'est-elle pas de regarder le nombre d'emplois plutôt que le nombre de chômeurs ? En Belgique, quelque 6.253.000 personnes ont entre 20 et 64 ans. Il s'agit de la population dite " en âge de travailler ", ou disponible sur le marché du travail. Seules 4.086.000 de ces personnes ont effectivement un emploi, soit un peu moins de deux tiers de la population en âge de travailler. Le dernier tiers est constitué d'une part de plus de 566.000 DEI, mais surtout de 1.600.000 personnes en dehors du marché du travail. Ces personnes poursuivent des études par exemple, sont prépensionnées ou sont pour une autre raison en dehors du marché du travail. Se centrer sans cesse sur le nombre de chômeurs fait donc un peu vite oublier que trois fois plus de personnes en âge de travailler se trouvent en dehors du marché du travail, parfois pour de très bonnes raisons, mais trop souvent pour de mauvaises. Cette réalité est encore plus saisissante quand on examine ces chiffres au niveau local : si dans certaines communes près de 8 personnes sur 10 en âge de travailler ont effectivement un emploi, dans d'autres, dont plusieurs communes bruxelloises, ce nombre tombe à 4 sur 10. Dès lors, même si le taux de chômage y est déjà dramatiquement élevé, il ne reflète pas bien une réalité encore plus dure, lorsqu'on y ajoute les personnes en dehors du marché du travail. La Belgique a plus d'une fois été pointée du doigt pour cette situation, qui a trait tant à des éléments économiques que sociologiques voire parfois culturels. Toute victoire en matière de chômage ne sera toujours que très relative aussi longtemps qu'un nombre de personnes aussi faible (en absolu ou relativement à la population concernée) dispose effectivement d'un emploi.